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Boulevard BD

L'adresse de toutes les bandes dessinées

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Avenue des CHRONIQUES

  • Goetz
    par Laurent Lafourcade

    Le guerrier maudit

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    « -Sire ! Le Seigneur Slom Feg demande audience !

    -Qu’il entre !

    -Il eût été de meilleur augure que ce fût Conrad…

    -Attends…

    -Sire ! Roi des rois !… Les terriens nous ont balayés. Un déluge de feu s’est abattu sur nos rangs avant même que leurs murs ne soient à portée de nos flèches… Malgré nos fumées, leurs vaisseaux semblaient nous voir. Leurs canons pulvérisaient sur nous une lave ardente sans fin !… De mon armée et de celle de Conrad, il ne reste plus rien.

    -Conrad ?…

    -Mort, Sire.

    -Et Goetz ?…

    -Il n’est jamais venu.

    -Maudit bâtard !! Cette attaque simultanée était notre dernière chance. Pourquoi ne s’est-il pas exécuté ?! »

    Croyant apporter leur civilisation sur une planète nouvelle et en faire leur nouveau lieu de vie, un groupe de terriens s’est installé pour un second départ. Ils y ont découvert des humains comme eux, toujours dans une époque barbare et belliqueuse. Si les trente premières années se passèrent sans encombres, la suite s’annonçait plus compliquée. Erlendur, auto-proclamé roi des rois, souleva des tribus pour affronter les colons. Les envahisseurs pourront déployer toute la diplomatie nécessaire, ça sera en vain. Alors que des familles entières de colons se font massacrer, certains hauts responsables envisagent de balancer un virus dont le vaccin sera leur moyen de négociation. Mais la stratégie n’est pas de l’avis de tous.

    © ‘Fane, Cassegrain – Glénat

    Parmi les assaillants, plusieurs groupes se distinguent. Comme chez les terriens, tous les chefs barbares ne comptent pas utiliser la même tactique. L’armée de Conrad a été décimée. Erlendur veut reculer et demande à Goetz de le rejoindre pour entrer en pourparlers. Celui-ci n’en a pas du tout l’intention. Pourtant, s’il veut venger son frère Conrad et prendre le pouvoir, il lui faudrait un peu de magie. Eithme, la déesse de la fertilité et surtout fille de Delbaeth, le dieu du chaos, devrait être l’alliée qu’il manque à Goetz pour semer la pagaille sur la planète. C’est un retournement de situation tout autant inédit qu’inattendu qui s’annonce.

    © ‘Fane, Cassegrain – Glénat

    L’histoire de Goetz le barbare est une inspiration libre de la pièce de Jean-Paul Sartre Le diable et le bon Dieu. L’Allemagne du XVIème siècle laisse place à une nouvelle Terre. Si la pièce traite des rapports de l’homme à Dieu, ‘Fane a tout fait pour mettre de côté l’aspect religieux du texte, grâce à l’idée de génie de remplacer le Dieu par la technologie, avec en prime la force de possession d’un virus dont des dirigeants pourraient se servir pour contrôler le monde. Si Goetz à la rage d’un Conan, il devient un jouet des Dieux à la manière d’un Thorgal. Dessinateur lui-même, on le voit dans les bonus, ‘Fane a storyboardé l’album que Didier Cassegrain s’est réapproprié. Il fait glisser son trait vers un côté à la fois crasseux et sensuel d’un Liberatore.

    © ‘Fane, Cassegrain – Glénat

    Goetz est une superproduction épique. Dense, lyrique, brutale, l’épopée de Goetz est une réflexion sur le pouvoir et le vivre ensemble dans la condition humaine.


    Titre : Goetz

    Genre : Rétro-anticipation

    Scénario : ‘Fane

    Mise en scène : ‘Fane & Didier Cassegrain

    Dessins & Couleurs : Didier Cassegrain

    Éditeur : Glénat

    Collection : Comix Buro

    ISBN : 9782344059487

    Nombre de pages : 184

    Prix : 29 €


  • L’heure H 4 – On a volé la coupe du monde 1966
    par Laurent Lafourcade

    Du football et un fin limier

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    « -Ladies and gentlemen, aujourd’hui est un grand jour…

    -Pourquoi le président Mears nous convoque-t-il ?

    -Hum ! Vous êtes au courant que la coupe du monde, c’est chez nous, dans 4 mois ?! »

                    20 mars 1966, à Londres, au milieu de timbres rares, le Central Hall Stampex expose la coupe Jules Rimet qui sera remise à l’équipe qui remportera la Coupe du monde de football accueillie en Angleterre. Ce jour-là, peu avant la fermeture de la mi-journée, le trophée est volé par un visiteur. Quelques jours plus tôt, David Corbett promène son chien Pickles dans le quartier de South Norwood. Dans les terrains vagues, le foot est l’activité exclusive des bandes de gamins. Dans les bars, on attend la composition de l’équipe nationale. Au siège de la fédération, on accueille avec fierté la coupe venue d’Amérique du Sud et jusqu’alors détenue par le Brésil.

    © Bazile, Magne – Editions du Tiroir

                    Le jour crucial du 20 mars, le symbole de la victoire est donc subtilisé. Où est passé le trophée Jules Rimet ? La police est sur les dents. Le pays risque d’être la risée du monde entier. Le président du Brésil assure qu’un tel événement n’aurait jamais pu arriver dans son pays. Scotland Yard ne tarde pas à recevoir une demande de rançon de 15 000 livres sterling. Le butin doit être récupéré dans un parc de la ville où se baladent David et Pickles. En s’enfuyant, le ravisseur va commettre une erreur. Le héros du jour pourrait bien être inattendu.

    © Bazile, Magne – Editions du Tiroir

                    Après L’espion qui a piégé Hitler, Le miracle de Noël et Le procès de la ministresse, On a volé la coupe du monde 1966 est la quatrième adaptation de L’heure H, un podcast sur l’histoire de la RTBF dans lequel Jean-Louis Lahaye raconte des histoires criminelles, des affaires mystérieuses, des grandes découvertes et des exploits humains dans cette heure H. L’heure H, c’est l’heure cruciale. C’est aussi des destins et des vies racontées. En quatrième de couverture de l’album, un QR code renvoie sur la page du podcast. Le lien suivant vous y envoie également : https://podcasts.apple.com/fr/podcast/lheure-h/id1641700349. Le solide et vintage Bruno Bazile adapte cette histoire avec toute l’élégance de son trait à qui le côté british va très bien.

    © Bazile, Magne – Editions du Tiroir

                    Alors que le monde a les yeux tournés vers la coupe du monde de football 2026, il y a 60 ans, l’Histoire de ce sport a connu une anecdote au dénouement bien cocasse qui est racontée dans cette Heure H.


    Série : L’heure H

    Tome : 4 – On a volé la coupe du monde 1966

    Genre : Histoire

    Scénario & Dessins : Bruno Bazile

    Couleurs : Yves Magne

    Éditeur : Editions du Tiroir

    ISBN :  9782931251447

    Nombre de pages : 48

    Prix : 16 €


  • Le buveur d’encre
    par Laurent Lafourcade

    Aux p’tits bouquins…qui désaltèrent

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    « -Tu m’as suivi, petit. Pourquoi ?

    -Vous avez bu un livre. Je vous ai vu !

    -Voilà donc la raison de ta présence. Tu es bien imprudent. Sais-tu qui je suis ? »

    Le fils du libraire s’ennuie à cent sous de l’heure dans la librairie de son papa. Aux p’tits bouquins est pour lui la boutique des journées qui n’en finissent pas. Son père adore les livres. Il passe son temps à lire. Il en ramène des piles et des piles à la maison. Il leur parle comme à des humains et leur invente des prénoms. Alors que son fils, lui, on ne sait même pas comment il s’appelle. Tout semble les différencier. Ne sachant comment s’occuper pendant les grandes vacances, l’enfant passe donc son temps à la librairie. Il s’est fabriqué une cachette au fond de la boutique depuis laquelle il observe les clients. Voir sans être vu. Quel privilège ! Mais tout est-il bon à être découvert ?

    © Baker, Sanvoisin – Nathan

    Parmi les habitués, il y a la lectrice compulsive, le sniffeur de papier, l’indécise qui reste très longtemps et repart sans rien -pas grave, elle reviendra-, celui qui confond librairie et bibliothèque, celui qui tente de chaparder un bouquin, et puis il y a ce drôle de nouveau client dont papa ne remarque même pas l’entrée. Echarpe rouge, grand manteau bleu marine, ses pieds ne touchent pas le sol. Il semble voler. Il choisit un livre, sort une paille de son veston, la glisse entre deux pages et se met à siroter avec délectation. Il repose ensuite l’ouvrage et s’en va. Une fois parti, le petit garçon ouvre le bouquin qu’il trouve bien léger, l’observe et remarque qu’il ne reste plus un mot, comme si toute l’encre avait été bue.

    © Baker, Sanvoisin – Nathan

    Steve Baker adapte le premier des petits romans de la collection Le buveur d’encre d’Eric Sanvoisin. Baker garde son style. Les admirateurs de Martin Matje, illustrateur des sept premiers romans, ne seront pas déçus. On reste dans la même veine. Pour une histoire vampirique, c’est pas mal. Si les vampires boivent du sang, celui-ci se nourrit d’autre chose. Mais, autre qu’une histoire de vampire, Le buveur d’encre est l’un des plus beaux hommages à la lecture et aux livres qui soit. Ce n’est pas demain la veille qu’on boira l’encre des livres numériques. Invitation au rêve, l’histoire a tout pour faire aimer la lecture aux plus réfractaires. Le découpage de Baker propose de grandes, de très grandes cases, aussi grandes que les lunettes du petit garçon, narrateur autodiégétique que l’on accompagne de la première à la dernière case.

    © Baker, Sanvoisin – Nathan

    Histoire avec laquelle on aime frissonner, ce premier épisode met en place les personnages. Jusqu’à présent, Eric Sanvoisin en a écrit dix-neuf, de quoi assurer des années de travail à Steve Baker si le succès en BD est au rendez-vous.


    Titre : Le buveur d’encre

    Genre : Fantastique

    Scénario, Dessins & Couleurs : Steve Baker

    D’après : Eric Sanvoisin

    Éditeur : Nathan

    ISBN : 9782095030148

    Nombre de pages : 72

    Prix : 13,95 €


  • Boulevard Tintin – Les coulisses d’une œuvre 10 – L’étoile mystérieuse
    par Laurent Lafourcade

    Incursion dans le scientifique fantastique

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    « -Quelle nuit magnifique !…

    -Mais quelle chaleur !… On se croirait en plein été !

    -Une étoile filante !… Vite, Milou, un vœu !

    -Au lieu de faire des vœux, tu ferais mieux de regarder devant toi !

    -Ry voilà la Grande Ourse… Oh ! Dis donc, Milou ! Regarde cette grosse étoile !…

    -Laquelle ?…

    -C’est extraordinaire !… Voilà qu’il y a une étoile de plus dans la Grande Ourse ! »

    Octobre 1941. Le premier strip en noir et blanc de L’étoile mystérieuse paraît dans le Soir, et non pas le Soir Jeunesse qui a disparu. Si l’aventure est publiée là et sous cette forme, c’est à cause de la pénurie de papier due à la guerre. Six strips par semaine pendant sept mois, soit 176 strips au total, seront remontés et complétés pour constituer l’histoire qui aurait pu s’appeler L’aérolithe mystérieux. Ce sera finalement L’étoile mystérieuse, première aventure de Tintin publiée en album directement en couleurs avec l’aide d’Edgar-P. Jacobs et de la coloriste Alice Devos. Dans le thème du merveilleux scientifique, c’est aussi la première histoire de Tintin aux frontières du réel. Apportant ce souffle nouveau, Jacques Van Melkebeke, lecteur assidu de Jules Verne, et Bernard Heuvelmans ont contribué à l’intrigue.

    © Hergé/Tintinimaginatio 2026

    Dans les coulisses de L’étoile mystérieuse, on découvre le professeur Calys, dont le nom vient du bruxellois « caliche » signifiant réglisse. Il aurait pu être Tournesol à la place de Tournesol. Directeur de l’observatoire, le scientifique est un visionnaire cartésien, pas comme Philippulus, astronome et prophète halluciné, caricature d’un ami d’enfance de Hergé avec qui l’auteur est brouillé parce qu’il publie dans Le Soir « volé ». Le départ de l’expédition à bord du navire L’Aurore marque le retour du Capitaine Haddock. On ne sait pas encore que ce retour sera récurrent et définitif. Ce voyage est financé par le F.E.R.S., fonds européen de recherches scientifiques. Pour cela, Hergé s’est inspiré du F.E.R.S., le fonds national de la recherche scientifique, lancée par le roi Albert 1er.

    © Hergé/Tintinimaginatio 2026

    En cette période de guerre, Hergé glisse ce qui pourrait être des critiques des Etats-Unis. Tintin se fait tirer dessus par un membre du Peary, expédition concurrente, lorsqu’il saute en parachute sur l’aérolithe. Ce sera peine perdu puisque le reporter plantera son drapeau avant la bannière étoilée. Le calystène qui fait grandir de façon démesurée la faune et la flore est inspiré de l’Hérakléophorbia dans le roman Place aux géants d’H.G.Wells où il se passe une incohérence similaire.

    Pendant ce temps, Quick balance des boules de neige en faisant accuser Flupke. Hergé poursuit la refonte de leurs gags.

    © Hergé/Tintinimaginatio 2026

    Après parution en album, L’étoile mystérieuse est déclinée en divers produits dérivés : puzzles, cubes, albums à colorier amuseront les enfants tout autant que les très originaux films fixes, pellicules 35 mm en noir et blanc projetant le film de l’histoire image par image avec un Camerafix.A part se distraire avec tous ces amusements, quand on a fini de lire Tintin, on peut recommencer à lire Tintin. On y trouvera toujours quelque chose de nouveau.


    Série : Tintin Hergé Les coulisses d’une œuvre

    Tome : 10 – L’étoile mystérieuse

    Genre : Aventure

    Auteur : Philippe Goddin

    Avec la participation de : Dominique Maricq

    Scénario & Dessins : Hergé

    Éditeur : Moulinsart

    ISBN : 9782810443482

    Nombre de pages : 92

    Prix : 19,95 €


  • L’équipée du bosquet 1 – Sale bête de chat !
    par Laurent Lafourcade

    Pas de danger pour l’amitié

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    « -Alors ? Que choisis-tu ? Partir à l’aventure avec moi, ou rester ici et mourir de faim ? L’aventure. La mort. L’aventure. La mort. L’aventure. La mo…

    -Ok ! L’aventure ! Mais d’abord, il faut soigner ton aile blessée. »

    Quelle magnifique journée pour virevolter ! Un oiseau jaune slalome entre les arbres dans une bonne humeur que rien ne semble pouvoir ébranler. Il salue Madame Porc-épic et Monsieur Poisson. C’est vraiment un jour merveilleux. Pendant qu’il batifole, un écureuil bleu brave tous les dangers afin de compléter sa collection de glands pour l’hiver. Il a peur du chat. Les chats sont responsables de la mort de 47 % des écureuils chaque année. L’oiseau, complètement insouciant, n’est pas parti migrer vers le sud avec les autres volatiles de son espèce. Il s’amuse trop dans ce bosquet.

    © Burks – Bamboo

    Alors, quand il aperçoit le chat prêt à bondir sur lui, il le provoque dans une course poursuite qui aurait pu très mal se terminer sans l’intervention de l’écureuil. Le chat finit dans la rivière et les provisions de l’écureuil à la baille. L’oiseau lui propose de partir ensemble vers le Sud. Mais avec une aile froissée, impossible de voler. L’écureuil charge un triporteur des quelques affaires qu’il possède, embarque l’oiseau dans la remorque et enfourche l’attelage. Le retour du chat va rapidement calmer leurs ardeurs. Le voyage s’annonce plus compliqué et périlleux que prévu. Entre météo capricieuse et rencontres sympathiques ou horrifiques, l’oiseau et l’écureuil ne sont pas au bout de leurs surprises.

    © Burks – Bamboo

    L’équipée du bosquet est en réalité la réédition d’un album publié en 2015 chez Scholastic sous le titre Plumo et Phobie. Pour ce retour, les éditions Bamboo lui offrent une place de choix dans la collection Aventuriers d’Ailleurs. Les personnages n’ont plus de nom et s’appellent tout simplement l’oiseau et l’écureuil. Leur auteur James Burks a publié outre-Manche sept tomes de leurs aventures. Illustrateur connu, depuis l’année dernière, L’équipée du bosquet est la troisième série de son auteur lancée en France. Entre Chuck Jones et Raymond Macherot, James Burks propose une BD animalière survoltée avec un duo attachant modernisant le mythe de la cigale et la fourmi.

    © Burks – Bamboo

    Un oiseau et un écureuil, un écureuil et un oiseau, ce sont les deux meilleurs amis du monde qui n’attendent plus que l’on chante avec eux. Drôle et aventureux, en un mot : universel.


    https://youtu.be/kbdhF3yViQk?si=n4OkNwj3jn-EVSr2

    Série : L’équipée du bosquet

    Tome : 1 – Sale bête de chat !

    Genre : Aventure animalière

    Scénario, Dessins & Couleurs : James Burks

    Éditeur : Bamboo

    Collection : Aventuriers d’Ailleurs

    ISBN : 9782386041099

    Nombre de pages : 128

    Prix : 14,90 €


  • Gunnar le vampire
    par Laurent Lafourcade

    Simple immortel

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    « -C’est… C’est le château du suédois ?…

    -Le château du suédois !

    -Tu as raison Mopse, on est presque arrivés.

    -C’est le château du suédois… Le fils du chevalier. Le fils du croisé ! Celui qui est et qui n’est pas… On est presque arrivés.

    -Oui Mopse…

    -Le fils de Evald le roisé… Evald… Celui qui est celui qui n’est pas… Gunnar Gunnarson, den vampyr… »

    1910, quelque part en Bourgogne. Le suédois Gunnar Gunnarson et son épouse Marthe vivent dans une vaste demeure, une grande aile de château qu’ils louent. Ils confectionnent de magnifiques tenues pour des aristocrates, comme cette princesse prussienne qui vit en Suisse. Gunnar est celui qui est et celui qui n’est pas. C’est ainsi que le définit le géant Mopse, un tzigane qui arrive avec les siens dans la région. Gunnar est un vampire. Il a traversé les générations. Il a 36 ans depuis 650 ans. Marthe, elle, est une simple mortelle. Le village est frappé d’un mystère qui affole la population. De nombreuses bêtes sont retrouvées mortes, leurs têtes coupées ayant disparues. Pour Monsieur le curé, il est impossible que Gunnar soit responsable. Il a mis trop de temps à se faire accepter. Un prêtre qui fraye avec un vampire. Ça a de quoi mettre en pétard la mère de l’ecclésiastique.

    © Dumontheuil, Merlet – Dupuis

    Gunnar est un vampire à l’apparence tout ce qu’il y a de plus humaine. Lorsqu’on le croise le jour, nul ne peut soupçonner sa condition. Mais quand vient la nuit, nu sur les chemins de campagne, Gunnar se métamorphose. Il survole les champs et le village, et se nourrit du sang de victimes animales. La jeune Evelyne aimerait bien qu’il se délecte du sien, mais Gunnar est si bien au contact des mortels qu’il ne voudrait pas gâcher leurs relations. Ce n’est pas le cas de Gunnel, sa sœur jumelle, qui débarque et n’a pas le même rapport avec eux. Le frère et la sœur ne se sont pas vus depuis trois ou quatre siècles. Deux petites filles de ferme tout droit sorties de chez Marcel Aymé, une prostituée, un néandertalien, une sorcière ressuscitée, un chasseur colonial et son boy ramené de Guinée, entre autres, complètent les villageois.

    © Dumontheuil, Merlet – Dupuis

    Nombreux sont les auteurs de bandes dessinées qui ont tâté du mythe du vampire. D’Alberto Breccia à Joann Sfar en passant par Philippe Druillet, Bruno Maïorana ou Enrico Marini, tous ont apporté leur vision, fidèle ou réinventant la légende. Nicolas Dumontheuil a ceci d’original qu’il raconte l’histoire d’un vampire qui veut conjurer son sort. Alors qu’il est éternel, Gunnar veut redevenir humain. Un album de Dumontheuil, c’est un tableau de Bruegel. L’auteur aime les ambiances de village qu’il retranscrit à merveille comme dans Qui a tué l’idiot ou plus récemment Le meunier hurlant. Il met à l’honneur les gens qui marchent non pas forcément à contre sens mais à côté de la foule. Au niveau des couleurs, à la demande du dessinateur, Isabelle Merlet opte pour des camaïeux : jaune le jour, bleu la nuit, rouge pour la violence et vert pour le mystère.

    © Dumontheuil, Merlet – Dupuis

    Aucun album de Nicolas Dumontheuil ne ressemble au précédent. Cette revisite du mythe du vampire en dandy repenti, amoureux, ne déroge pas à la règle. Gunnar le vampire est une incroyable chronique villageoise… vraiment pas comme les autres. 1897, Bram Stocker écrit Dracula. 2026, Dumontheuil écrit Gunnar. Deux époques, deux ambiances, deux monuments.  


    One shot : Gunnar le vampire

    Genre : Vampire

    Scénario & Dessins : Nicolas Dumontheuil

    Couleurs : Isabelle Merlet

    Éditeur : Dupuis

    Collection : Aire Libre

    ISBN : 9782808507585

    Nombre de pages : 272

    Prix : 29,95 €


  • Boulevard Tintin – Les coulisses d’une œuvre 9 – Le crabe aux pinces d’or
    par Laurent Lafourcade

    Une rencontre décisive

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    « -Ouvrez votre sac !…

    -Non, elle ne s’y trouve pas…

    -Bizarre autant qu’étrange…

    -Je dirais même plus étrange…

    -Que s’est-il passé ?…

    -Des types complètement timbrés !… Ils sont à la recherche d’une boîte de conserve vide !… Une boîte de crabe…

    -Une boîte de crabe… Tiens, tiens ?… »

    Octobre 1940. Une nouvelle aventure de Tintin et Milou démarre dans le supplément du quotidien bruxellois Le Soir. Elle ne sera baptisée Le crabe aux pinces d’or que l’année d’après. Pour la première fois de son existence, l’histoire n’est pas publiée dans Le Petit Vingtième, et pour cause, il a disparu des kiosques quelques mois plus tôt en raison de la guerre. Pour ce dernier épisode en noir et blanc, mais ça, Hergé ne le sait pas encore, l’évasion est au rendez-vous. Les personnages ne sont pas préoccupés par le conflit qui ravage l’Europe. Tintin va faire une rencontre décisive, celle avec un marin plein comme une outre : le Capitaine Haddock. Petit à petit, après la Castafiore dans l’album précédent, presque sans s’en rendre compte, Hergé construit son petit théâtre de papier.

    © Hergé/Tintinimaginatio 2026

    Après l’interruption de l’aventure en cours Tintin au pays de l’or noir qui avait commencé dans Le Petit Vingtième, Hergé préfère mettre de côté le thème de la crise pétrolière inadapté en temps de guerre (tiens, on se croirait aujourd’hui) et jette sur un cahier de projets de scénarios les premières notes d’une nouvelle aventure dans un premier temps intitulée Crabe Extra. On est au cœur de la création. Les pages sont en photo dans ce livre.

    © Hergé/Tintinimaginatio 2026

    Dans les coulisses du Crabe aux pinces d’or, on apprend que le mot crabe aurait un sens caché. Les CRAB étaient les Centres de Recrutement de l’Armée Belge que plus de 100 000 belges ont fréquenté. Il y en avait en France, près de Toulouse. Au début de l’invasion, de nombreux hommes les ont rejoints puis ont été livrés à leur sort après l’armistice de Pétain, étant faits prisonniers ou devant rejoindre la Belgique par leurs propres moyens. Hergé aurait croisé leur route.

    © Hergé/Tintinimaginatio 2026

    S’il est un nom qui résonne de façon particulière aux oreilles des tintinophiles, c’est bien le nom du paquebot le Karaboudjan. Il pourrait être un clin d’œil au « carabouya », bonbon à l’anis populaire à l’époque. Son aspect est inspiré du navire le Glengarry de Glasgow. C’est donc à son bord que Tintin rencontre Haddock, tout le monde le sait, mais aussi quelqu’un qui deviendra l’un des « méchants » emblématiques de l’univers : le lieutenant Allan Thompson, bras droit d’Omar Ben Salaad. A noter que l’individu apparaîtra a posteriori par anticipation dans la seconde version des Cigares du Pharaon.

    Pendant ce temps, Quick occulte ses fenêtres et se met tant bien que mal à l’abri des bombardements et Hergé entreprend de retravailler les dessins des anciens gags.

    © Hergé/Tintinimaginatio 2026

    Comme dans chaque volume de cette inestimable collection, les anecdotes fourmillent. Allez donc découvrir une couverture non retenue ainsi que ce qui aurait inspiré à Hergé le nom de Haddock. Quand on a fini de lire Tintin, on peut recommencer à lire Tintin. On y trouvera toujours quelque chose de nouveau.


    Série : Tintin Hergé Les coulisses d’une œuvre

    Tome : 9 – Le crabe aux pinces d’or

    Genre : Aventure

    Auteur : Philippe Goddin

    Avec la participation de : Dominique Maricq

    Scénario & Dessins : Hergé

    Éditeur : Moulinsart

    ISBN : 9782810442966

    Nombre de pages : 92

    Prix : 19,95 €


  • Levez l’ancre
    par Laurent Lafourcade

    Angoisses ordinaires

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    « -Bah, tu es souriante, c’est que ça va mieux, non ?

    -C’est quand même lourd ton histoire !

    -On a des priorités, tu comprends ? On a une vie !

    -Mais on te trouve quand même vachement courageuse ! »

    C’est l’histoire ordinaire d’une femme ordinaire et de ses angoisses ordinaires. En pleine expansion des réseaux sociaux, comme tant d’autres, Sarah est confrontée à l’image parfaite de gens débordants de bonheur et de perfection. Tout cela fait ressortir en elle sa part d’ombre qui en dit long sur notre humanité. Sarah raconte comment la bête noire l’a envahie, elle qui vivait avec elle depuis toute petite déjà. Après ses cauchemars d’enfant, la bête s’est installée dans ses peurs, ses incertitudes et son manque de confiance. Elle a essayé de la maîtriser, de la repousser… Sans cesse elle revient, quand ça lui chante.

    © Belmas – Côte-à-cas 

    La vie envoie des challenges à Sarah : une rupture inexpliquée, la perte dramatique de sa mère, la difficile gestion du deuil, le diktat des règles sociales, les vraies crises d’angoisse, l’oppression du monde. Les épreuves succèdent aux épreuves. Alors, cette ancre qui la fait couler au fond de l’océan, parviendra-t-elle à la remonter ? Ce ne sont pas des muscles qui lui seront nécessaires, mais une force mentale incommensurable qu’il va aller falloir chercher au plus profond de soi. Si elle réussit son défi, alors elle aura prouvé à d’autres que tout est possible.

    © Belmas – Côte-à-cas 

    Retour sur un album paru juste avant la pandémie de Covid-19 en janvier 2020 et qui n’a pas eu le temps de s’installer. Dans cette bande dessinée, l’autrice Sarah Belmas se met à nue dans tous les sens du terme. Ce livre est une catharsis. Belmas veut se sauver, mais aussi sauver toutes celles et ceux victimes de souffrances similaires, les pires, celles qui ne se voient pas. Elle met des images sur la dépression. Elle la personnalise. Elle lui donne une consistance pour mieux l’affronter. Pas de couleurs : du noir, du blanc, du gris. C’est percutant. Ça l’aurait été encore plus avec une touche de couleurs à la fin.

    © Belmas – Côte-à-cas 

    En dompteuse, Sarah Belmas montre comment elle a traversé une à une les étapes d’angoisses et de deuils de sa vie. Levez l’ancre n’est pas qu’une histoire de dépression, c’est avant tout une histoire d’espoir.


    Titre : Levez l’ancre 

    Genre : Autobiographie

    Scénario & Dessins : Sarah Belmas

    Éditeur : Côte-à-cas 

    ISBN : 9782491066055

    Nombre de pages : 108

    Prix : 14,50 €


  • Boulevard Tintin – Bob de Moor La ligne claire d’Hergé
    par Laurent Lafourcade

    Réhabilitation d’un homme de l’ombre

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    « Je n’ai jamais rencontré une telle conscience professionnelle et une telle puissance de travail. » (Hergé)

    « J’ai toujours dessiné : je ne me souviens ni quand ni comment j’ai pu commencer. Il m’a fallu pourtant d’abord naître, à Anvers, le 20 décembre 1925, l’année du Charleston. » Cette phrase de Bob de Moor en personne ouvre le premier des dix-huit chapitres que lui consacre Gilles Ratier dans une imposante, minutieuse et passionnante biographie comme on en lit rarement. Plus proche collaborateur de Hergé, créateur de Barelli et Cori le moussaillon pour ne citer que les plus célèbres, père de cinq enfants, dont l’un d’eux Johan de Moor est lui-aussi auteur de bandes dessinées, Bob de Moor fait partie des piliers ayant solidifié la ligne claire. Bienvenue au cœur de l’œuvre d’un grand Monsieur.

    © De Moor – BD Must

    Habitant dans une ville portuaire, dès trois-quatre ans, Bob de Moor rêve devant les bateaux à voile qu’il se met rapidement à dessiner. Ses parents l’ont toujours encouragé, lui rappelant parfois qu’il y avait aussi des devoirs à faire. Plus tard, vers onze-douze ans, Bob découvre au cinéma des films Michael Curtiz et Victor Fleming qui vont le marquer, le confortant dans sa passion pour la mer. Ses dessins de jeunesse sont déjà d’une qualité exceptionnelle. Plus tard, il fera ses études à l’Académie des beaux-arts d’Anvers. Son premier dessin est publié en 1942. L’année suivante, il travaille dans une société de films pour des dessins animés. Blessé par des bombardements dans les derniers mois de la guerre, après sa convalescence, Bob est embauché dans un hebdomadaire lancé par des collègues animateurs. Il devient dessinateur professionnel de bandes dessinées.

    © De Moor – BD Must

    En 1948, Bob de Moor épouse Joanna de Belder. L’institutrice ne se doutait pas qu’en confisquant un album intitulé Le crabe aux pinces d’or à un élève qui le lisait en classe son mari allait tomber dessus, puis s’inspirer du style Hergé. En 1949, Bob entre au Lombard, mais ne travaillera pas tout de suite pour le journal Tintin. Patience, ça viendra. Ami de Vandersteen et Cuvelier, Bob est présenté à Hergé, qui a dix-huit ans de plus que lui mais avec qui le courant passe instantanément. En 1950, il créé le professeur Tric où l’auteur développe sa fantaisie. La même année, le comédien-détective Barelli fait son apparition dans des enquêtes d’une pure ligne claire, sur l’idée de Raymond Leblanc, rédacteur en chef de l’hebdomadaire, d’une histoire se déroulant à Paris. Le récit suivant l’emmènera en Indonésie. Il faudra attendre pour la suite car Hergé embauche Bob de Moor dans ses studios. Avant cela, l’auteur aura également fait ses preuves dans un graphisme réaliste et des histoires médiévales flamandes.

    © De Moor, Ratier – BD Must

    Le 6 mars 1951, Bob devient assistant extérieur de Hergé sur Objectif Lune. Il alternera son travail pour Hergé avec ses propres productions comme Oncle Zigomar et Cori le moussaillon. Aux studios, Bob de Moor travaille avec Jacques Martin, Jo-El Azara ou encore Roger Leloup. Il est plus particulièrement responsable des décors. Il travaille sur des chromos maritimes. Hergé le définit comme merveilleux, généreux, fidèle, talentueux, exigeant et bienveillant. Aux refontes d’anciens albums et à la création de nouveaux, viennent s’ajouter les dessins animés pour lesquels Hergé demande à ce que ce soit Bob de Moor qui les supervise. Au fil des années, l’effervescence du studio se calmera, Hergé espaçant de plus en plus la création des nouvelles aventures de Tintin. Cela permettra à Bob de revenir à ses propres productions. Avec Balthazar, il adopte un style plus relâché. Barelli revient, puis Cori. De Moor accompagne Hergé jusqu’au bout. L’après sera plus douloureux. Dans un premier temps, Fanny accorde à Bob de terminer L’Alph’Art, avant un revirement de situation. L’anversois se remet à ses travaux en se consacrant à L’expédition maudite, une aventure de Cori le moussaillon. Plus tard, il termine la seconde partie de Blake et Mortimer Les Trois formules du professeur Satô, après le décès de Jacobs et moultes hésitations de part et d’autre, album qu’il devra réaliser dans la précipitation. Son dernier album, Dali Capitan, le tome 5 de Cori le moussaillon, terminé par son fils Johan, sort à titre posthume en 1993. Bob de Moor décède l’année d’avant.

    © De Moor – BD Must

    A l’exception de tous les ouvrages d’étude dédiés à Hergé, Gilles Ratier signe la plus impressionnante biographie jamais consacrée à un auteur. Il alterne anecdote connues (comme la fausse planche de Tintin signée De Moor et Martin qui mit Hergé hors de lui) et d’autres plus confidentielles (comme son dernier mot d’humour alors que ses enfants le conduisent à la clinique).

    © De Moor, Ratier – BD Must

    Réhabilitation d’un homme de l’ombre ou réhabilitation de l’homme de l’ombre ? Si Hergé a compté de nombreux collaborateurs, celui qui fut le plus fidèle et loyal, celui sans qui Tintin n’aurait peut-être pas été autant Tintin, c’est incontestablement Bob de Moor. Ce livre démontre qu’on ne peut pas le réduire à ce rôle car Bob de Moor a eu sa propre carrière, ses propres héros. Quand on a fini de lire Tintin, on peut recommencer à lire Tintin. On y trouvera toujours quelque chose de nouveau. Quand on a fini de lire Bob de Moor, on peut recommencer à lire Bob de Moor. On y trouvera toujours quelque chose de Tintin.


    Titre : Bob de Moor La ligne claire d’Hergé

    Genre : Ouvrage d’étude

    Auteur : Gilles Ratier

    Éditeur : BD Must

    ISBN : 9782875359476

    Nombre de pages : 320

    Prix : 99 €


  • Bob Morane 3 – Ozymandias le grand
    par Laurent Lafourcade

    Voyage égyptien dans l’espace-temps

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    « -Donc, si je résume, au lieu de siroter des rhums-coco sur des transats au bord d’une piscine en charmante compagnie, vous voulez nous envoyer en Anatolie en pleine guerre de l’Antiquité à la recherche d’une princesse lunatique ?

    -Oui, Ballantine ! Au seul détail près que je ne vous envoie pas… Nous y sommes déjà ! »

    An 1274 avant Jésus-Christ, en Syrie, les officiers du Roi Muwatalli cherchent une stratégie pour repousser les armées de l’envahisseur égyptien. Ramsès II en personne a pris la tête d’une division. Lors de la grande bataille de Kadesh entre les hittites et les égyptiens, alors que ces derniers sont sur le point de se rendre, un objet venant de l’espace met les troupes syriennes en déroute. Pour Ramsès, c’est un acte divin. Il s’agit en fait d’une énième fourberie de Ming, alias l’Ombre Jaune, et du docteur Xhatan, afin d’obtenir le soutien d’un allié de poids pour leurs actions futures dans ce tumultueux passé. Pendant ce temps, en 1957, Bob Morane et Bill Ballantine prennent du bon temps au bord de la piscine d’un hôtel sur une île des Caraïbes. Leur villégiature sera de courte durée.

    © Bec, Corbeyran, Rodrigues, Facio – Soleil

    Téléportés par le colonel Craigh dans son vaisseau, les deux hommes apprennent qu’un dysfonctionnement temporel a eu lieu lors de cette grande bataille. Soldée historiquement par un match nul, il s’avère à présent que Ramsès II, alias Ozymandias le grand, l’aurait largement emportée. Cette anomalie a déclenché une alerte rouge pour la section Eon. A Morane et Ballantine d’en trouver la cause. Seul indice, la princesse Hittite Maathé, promise au Pharaon pour assurer la paix entre les peuples, a disparu peu avant leurs noces, mais il n’y a aucune trace de ce fait dans les archives. Si le mariage n’a pas lieu, Ramsès II ripostera et risque de perdre. Les conséquences seraient dramatiques sur le cours de l’Histoire. Le temps pour le colonel Craigh de raconter tout ça au duo, et les voilà déjà en -1274 !

    © Bec, Corbeyran, Rodrigues, Facio – Soleil

    Troisième épisode du revival Bob Morane par Corbeyran et Christophe Bec, Ozymandias le grand entre dans la plus pure tradition des meilleurs épisodes signées du créateur Henri Vernes. On y retrouve le français Bob Morane et l’écossais Bill Ballantine face à leur meilleur ennemi l’Ombre Jaune. On va même découvrir la raison d’un « handicap » physique de Ming. Autre méchant iconique mort et ressuscité par Vernes, le Docteur Xhatan complète les rivaux. Les scénaristes prennent un plaisir communicatif à jouer avec les personnages de ce théâtre fantastique. Le concept du voyage dans le temps étant l’un des poncifs de la série, ils ne pouvaient pas y couper. L’énigme est bien menée, les dialogues sont parfois drôles et décalés, pas toujours #MeToo, surtout dans la bouche de Bill, comme savait si bien les écrire Henri Vernes.

    Après la défection de Paolo Grella, Ivan Rodrigues prend le relais au dessin dans un pur style réaliste propre et net, avec des décors ambitieux et soignés.

    © Bec, Corbeyran, Rodrigues, Facio – Soleil

    Ozymandias : Puissante est la justice de Rê, le dieu solaire. Ozymandias est un poème de Percy Shelley sur la fragilité du pouvoir et la disparition des empires, comme le si glorieux empire égyptien. Ozymandias est non seulement un nom de Ramsès, mais aussi celui d’un personnage des Watchmen. Avec Bob Morane, le pont était tout trouvé entre l’Histoire et le fantastique. Christophe Bec a annoncé qu’il ne poursuivrait pas la série. Que feront ses collègues ? La machine mériterait tellement d’être définitivement relancée, la difficulté étant de faire d’un univers plutôt marqué macho une série XXIème siècle compatible permettant de gagner de nouveaux lecteurs, autres que les nostalgiques.


    Série : Bob Morane

    Tome : 3 – Ozymandias le grand

    Genre : Aventure fantastique

    Scénario : Christophe Bec & Corbeyran

    Dessins : Ivan Rodrigues

    Couleurs : Hugo Sebastian Facio

    Couverture : Michel Borderie

    D’après : Henri Vernes

    Éditeur : Soleil

    ISBN : 9782302095212

    Nombre de pages : 56

    Prix : 15,95 €


  • Miss Tattoo 2 – La chèvre et le Tigre / Kathy Malone 1 – Premières fouilles
    par Laurent Lafourcade

    Deux spin-off signés Taymans

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    « -Dites-moi que ce n’est pas vrai… Il est mort ?

    -Aucune idée, Monsieur ! Nous n’avons pas pu vérifier ! Quelqu’un a commencé à nous canarder ! Quels sont les ordres ?

    -Vous êtes vraiment trop cons !… Liquidez-les tous ! Grant, la fille, le flic s’il est toujours vivant ! Nettoyage par le vide ! Bon dieu, quel merdier ! »

                    Qui veut faire chanter Bill Grant, le patron de la plus grande chaîne de montage de Denver ? Une vieille photo de lui en pleins ébats avec une gamine mineure depuis décédée dans un suicide collectif a été envoyée à l’inspecteur Philips par Gary Scott. Alors que Philips et Vanina, alias Miss Tattoo, interrogent l’industriel qui a tous les politiciens à sa botte, ils sont pris pour cibles par des tueurs rapidement mis en déroute. Persuadé que le gouverneur Duck, candidat à la présidentielle, est dans le coup, Grant le menace : « Si je tombe, tu tombes ! ». C’est bien plus haut qu’il faut pourtant chercher les responsables. Le scandale pourrait bien éclabousser la Maison Blanche. Prise pour sa demi-sœur Caroline Baldwin par des espions ignorant son décès, Miss Tattoo se rend compte qu’elle a servi d’appât. Elle est maintenant dans un guêpier aux conspirations politiques duquel il va être bien complexe de s’extraire.

    © Barletta, Taymans, Callixte – Le Tiroir

    Juillet 1967, Kathy Malone atterrit à Madagascar. La jeune archéologue vient y retrouver le professeur Mulligan qu’elle n’a pas vu depuis qu’elle avait dix ans. L’arrière-petite-fille du professeur Challenger a été invitée pour participer à des fouilles permettant de retrouver des ossements préhistoriques. Datant de 1908, le carnet de bord du Professeur Olsen affirme qu’il y aurait un énorme gisement sur l’île. Des cyclones ayant ravagé l’île au fil du temps, les changements de paysages ont rendus les plans de l’époque inexploitables. Il ne va pas falloir longtemps à Kathy pour découvrir un fémur de dinosaure. Le lendemain, les scientifiques découvrent que le chantier a été pillé. Qui veut faire main basse sur les fouilles ? Truelles et pinceaux feront-ils le poids face aux revolvers ? Les dinosaures ont disparu mais d’autres personnes ont des crocs bien acérés.

    © De Salvo, Taymans – Le Tiroir

                     Pilier des éditions du Tiroir, André Taymans signe deux spin-off dont il a confié le graphisme à deux dessinatrices italiennes. Dérivée de Caroline Baldwin, Miss Tattoo est dessinée par Elisabetta Barletta qui fait de fulgurants progrès depuis Singleton. La série relève du thriller politique. Taymans, qui réalise également le story-board, mêle fiction et réalité avec ce gouverneur véreux qui se nomme Duck et ressemble comme deux gouttes d’eau à Donald Trump, casquette rouge en preuve. La scène finale reprend même un moment clé de sa campagne. Préquel de la série Eden, Kathy Malone est dessinée par Giogia De Salvo. Le trait est plus frais. On aurait aimé un peu plus de densité dans les décors pour que les fonds de cases se distinguent plus des premiers plans. L’intrigue quant à elle est bien ficelée.

                    L’auteur développe ses univers et l’on prend un réel plaisir à tous les échos aux albums et séries précédentes qu’il n’est pas forcément nécessaire d’avoir lus pour autant. Avec André Taymans, on est assuré de lire du polar classique et maîtrisé.



    Série : Miss Tattoo

    Tome : 2 – La chèvre et le Tigre

    Genre : Polar

    Scénario : André Taymans

    Dessins : Elisabetta Barletta

    Couleurs : Damien Callixte

    Éditeur : Le Tiroir

    ISBN : 9782931251430

    Nombre de pages : 48

    Prix : 16 €


    Série : Kathy Malone

    Tome : 1 – Premières fouilles

    Genre : Polar archéologique

    Scénario : André Taymans

    Dessins & Couleurs : Giorgia De Salvo

    Éditeur : Le Tiroir

    ISBN : 9782931251386

    Nombre de pages : 48

    Prix : 16 €


  • Lili, toujours debout, jusqu’au bout !
    par Laurent Lafourcade

    De Ravensbrück à Bergen-Belsen

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    « -Debout ! Habillez-vous et préparez quelques affaires !

    -Schnell !! Schnell !!

    -Habille-toi, Lili, et prends des affaires, vite !

    -Schnell !

    -Robert, André, il faut vous habiller, vite !

    -Mais j’ai encore sommeil, Papa…

    -Moi aussi, mais nous n’avons pas le choix.

    -Schnell !

    -Schnell !

    -Je suis prêt, Maman…

    -Oh ! Mes chéris… Tout va bien se passer ! »

                    2015. Une dame se rend au commissariat de son quartier afin de déposer plainte pour vol par ruse. Au bout de quelques instants, l’officier qui recueille son dépôt reconnaît sa voix. Quelques années plus tôt, elle est venue dans son lycée pour témoigner de la guerre, de la déportation qu’elle a vécue. Ce combat contre la haine, le racisme et la discrimination, il ne l’a jamais oublié. C’est pour ça qu’il est devenu gardien de la paix aujourd’hui. Son histoire, Lili la raconte maintenant dans ce livre. Le cauchemar commence en 1943 lorsque sa famille est raflée, à Roubaix. Papa va être séparé du reste de la famille qui est déportée à Ravensbrück. Ils ne le reverront jamais. On va vivre avec Lili, sa mère et ses frères un voyage dans l’antre de l’indicible, toujours debout, jusqu’au bout.

    © Golzio, Keller Rosenberg – Glénat

                    Glaçants, certains passages sont glaçants. Chaque livre sur le sujet raconte une nouvelle barbarie nazie. Celui-ci ne fait pas exception à la règle. Prisonnière pendant deux ans dans des conditions cauchemardesques d’horreur et d’insalubrité, Lili a été témoin des pires exactions. L’album est divisé en deux parties distinctes de tailles comparables, ce qui est assez rare. Souvent, dans ce genre de bouquins, le récit s’arrête au moment ou bien quelques jours après la libération des camps. Celui-ci accorde autant d’importance à la difficile gestion de la libération des camps et au retour à la vie de la famille Rosenberg jusqu’à nos jours, avec cet instant charnière où, entendant à la radio une ineptie débittée par le négationniste Robert Faurisson en 1980, Lili s’est sentie le devoir de témoigner, de raconter aux nouvelles générations ce qu’il s’est passé, la vérité, pour qu’à leur tour ses auditeurs puissent la transmettre aux générations futures.

    © Golzio, Keller Rosenberg – Glénat

                    Après Chroniques de Francine R., résistante et déportée, Boris Golzio raconte la vie d’une autre déportée. D’abord réticente à voir son récit adapté en bande dessinée, un format pour les enfants (!), Lili Rosenberg s’est rendue compte de la puissance du média. Dans un semi-réalisme en niveaux de gris et des touches de rouges pour les scènes violentes, Golzio met des images poignantes sur les paroles de Lili. Les yeux des déportés sont souvent cachés, comme s’ils portaient parfois un bandeau, symbole de l’anonymat dans lequel les nazis les ont plongés, remplaçant leurs noms par des numéros. Parce qu’il n’était pas possible de voir ces scènes de mort avec les couleurs de la vie, les véritables couleurs n’apparaissent que dans les séquences contemporaines.

    En fin d’album, des historiens, dont André, le plus petit frère de Lili, étayent le propos avec leurs analyses de la situation.

    © Golzio, Keller Rosenberg – Glénat

                    Survivre et réapprendre à vivre, rester debout et témoigner pour que l’oubli ne prenne pas de place, pour que l’Histoire ne recommence pas : voilà tout le sens du témoignage de Lili Keller Rosenberg. Un album indispensable au devoir de mémoire.


    Titre : Lili, toujours debout, jusqu’au bout !

    Genre : Drame historique

    Scénario : Boris Golzio & Lili Keller Rosenberg

    Dessins & Couleurs : Boris Golzio

    Éditeur : Glénat

    Collection : 1000 feuilles

    ISBN : 9782344058800

    Nombre de pages : 240

    Prix : 25 €


  • Caledonia 3 – Les Fomôrés
    par Laurent Lafourcade

    Trois peuples et un territoire

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    « -Je croyais que les dieux se querellaient souvent !

    -Et tu as raison ! Leurs histoires débordent de malveillance, de cruauté, de jalousie et de vengeance ! Mais n’en va-t-il pas aussi ainsi des hommes qui les adorent et remettent leur destin entre leurs mains ?

    -Je suppose que si…

    -La guerre et la violence sont inévitables, Lucius, mais tu ne dois pas oublier une chose, la tolérance est le plus court chemin vers la compréhension ! »

    Traversant l’espace-temps, un vaisseau spatial s’abime sur Terre. Si une partie des occupants n’a pas survécu au choc, l’autre s’extrait des décombres. Ils sont observés par les autochtones qui voient en eux comme des divinités. Un géant de l’espace offre à l’humain qui semble être le chef une boîte noire renfermant une boule lumineuse. Depuis, les générations se sont succédées. Nous sommes au deuxième siècle de notre ère, en Caledonia. Lucius et Leta suivent un alien, un Fomôrés, jusqu’à la carcasse du char céleste qui les a conduits ici.  C’est en ce lieu que Leta reconnaît son frère Mil, en état de léthargie dans une colonne de liquide. C’est comme ça que les humains sont transformés en Bugul-Noz, les enfants de la nuit.

     © Despujol, Corbeyran, Despujol – Soleil

    Leta et Lucius comprennent que les géants ne sacrifiaient pas les humains mais les modifiaient. Pendant ce temps, à Rome, le légat Deodatus Faustus reçoit la visite du centurion Octavius Tiberius, lui annonçant n’avoir trouvé aucune trace de Lucius. Persuadé que le centurion ment en accusant Lucius d’être un meurtrier et un traître, le légat le prie de disparaître. De son côté, Leta parvient à sortir Mil de sa gangue. De retour dans sa tribu, elle apprend à son père tout ce qu’elle sait, tout ce qu’elle a vu. Elle veut que les hommes se rebellent mais ce n’est pas l’avis du patriarche. Au sein des Scots, le torchon brûle. Qui des Fomôrés ou des Romains sont leurs pires ennemis ?

     © Despujol, Corbeyran, Despujol – Soleil

     Avec Caledonia, Corbeyran démontre au niveau scénaristique l’intérêt de ce qu’est une série, même si comme ici elle ne comporte que trois épisodes. Le récit n’est pas découpé n’importe comment. Les morceaux du puzzle sont scientifiquement placés les uns après les autres. Comme dans un puzzle où on ne découvre l’image entière qu’une fois la dernière pièce posée, on ne va comprendre le but de cette histoire que dans les toutes dernières pages, quand le récit d’extra-terrestres s’invitant dans la grande Histoire devient la genèse de toutes les légendes du monde. Emmanuel Despujol prend le parti de l’émotion, avec des gros plans de visages en guerre où tout passe par les regards. Les décors sont relativement dépouillés. C’est Juliette Despujol qui assure l’habillage des fonds avec ses couleurs sombres comme les relations entre les différents peuples, de Terre ou de l’espace.

     © Despujol, Corbeyran, Despujol – Soleil

    Historique, fantastique, philosophique, Caledonia est certainement la série la plus inclassable de l’univers Corbeyran. Le scénariste réussit une fois de plus un coup de maître en surprenant le lecteur à chaque étape de ce conte tout autant antique et futuriste que fondateur.


    Série : Caledonia

    Tome : 3 – Les Fomôrés

    Genre : Péplum fantastique

    Scénario : Corbeyran

    Dessins : Emmanuel Despujol

    Couleurs : Juliette Despujol

    ISBN : 9782302106697

    Éditeur : Soleil

    Nombre de pages : 56

    Prix : 15,95 €


  • Tabary – Monographie
    par Laurent Lafourcade

    Iznogoud, Totoche et compagnie

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    « Avec son graphisme nerveux et efficace, avec son humour et son sens du gag, Jean Tabary allait très rapidement se placer parmi les meilleurs dessinateurs-auteurs français (je pense qu’il est peut-être le meilleur, mais je ne voudrais pas lui lancer trop de fleurs !) » (Roger Lécureux)

    C’est l’histoire d’un raconteur d’histoires. Au départ, il le faisait pour ses frères et sœurs. Plus tard, il s’est mis à en dessiner. Totoche, Corinne et Jeannot, Richard et Charlie, Valentin le vagabond, puis un certain grand vizir avec Goscinny au scénario. Incisif, nerveux et percutant, le trait de Tabary est d’une vivacité rare. Ce qu’il dépeint le mieux, ce sont les brutes, les demeurés, les vilains et les malfaisants, en bref, les crétins. Les personnages de Tabary n’auraient même pas besoin de parler. On les voit et on rit déjà. Pour Gotlib, Tabary est un artiste, un créateur, un conteur et un gagman. Il était une fois, dans Bagdad la somptueuse, un bon, un excellent calife, qui avait un méchant, un ignoble grand vizir… Il était une fois un auteur de bandes dessinées aussi excellent que ce calife : Tabary. Bienvenue dans une bien belle monographie.

    © Tabary, Duchêne – Klev

    Plutôt qu’une biographie linéaire, au fil du temps, Alain Duchêne prend le parti de chapitres thématiques. Les deux premiers sont consacrés à l’enfant et à l’adolescent. Jean Tabary nait à Stockholm en 1930. Son père est violoniste, sa mère s’occupe de leurs neuf enfants. Il a cinq ans lorsque la famille rentre en France. A 14 ans, il décroche le certificat d’études. Il est passionné de dessin, mais il faut apprendre un vrai métier. Ce sera staffeur architecturier ornementiste. Ça l’amènera sur les plateaux de cinéma à la fabrication de décors. Il ne renonce pas au dessin. A 16 ans, les éditions Vaillant refusent ses planches. Il part au service militaire. Ça ne l’enchante pas, mais il dessine encore et toujours. Ensuite, il devient figurant à la Comédie-Française. A 26 ans, Jean retente sa chance chez Vaillant. Cette fois sera la bonne.

    © Tabary, Duchêne – Klev

    Fin août 1956, Tabary présente à Roger Lécureux La pêche au jambon, une histoire des clochards Richard et Charlie. Le scénariste lui dit qu’il arrive à point nommé. Le succès du journal le fait passer de 16 à 32 planches. Jean doit repasser la semaine suivante avec un synopsis et une planche dessinée. En novembre de la même année, Richard et Charlie à la chasse aux voleurs paraît dans le journal Vaillant. Deux ans plus tard, débarquent pour combler un trou Grabadu et Gabalioutchou, les deux z’héros les plus cons de la bande dessinée. Tabary croit faire n’importe quoi et contre toute attente ça marche. C’est absurde, c’est décalé, c’est hilarant. Juste avant, c’est la bande à Totoche qui faisait son apparition, parce qu’il manquait une histoire de gosses dans le journal. Ce sera la plus grande série de Tabary en solitaire. Dans les personnages du groupe, Corinne et Jeannot tirent leur épingle du jeu. La chipie et le souffre-douleur voleront de leurs propres ailes dans une série de gags. En 63, Tabary voit enfin sa série publiée en albums…mais de très mauvaise qualité. L’auteur a beau avoir l’admiration de tous les responsables éditoriaux de Vaillant, qui deviendra Pif Gadget en 1969, il n’a pas la reconnaissance éditoriale qu’il mérite.

    © Tabary, Duchêne – Klev

    En 1962, fruit de la collaboration de Tabary et Goscinny, Iznogoud naît dans les pages du tout nouveau magazine Record, dans la série des Aventures du Calife Haroun El Poussah. Le méchant vizir va très rapidement voler la vedette au pacha. La suite appartient à la grande histoire de la bande dessinée. Chaque histoire est basée sur le même principe. Iznogoud échoue à devenir calife à la place du calife. On connaît la fin de chaque histoire avant qu’elle ne débute, et pourtant ça marche. Pour la sortie en albums aux éditions Dargaud en 1966, Tabary redessina les deux premières histoires. Le succès mettra du temps à se concrétiser, la politique de l’éditeur étant concentrée sur Astérix et Lucky Luke.

    En 1962 également, Valentin le vagabond apparaît dans Pilote. Goscinny signe les premières histoires avant de confier les rênes du scénario à Tabary. Les aventures du clochard fleur bleue sont aussi drôles que poétiques. Le dessinateur-scénariste est un bourreau de travail. On le voit aussi dans le chapitre consacré à tous ses travaux intermédiaires, puis plus tard dans les contributions publicitaires.

    © Tabary, Duchêne – Klev

    Fin 1977, Goscinny meurt de façon inattendue. De tous les dessinateurs avec qui il travaillait, Tabary sera certainement celui qui gérera le mieux son héritage, certainement parce qu’il était lui-même scénariste à la base. Tabary quitte Dargaud pour fonder sa propre maison d’éditions. Aux histoires courtes métronomées par Goscinny, Tabary préfère les récits plus longs. Les ventes d’albums explosent. Iznogoud est adapté en dessin animé pour la télévision et en film live pour le cinéma. En 2011, Tabary meurt, mais Iznogoud lui survit, d’abord sous les crayons de son fils Nicolas. Son témoignage, celui de son frère et celui de sa sœur concluent avec émotion la monographie.

    Bruno Surgot-Meulien a réalisé un méticuleux travail de fourmi pour rédiger la bibliographie détaillée de l’auteur sur quatre-vingt pages. C’est dire la riche carrière de cet auteur inestimable.

    © Tabary, Duchêne – Klev

    Les éditions Klev réhabilitent un artiste majeur. On n’a plus qu’une envie, se replonger dans ses bandes dessinées, et que l’on puisse retrouver en intégrale les nombreuses histoires restées inédites en album jusqu’ici, comme les aventures de Richard et Charlie. Tout, tout, tout, vous saurez tout sur Tabary dans ce somptueux album richement illustré, et en plus pas cher du tout (25 € pour des heures et des heures de lecture, ça ne vaut pas le coup de s’en priver). Si son personnage le plus célèbre est Iznogoud, Tabary, lui, is very very good.


    Titre : Tabary

    Genre : Ouvrage d’étude

    Auteur : Alain Duchêne

    Bibliographie : Bruno Surgot-Meulien

    Éditeur : Klev

    Collection : Raconteurs d’Histoires

    ISBN : 9782959206672

    Nombre de pages : 304

    Prix : 25 €


  • Mia – Haut les mains, peau de bovin !
    par Laurent Lafourcade

    Dalton en culottes courtes

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    « -Bon, il va falloir cracher le morceau, petite. Qui t’envoie m’espionner ? Le marshal ? Un gang rival ? T’avais rien de mieux à faire ? Jouer à la poupée, par exemple ?

    -A qui tu crois parler, vieux schnock ? Je suis Mia, la pire gangster de l’Ouest ! »

                    La boutique d’un antiquaire est braquée par une gamine de neuf ans. Loin d’être effrayé, le propriétaire des lieux est charmé par la petite. Le hold-up tourne court. Ce n’est pas cette fois-ci que Mia fera la une de Wild West Mag aux côtés des plus grands braqueurs de l’Ouest. Parmi ses idoles, il y a ce fichu Villain Farmer. Lui, au moins, on le prend au sérieux. Avec sa troupe de vaches masquées, il est le roi des braquages les plus spectaculaires. Les potes de Mia peuvent bien se marrer. Ils verront bien. Un jour, elle aussi sera dans le journal. Pour faire les gros titres, Mia décide de frapper fort avec le coup du siècle : voler le trésor personnel du shérif, à savoir son fer à cheval en or massif.

    © Puls – Auzou BD

                    Bien évidemment, le plan ne va pas se dérouler comme prévu. Croyant avoir réussi son larcin pendant la pause goûter à la boulangerie de l’homme de loi, Mia découvre qu’elle a été doublée par la bande de Villain Farmer qui a carrément déménagé le shérif office. Mia se rend alors vraiment compte de la dimension des actions de ces voleurs, pas franchement ravis de la découvrir sortant du bureau. Voyant en elle une espionne, ils la retiennent tout d’abord prisonnière avant de se laisser convaincre de la faire participer à leurs méfaits. Mia tirera-t-elle son épingle du jeu afin de devenir la nouvelle terreur de l’Ouest ?

    © Puls – Auzou BD

                    Haut les mains, peau de bovin ! est la première BD de David Puls, jusqu’ici illustrateur de jeux de société. L’auteur a également travaillé pour la Webtoon Factory de Dupuis. Ça se ressent dans ce livre qui a le punch et le dynamisme des lectures numériques. Quand on scrolle, on n’a pas le droit de s’ennuyer. C’est exactement ce qu’il se passe ici. Puls, ça pulse. Les braquages du gang Farmer sont grandioses, à la manière de ceux de la série de films Insaisissables. Les vaches aux figures d’as sont à mourir de rire, avec des gags poilants comme la scène où l’une d’entre elles se travesti en vraie vache. Si, si, c’est possible.

    © Puls – Auzou BD

    Les éditeurs sont frileux à l’idée de lancer des séries. Dommage. Ça reviendra. L’album est présenté comme un one shot. Espérons qu’il portera bientôt le n°1 car du western humoristique dès huit ans ça fait bien longtemps que ça avait disparu, hormis Lucky Luke bien sûr et Gary C.Neel de Gorobei et Ced dans Spirou.

    Haut les mains, peau de bovin ! Rangez vos colts, vous ne pourrez rien contre la prochaine future pire gangster de l’Ouest. Drôle et terriblement efficace.


    Titre : Mia – Haut les mains, peau de bovin !

    Genre : Western humoristique

    Scénario, Dessins & Couleurs : David Puls

    Éditeur : Auzou BD

    ISBN : 9791039563529

    Nombre de pages : 56

    Prix : 12,95 €


  • Le piéton de Bordeaux / Le piéton de Lyon
    par Laurent Lafourcade

    Du Port de la Lune à la Ville des Lumières

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    « Le piéton est une collection de bande dessinée qui vous invite à la redécouverte d’une ville par un dessinateur qui la connaît et qui l’aime. A Bordeaux et à Lyon, le piéton propose de redécouvrir le plaisir d’une promenade en solitaire mais accompagnée dans la ville comme un récit à ciel ouvert. »

                    A travers onze parcours, accompagné de son chien avec lequel il discute, le piéton de Bordeaux déambule au cœur de la ville. Ce piéton y vit, il est auteur de BD et s’appelle François Ayroles. Le chemin démarre gare Saint-Jean, au point kilométrique zéro, au niveau du quai n°2. Direction le quartier de Sainte-Croix, puis la Place Saint-Michel et son marché aux puces. Plus loin, à la célèbre Place de la Victoire, à côté de la Porte d’Aquitaine, une colonne honore le vin et les vignobles. On apprend qu’elle devait être accompagnée d’une statue de vigneron à son pied, mais de peur qu’il ne soit vandalisé, elle a été remplacée par des tortues. Moment d’Histoire avec la maison où habita Etienne de la Boétie, ami d’un des plus célèbres bordelais en la personne de Michel de Montaigne.

    © Ayroles – Glénat

    Entre monuments historiques et constructions contemporaines, François Ayroles arpente les rues. Le palais des sports est une intrusion choc de la modernité au cœur de la ville. Dans des rues voisine à la célèbre rue piétonne Sainte-Catherine longue de ses 1250 mètres de magasins en tous genres, des petites boutiques semblent avoir survécu au temps qui passe. Les ruelles les plus petites alternent avec les lieux les plus emblématiques. On passe devant le palais Rohan, qui abrite la Mairie, la cathédrale Saint-André, la tour Pey-Berland, le Grand Théâtre. On remonte le temps jusqu’au Colisée, restes d’un amphithéâtre datant du deuxième siècle. Ça contraste avec les terrasses de Mériadeck qui vieillissent mal. On se balade entre autres Place des Quiconces, aux bassins à flots et au jardin public où une séance de l’emblématique Guignol Guérin nous attend. Un petit tour sur l’autre rive de la Garonne et on revient par le pont de Pierre. Voilà, la promenade est terminée.

    © Ayroles – Glénat

    Sur le même principe, Didier Tronchet nous fait visiter sa ville d’adoption : Lyon. Envoûté par la cité, le dessinateur voit en elle un tableau de maître, avec ses tensions et ses équilibres subtils. Dans sa propre préface, Tronchet définit la magie de Lyon comme un glissement permanent et vertigineux de l’Antiquité au Moyen Âge, de la Renaissance au XXIème siècle triomphant. Alors, à ses côtés, parcourons ses rues en changeant d’univers de l’une à l’autre dans huit itinéraires. Comme Ayroles à Bordeaux, Tronchet fait la promenade avec son chien. L’aventure, car une visite de la ville est une aventure, peut commencer. Comme Ayroles à Bordeaux, Tronchet démarre à Saint-Jean, sauf qu’à Lyon, ce n’est pas une gare mais une Cathédrale âgée de six siècles. Puis, c’est la montée de la colline de Fourvière par la rue Mourguet, du nom du créateur de Guignol. Décidément, encore un point commun entre Lyon et Bordeaux où les spectacles historiques de la marionnette enchantent les enfants. Arrivé au sommet, l’auteur admire la ville qu’il surplombe.

    © Tronchet – Glénat

    Tronchet suit les berges du Rhône pour se rendre à la Cité internationale en passant par le parc de la Tête d’Or et sa légende sur une statue de Christ ramenée par les Croisés. En suivant l’ancien trajet du funiculaire, on monte et on descend de nombreux escaliers, on passe devant une fausse Tour Eiffel érigée pour l’exposition universelle de 1894 comme un pôle républicain et moderne face à la religion. Outre le Rhône, la Saône traverse Lyon. C’est sur elle que se trouve l’Île Barbe où sont dissimulées des lanternes scintillantes en écho aux contes païens et chrétiens. Tronchet traverse les étroites ruelles que sont les traboules et escalade la colline de la Croix-Rousse. Il remonte le temps pour une échappée gallo-romaine jusqu’au théâtre antique, avant de se tourner vers l’avenir avec le futuriste musée des Confluences, que l’auteur ne goûte guère. Entre chaque balade, Tronchet se livre en montrant ce qu’il aime.

    © Tronchet – Glénat

    De lieux connus en coins secrets, la toute nouvelle collection Le piéton des éditions Glénat renouvelle le concept du guide touristique. Plus besoin de passer par un office de tourisme pour visiter le Port de la Lune ou la Ville des Lumières. Munissez-vous de ces piétons et le programme est tout fait. Il n’y a plus qu’à marcher en tournant les pages.



    Série : Le piéton

    Tomes : Le piéton de Bordeaux / Le piéton de Lyon

    Genre : Visites touristiques

    Scénario, Dessins & couleurs : François Ayroles / Didier Tronchet

    Éditeur : Glénat

    ISBN : 9782344071-601/-113

    Nombre de pages : 152 / 136

    Prix : 20 €


  • Red 3 – Le secret d’Atouvent
    par Laurent Lafourcade

    Secrets de famille

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    « -Une sauveteuse trouve mon médaillon sur la plage et me le renvoie avec un morceau de tissu de mon doudou dedans. Doudou que j’ai perdu quand j’étais bébé !

    -Tu as raison. C’est trop bizarre…

    -En plus, cette Régine habite à Atouvent, l’île où ma mère vivait quand elle était petite ! »

    Convaincu d’avoir reçu un signal de sa mère avec un morceau de tissu du doudou de quand il était bébé, le petit prince Reginald-Edouard, alias Red, se rend avec Dina sur l’île d’Atouvent, d’où elle était originaire. L’île où il fait bon vivre ne ressemble plus du tout à ce que ses parents ont connu. Celle qui s’appelle Régine mais qui serait en fait la princesse Eden est absente mais un voisin leur fait visiter sa maison, trouvant que Red ressemble fort à la propriétaire des lieux. Sur le buffet, une photo de bébé ne lui laisse aucun doute : c’est lui quand il était petit. Pendant ce temps, en Pilanésie, Barnum, le garde du corps de Red qui ignore que l’enfant est en escapade, apprend qu’il n’est pas à l’école.

    © Dalena, Falzar, Ferrari – La Gouttière

    De retour à Pilaville, Barnum sermonne Red pour les risques qu’il a pris. Le petit prince n’en a que faire. Il veut retourner à Terrelande demander à son père ce qu’il sait sur l’affaire. Barnum l’en dissuade. Le lendemain, pour avoir séché les cours, le directeur demande à Red et Dina une rédaction sur le thème du mensonge et, pire, les prive de participer au match de basket inter-écoles. Ils vont cependant y assister et tout ne va pas se passer comme prévu. Qui gagnera la partie ? C’est bien dérisoire par rapport au fait de savoir si Red retrouvera enfin sa mère.

    © Dalena, Falzar, Ferrari – La Gouttière

    En trois tomes, les aventures de Red forment une histoire complète émouvante sur la recherche de ses origines. Ce n’est pas parce qu’on est né avec une cuillère d’argent dans la bouche qu’on a tout pour être heureux. Rien ne remplace une maman, un papa non plus d’ailleurs. Red a grandi avec un manque affectif et une femme a vieilli avec un manque de maternité. Voilà l’argument de la série de Falzar et Dalena. Annalisa Ferrari colorise cette quête dans des tons tièdes violacés, invitant au voyage dans ces pays imaginaires. Plus bavard que les précédents, explications finales obligent, cet épisode clôture ce conte avec émotion, émotion pour les personnages, mais aussi émotion des lecteurs pour les quitter déjà, trop tôt…

    © Dalena, Falzar, Ferrari – La Gouttière

    Red est une belle série familiale, une histoire à partager entre parents et enfants pour montrer l’importance qu’ont les uns pour les autres. Fédérateur.


    Série : Red

    Tome : 3 – Le secret d’Atouvent

    Genre : Aventure

    Scénario : Falzar

    Dessins : Antonello Dalena

    Couleurs : Annalisa Ferrari

    Éditeur : La Gouttière

    ISBN : 9782357961524

    Nombre de pages : 32

    Prix : 11,70 € 


  • La légende des Stryges – Les eaux du chaos 2/2
    par Laurent Lafourcade

    Bain noir

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    « -Laissez-moi vous montrer quelque chose… Lorsque j’ai hérité de cette demeure, j’ai hérité en même temps de la fabuleuse bibliothèque qu’elle abrite… Et j’ai découvert ceci. Le grimoire de Venoncius. Ce livre est une véritable bible pour tout ce qui touche à l’histoire des Stryges… Il décrit précisément la nature de l’emprise de ces démons sur les hommes…

    -Les Stryges ? A part l’immonde gargouille perchée sur la cathédrale Notre-Dame, je n’ai jamais entendu parler de ces créatures ! »

    Bavière 1869. Quelques mois après avoir découvert en Egypte un corps géant momifié avec ses organes à l’intérieur, les archéologues Bernat et Sardin sont dans un train pour aller rencontrer Kaspar Von Harbow. L’aristocrate munichois est adepte de démonolâtrie. Il possède l’une des bibliothèques occultes les mieux fournies d’Europe. En outre, il est un farouche opposant à la dissolution du royaume de Bavière dans le futur empire allemand qui se profile. Sardin ne comprend pas bien pourquoi Bernat mêle l’ésotérisme à ses recherches scientifiques. Pour ce dernier, une porte a été ouverte vers des savoirs interdits et ils ont besoin d’un guide.

    © Bègue, Corbeyran, Fabbro – Delcourt

    Von Harbow est convaincu que toutes les divinités de tous les panthéons et de toutes les civilisations du monde ont existé un jour et côtoyé les hommes. Il montre à ses hôtes qui viennent de débarquer le grimoire de Venoncius, une véritable bible pour tout ce qui touche à l’histoire des Stryges. Bernat et Sardin pourront le consulter, mais il ne doit pas sortir de la bibliothèque. Son étude leur révèlera sans doute la nature du mystérieux liquide noir dans lequel baignait la momie qu’ils ont rapatriée. Quelques jours plus tard, à Potsdam, Sandor Weltman a rendez-vous au palais afin de négocier des fonds pour créer un laboratoire permettant de produire la substance à grande échelle. Si la matière se mêle à la guerre, la face du monde pourrait en être changée.

    © Bègue, Corbeyran, Fabbro – Delcourt

    Fin du diptyque des Eaux du chaos marquant le retour des Stryges, cet album est loin d’être une fin en soi. Nul doute que la machine est relancée. Corbeyran est remonté loin dans la mythologie qu’il a créée. Le scénariste repousse les origines des Stryges. Leurs apparitions au Moyen-âge du Clan des chimères et du Siècle des ombres n’étaient pas leurs premières immersions dans le monde des hommes. La légende des Stryges montre qu’en Egypte antique elles jouaient déjà un rôle. Au fil des cycles et des séries, on découvre que, plus qu’une série fantastique, l’univers des Stryges est une histoire de politique. Jusqu’à quel point nos dirigeants nous mentent-ils ? Corbeyran nous renvoie la question. Avec quelles forces occultes se sont-ils acoquinés pour nous manipuler ? Le scénariste pousse le curseur aux confins de l’imaginaire pour nous faire comprendre la problématique.

    Nicolas Bègue prouve qu’il est le meilleur successeur possible de Richard Guérineau. Sera-t-il le dessinateur de la prochaine Légende ? Ce serait décevant que ce ne soit pas le cas. La coloriste Lucie Fabbro est également parfaite quand il s’agit de dépayser ou d’effrayer avec des tons ombrés.

    Pour couronner le tout, un cahier graphique réservé à la première édition est composé de huit illustrations d’auteurs présentant leur vision des Stryges, de Ledroit à Bec en passant par Dellac et Chabbert.

    © Bègue, Corbeyran, Fabbro – Delcourt

    Pour tous ceux qui ont pris une claque avec Ombres, un album format classique sorti en 1997, et qui s’annonçait comme le tome 1 d’un « simple » polar fantastique aux relents de comics à l’américaine, La légende des Stryges les mettra dans le même état d’émotion. Quant aux nouveaux lecteurs, ils découvriront la sensation. Après Contact and Inducement, le Grimoire de Venoncius est le nouveau bouquin à dénicher.


    Série : La légende des Stryges

    Tome : Les eaux du chaos 2/2

    Genre : Fantastique

    Scénario : Corbeyran

    Dessins : Nicolas Bègue

    Couleurs : Lucie Fabbro

    Couverture : Richard Guérineau

    Éditeur : Delcourt

    ISBN : 9782413082279

    Nombre de pages : 56

    Prix : 15,50 €


  • Miaou ! / Ouaf !
    par Laurent Lafourcade

    En compagnie des animaux

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    Une journée de classe en ville, une journée de vacances à la campagne. Deux chats, un chien. Entre miaulements et aboiements, Miaou ! et Ouaf ! réveillent la lecture.

                    Deux chats sont lovés l’un contre l’autre sur le lit de leur maîtresse. L’un est noir, l’autre blanc. Des Mious et des Romroms tentent de réveiller la fille endormie. On baille, on s’étire. Il est l’heure d’aller nourrir les fauves. Chacun a sa gamelle mais c’est toujours meilleur dans celle du voisin. Après le petit déj’ pour tout le monde, direction salle de bains. Les gouttes échappées de la douche sur le carrelage sont les meilleures à laper. Une fois prête, cartable au dos, la Miss part à l’école. Les chats, eux, vont en profiter pour vivre leurs vies. Une mouche à chasser, un toit à escalader, un chien à narguer : on ne va pas s’ennuyer.

    © Estrela – Eidola

                    Un jour de vacances, tout le monde en voiture pour un séjour à la campagne, chats compris. On va y retrouver un chien. Le coffre qui claque alerte l’animal. Il vient accueillir les arrivants avec des aboiements tonitruants, effrayant la volaille de la ferme. Si le chien fait la fête aux humains, il n’apprécie guère qu’ils soient venus avec leurs félins. A la campagne, il y a toujours un truc à faire : s’occuper du potager, de la basse-cour. Heureusement qu’il reste un peu de temps pour jouer à la baballe.

    © Estrela – Eidola

                    Miaou ! et Ouaf !, c’est ville versus campagne, c’est bleu versus vert, c’est chat versus chien. Dans un trait épais, rond, enfantin et des couleurs uniformes, Joana Estrela propose deux petits albums sans textes dont les jeunes lecteurs peuvent s’emparer pour se raconter les histoires en autonomie. Dans l’introduction, l’autrice se met en scène et invite les enfants à choisir les noms des chats et du chien avant de commencer à tourner les pages.

    © Estrela – Eidola

                    Sur le site des éditions Eidola, une fiche pédagogique sur Miaou ! est à disposition des enseignants de la Moyenne Section au CP. Elle propose quatre séances : découvrir et raconter l’histoire, observer et comprendre les comportements, un jeu de cubes et fabriquer sa propre bande dessinée.

    © Estrela – Eidola

                    Il n’y a pas d’âge pour commencer à appréhender le medium BD. Avec leurs personnages fédérateurs et un trait universel, Miaou ! et Ouaf ! sont deux portes d’entrée efficaces.



    Titres : Miaou ! / Ouaf !

    Genre : Animaux

    Scénario, Dessins & Tons : Joana Estrela

    Éditeur : Eidola

    ISBN : 97910900935-46/-77

    Nombre de pages : 56

    Prix : 14 €


  • Kagurabachi 8 – Aurore
    par Laurent Lafourcade

    La fille de son père

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    « -Cette personne… Qui est-ce par rapport à moi ? Ce Seiichi Samura-là…

    -C’est ton père. »

    Chihiro Rokuhira apprend à Iori qu’elle est la fille de Samura. Alors que son père, qui pense que les manieurs de sabres ensorcelés sont à éliminer, croyait que ses souvenirs étaient scellés, le sceau qui les dissimulait s’affaiblit. Grâce à Chihiro, elle va à présent remonter à l’origine de la guerre Seitei, il y a 22 ans, lorsqu’apparu en pleine mer du Sud-Est un « petit pays ». C’est de là qu’est originaire le Datenseki, matériau de base des sabres ensorcelés. Les habitants de cette île pouvaient utiliser le Datenseki à leur convenance. Ce fût au début de l’invasion que Kunishige Rokuhira, le père assassiné de Chihiro, réussit à vaincre l’ennemi grâce aux sabres ensorcelés qu’il forgea. Samura était le sabreur le plus rapide. C’est pour éviter que sa fille ne puisse être un otage de l’ennemi qu’il avait fait sceller sa mémoire. Elle voudrait à présent le retrouver, mais s’il s’est battu pour le peuple, il est aussi un meurtrier.

    Kagurabachi © 2023 by Takeru Hokazono 
    First published in Japan in 2023 by SHUEISHA Inc., Tokyo
    © Kana 2026

    Pendant qu’Iori s’endort, au 34ème étage de l’hôtel Massacre à Kyoto, sur le toît, Chihiro se prépare à une nuit blanche. Il est interdit de pratiquer la sorcellerie à l’intérieur de l’établissement rempli de mafieux où l’atmosphère est tendue. Au rez-de-chaussée, Hiruhiko cherche à savoir si Iori est dans les lieux. Il compte bien faire cracher aux employés ce qu’ils savent. Ça ne va pas être simple : ils ont tous été initiés aux techniques de l’école du sabre unique Reigen Ittô-Ryû. L’hôtel Massacre risque plus que jamais de bien porter son nom.

    Kagurabachi © 2023 by Takeru Hokazono 
    First published in Japan in 2023 by SHUEISHA Inc., Tokyo
    © Kana 2026

    Toutes les vérités sont-elles bonnes à dire ? Ou plus précisément, a-t-on toujours intérêt à tout savoir de son passé ? N’est-ce pas parfois nous protéger de certaines douleurs que de nous le cacher ? C’est la question que pose le mangaka Takeru Hokazono par le truchement du personnage de Iori. D’une part, le poids des actes de ses ancêtres peut être lourd à porter. Par ailleurs, ignorer, c’est aussi éviter, dans le cas de Iori, de se mettre en péril. A partir du moment où elle va apprendre ou ré-apprendre qui est son père, elle devient un danger pour elle-même. Hokazono développe encore plus les chorégraphies de combats au sabre avec notamment une scène vue par le judas d’une porte offrant un point de vue inhabituel.

    Kagurabachi © 2023 by Takeru Hokazono 
    First published in Japan in 2023 by SHUEISHA Inc., Tokyo
    © Kana 2026

    « Les sabres sont faits pour ceux qui désirent éradiquer le mal et protéger les plus faibles. » Cette sentence en quatrième de couverture est bien trop simple pour résumer l’univers de Kagurabachi. Pour savoir à quoi va servir un sabre, encore faut-il savoir dans quel clan se situe celui qui le brandit.


    Série : Kagurabachi

    Tome : 8 – Aurore

    Genre : Aventure fantastique

    Scénario & Dessins : Takeru Hokazono

    Éditeur : Kana 

    ISBN : 9782505140597

    Nombre de pages : 192

    Prix : 7,30 €


  • La légende de Bonnie & Clyde 1 – Selon Blanche Barrow
    par Laurent Lafourcade

    Une belle-sœur, une vérité

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    « -Cette charmante Blanche Barrow ! Tout se passe bien ici ? On n’a entendu que du bon à votre sujet ! Votre comportement est exemplaire entre ces murs… Frank et moi tenions à vous féliciter, une remise de peine sera peut-être envisageable ?

    -Cessez de tourner autour du pot, M. Maney Gault ! Quoi que vous me demandiez, je n’dirai rien !

    -Le gang Barrow continue encore et toujours à sévir, des innocents meurent chaque jour qui passe, je vous connais Blanche, ça ne peut pas vous laisser indifférente ! Vous n’êtes pas une tueuse ! Désolé de vous rappeler des souvenirs douloureux mais l’enquête piétine et nous aurions besoin de vos lumières ! »

                    Hiver 1934, dans une prison du Missouri, Blanche Barrow est appelée pour répondre à un interrogatoire de deux policiers. Le gang Barrow, dont elle faisait partie avant d’être arrêtée, continue à sévir. L’enquête piétine. Les flics ont besoin de ses lumières. C’est l’occasion pour elle de remonter aux sources de ce qui l’a amené à fréquenter la bande, son mariage avec Buck, le frère de Clyde Barrow. La grande dépression de 29 ne lui avait pas laissé le choix. C’était la misère ou les ordres. Alors, lorsqu’elle croisa la route de Buck, ce fut la chance de sa vie d’échapper à un destin morose. C’était sans compter sur l’emprise de Clyde sur son frère. Les journaux ont raconté un tissu de mensonges sur Bonnie & Clyde. La vérité est tout autre. Blanche s’apprête à livrer la sienne.

    © Vieillard – Editions du Tiroir

                    Un an auparavant, en 1933, Buck présente Blanche au gang Barrow. La jeune femme prend conscience que son mari, fraichement sorti de prison, n’a pas l’intention de rentrer dans le droit chemin. Il tient cependant à la rassurer. Ces armes, c’est pour de la simple self-défense, et rien d’autre. Pour Bonnie, le nouveau couple a des états d’âme incompatibles au mode de vie du groupe. Dans la soirée, un assaut de la police va mettre tout le monde dans le même panier. En fuite avec le gang Barrow, la vie de Blanche bascule dans l’illégalité et la violence. Braquages de banques et de commerces, n’hésitant pas à tuer, le groupe est en cavale, ne restant jamais plus de deux jours au même endroit. Blanche se trouve au cœur d’une série de hold-ups dans un road trip mortel à travers l’Amérique.

    © Vieillard – Editions du Tiroir

                    La légende de Bonnie & Clyde selon Blanche Barrow est le premier tome d’une trilogie dont chaque épisode proposera le point de vue sur le couple de truands par une personne différente. La belle-sœur inaugure la collection, suivront Henry Methvin, un membre du gang, puis Frank Hammer, le flic à l’origine de la traque. Benoît Vieillard propose ainsi trois vérités dans une esthétique superbe. Chaque séquence est dans un ton de couleurs qui lui est spécifique. La carte de la cavale scande les événements. Le graphisme semi-réaliste permet d’accentuer le côté caricatural de personnages bien réels tout en permettant de supporter la violence, si tant est que ce soit possible. Dans un cahier complémentaire, l’auteur expose son plan de travail et propose un début et une fin alternative qu’il avait imaginées.

    © Vieillard – Editions du Tiroir

                    Ne prétendant pas décrire la vérité, mais trois vérités au sein d’une pure fiction, la trilogie La légende de Bonnie & Clyde commence fort, tant au niveau scénaristique que visuel. A son terme, elle pourrait bien être l’événement éditorial du catalogue des Editions du Tiroir.


    Série : La légende de Bonnie & Clyde

    Tome : 1 – Selon Blanche Barrow

    Genre : Polar historique

    Scénario, Dessins & Couleurs : Benoît Vieillard

    Éditeur : Editions du Tiroir

    ISBN : 9782931251362

    Nombre de pages : 64

    Prix : 19,50 €


  • Starlight 1
    par Laurent Lafourcade

    Cyrius téléphone maison

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    « -Une navette, dans notre atmosphère, et pile au-dessus de nous ! Le jour où je teste mon commu… mon analyseur de vents. C’est un signe du destin ! Alors… On dirait un modèle a-r-long… Il doit utiliser une fréquence basique…. Mais au cas où… Je règle tout à fond !

    -Cyrius ! Pitié, non ! Pauvre fou, qu’est-ce que tu as fait ?!

    -Je leur ai souhaité la bienvenue. Y a pas d’mal à être un peu poli. Du coup, on deviendra potes et je repartirai avec… eux ? »

                    Existe-t-il un moyen de régner en maître sur l’univers ? Le pouvoir, l’argent et les conquêtes ne sont que des outils. Ce qui importe, c’est la force immuable qui permet de les contrôler : la connaissance ! Au fin fond de l’univers, sur la planète Lehnnon, vivent les paisibles Tibbles. Ces êtres rocailleux ont vu leur quiétude bouleversée par la machine de Cyrius Castor Lux, un jeune inventeur terrien de 15 ans. Cyrius n’aspire qu’à une chose : rentrer chez lui. Les Tibbles n’aspirent qu’à une chose : préserver leur tranquillité. Si l’un cherche à envoyer des signaux de contact pour qu’on vienne le chercher, les autres déplorent les catastrophes que provoquent ses inventions.

    © Cardona, Torta – Dupuis

    C’est en testant son nouveau lecteur analytique neuronal gérant les ondes unilatérales et stimulus typiquement éoliens, autrement dit le l.a.ng.o.u.s.t.e. que Cyrius va toucher un vaisseau spatial en approche qui s’écrase sur la planète. Alors que les Tibbles craignent que l’événement ne déclenche une nouvelle guerre, le terrien est tout excité. Près de l’appareil échoué, il fait la rencontre de Valentine Chantilly, une alien enlevée par des pirates de l’espace qui commandaient l’appareil. Ils voulaient l’échanger contre une rançon. Les affreux mis hors d’état de nuire, Cyrius compte bien présenter sa nouvelle amie aux Tibbles, dans leur village d’Abby Rocks.

    © Cardona, Torta – Dupuis

    Elevé avec Ulysse 31, Les mystérieuses cités d’or et One Piece, Philippe Cardona a créé les personnages de Cyrius et Valentine alors qu’il n’était encore qu’au collège. Bien sûr, leurs caractères et caractéristiques ont évolué. Celui qui était un chevalier de l’espace est devenu un héros à la recherche de ses origines, quête qui a fait le succès de nombreuses fictions. Avec Valentine, il lui colle une alter ego qui va contrebalancer son caractère impulsif. Planète Lehnnon, Tibbles, Abby Rocks, autrement dit, John Lennon, les Beattles, Abbey Road, Cardona est fan du groupe britannique et ça se voit dans ces nombreux clins d’œil. Il n’aurait plus manqué que Valentine s’appelle Lucy et elle aurait été dans le ciel avec des diamants. Aux couleurs, Florence Torta assure le changement de planète. C’est vraiment dépaysant tout en restant cohérent.

    © Cardona, Torta – Dupuis

    De la SF jeunesse aux influences mangas, des références pour les parents, de l’action, de l’humour, bref, Starlight a tout pour débuter une carrière populaire. Gamins, il n’y a pas que les mangas dans la vie, lisez Starlight, vous allez tout autant aimer.


    Série : Starlight

    Tome : 1

    Genre : Science-fiction

    Scénario & Dessins : Philippe Cardona

    Couleurs : Florence Torta

    Éditeur : Dupuis

    ISBN : 9782808515351

    Nombre de pages : 128

    Prix : 15,50 €


  • The strange house 3
    par Laurent Lafourcade

    L’autel de la mort

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    « -Votre cousin ?

    -Oui… Il est mort dans la maison de mes grands-parents paternels.

    -Est-ce qu’il a été tué ?

    -Non, c’était un accident. Ou, du moins, c’est ce qu’on dit. »

    A Tokyo et à Saitama, deux maisons, deux mystères. Ce n’était pas assez pour occuper Yanaoka, auteur web spécialisé dans l’horreur et les phénomènes paranormaux. S’appuyant sur l’expertise et les hypothèses de Kurihara, architecte et amateur de romans policiers, il cherche à percer le secret de l’architecture de maisons dans lesquelles des crimes se seraient produits. Yanaoka vient de rencontrer Yuzuki Miyae, sœur de la femme qui habitait la maison de Tokyo. Rapidement, la conversation rebondit sur une autre maison, celle de ses grands-parents paternels, une vieille bâtisse isolée construite sur un terrain dégagé à flanc de montagne, dans laquelle la famille se rendait tous les ans pendant les vacances d’été.

    © 2024 Uketsu, Kyo Ayano. All rights reserved 
    First published in Japan in 2024 by Ichijinsha Inc., Tokyo
    © Kana 2026

    Dans cette grande maison lugubre, un couloir sans fin desservait des pièces à droite et à gauche. Il se terminait par un grand autel bouddhique. C’est au pied de celui-ci qu’au mois d’août 2006 le cousin de Yuzuki a été retrouvé mort. Yoichi serait décédé accidentellement en tentant de monter sur l’autel. Yuzuki amène Yanaoka sur place. Les grands-parents sont absents. De retour chez Kurihara, après avoir visité la maison et analysé les plans, les enquêteurs se rendent compte que le décès de l’enfant ne serait pas si accidentel que cela. Encore une maison qui cache probablement quelque chose.

    © 2024 Uketsu, Kyo Ayano. All rights reserved 
    First published in Japan in 2024 by Ichijinsha Inc., Tokyo
    © Kana 2026

    Comment fait donc Uketsu pour nous garder en haleine ? Alors que les précédents ne sont pas encore résolus, voici un troisième mystère mis en place. La série est complètement addictive. Le scénariste se renouvèle. Il chope le lecteur. Il l’empêche de refermer le livre avant la fin. C’est incroyablement fascinant. Trois personnages, un décor, rien que ça et on est scotché. Aux dessins, le mangaka Kyo Ayano joue encore plus avec les noirs dans cette maison sombre, restes d’une plus grande bâtisse, dans un environnement angoissant. Ça ne donne pas envie d’avoir un grand couloir chez soi. Il ne manquerait plus que des petites filles à vélo. Et pourtant, pas de fantastique, on reste dans tout ce qu’il y a de plus rationnel.

    © 2024 Uketsu, Kyo Ayano. All rights reserved 
    First published in Japan in 2024 by Ichijinsha Inc., Tokyo
    © Kana 2026

    The strange house pose les bases d’une narration nouvelle. Gōshō Aoyama et Agatha Christie ont trouvé en la personne d’Uketsu un nouveau maître du mystère qui pourrait bien, non pas leur faire de l’ombre, mais les rejoindre dans la maîtrise de leur art.


    Série : The strange house

    Tome : 3

    Genre : Thriller

    Scénario : Uketsu

    Dessins : Kyo Ayano

    Éditeur : Kana 

    ISBN : 9782505143567

    Nombre de pages : 174

    Prix : 7,90 €


  • Graine de vaurien
    par Laurent Lafourcade

    Destination finale

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    « -Bon… Tout le monde en place. On va tendre une embuscade au shérif Nine et ses hommes.

    -Tous à vos postes !

    -Qu… Quoi ?! Ne… Ne… Ne me laissez pas !

    -Hank ! Sur le surplomb, Ice, dans les fourrés. Bulle ! Derrière ce rocher !

    -N… Non ! J… J… J’veux pas ! J’a… J’a… J’arrête de jouer !

    -Mais de quoi t’as peur, Jonas ? On va te libérer après, c’est juste un jeu. Y a même pas de trains aujourd’hui.

    -J’m’en fiche ! J’veux plus jouer ! Je… Je… Je vais le dire à maman.

    -Les gars ! J’échange de rôle avec Jonas. C’est moi le fils du Maire, maintenant. »

    Attaché à des rails de chemin de fer par ses camarades de jeu, Jonas est mort de frousse. Pas de quoi avoir peur, on est jeudi, et le jeudi, il n’y a pas de train. Quand bien même, son frère Bulle propose de prendre sa place. C’est un jeu de rôles. Bulle est donc le fils du Maire pris en otage. Le shérif Nine et ses hommes sont disposés en triangle. Hank est sur le surplomb, Ice derrière le buisson et Fifty donne les ordres. Jonas, vexé, rentre chez lui. Hank, tenaillé par la faim, est parti chaparder une pomme en ville. Les autres, venant d’apprendre qu’il y allait avoir une exécution en ville, filent y assister, laissant Bulle ligoté. Pour que plus de monde puisse venir s’amuser à la pendaison de Warlock, Monsieur le Maire a fait affréter un train spécial. Mais ?… Nous sommes jeudi… Et normalement il n’y a pas de train le jeudi…

    © Toussaint, Prickly – Bamboo

    On imagine le drame inéluctable. La sentence de Warlock est suspendue car un gosse est mort. Terrassés par la culpabilité et craignant d’être considérés comme responsables, les enfants échafaudent un plan machiavélique. Une lettre signée du clan Warlock aurait été retrouvée trop tard, menaçant de tuer le fils du chef de gare si le hors-la-loi n’était pas libéré. La famille est ainsi pointée du doigt. La justice des hommes n’attend pas celle de la loi pour se venger. Entretemps, celui qui devait être pendu en a profité pour s’évader. Quelques années plus tard, un corps ligoté d’enfant est retrouvé sur les rails, puis d’autres, au même endroit. John Warlock serait-il de retour pour se venger ?

    © Toussaint, Prickly – Bamboo

    Tout commence comme un jeu… Tout se poursuit comme un drame. Après Mort Blanche, Kid Toussaint signe une nouvelle histoire sombre chez Grand Angle. Qu’est-ce qui est le plus tragique ? Le destin d’un sniper condamné à abattre l’ennemi ou celui d’enfants qui devront faire leurs vies d’adultes avec la responsabilité de la mort de l’un des leurs sur la conscience ? On ne compare pas les morts. Il n’y a pas d’échelle, il n’y a pas d’excusabilité. Coupables, Fifty et ses compagnons le sont. Devenus adultes, ils ne peuvent effacer le passé. Ils sont dans une « Destination finale ». On comprendra même pourquoi le titre est au singulier et non pas au pluriel. Ça a toute son importance. Le scénariste bâtit le scénario parfait, montant crescendo jusqu’à un final… historique.

    Loin d’Animal Jack et de Mortelle Adèle dont elle a dessiné les premiers albums, Miss Prickly change de public et dramatise son trait, ne faisant aucune concession à la rudesse de l’Ouest américain en ce temps-là. Si graphiquement on peut ranger un album comme celui-ci à côté de ceux d’Alain Henriet, et en particulier La vallée des oubliées paru au Lombard, Miss Prickly se distingue avec ses cases en ombres chinoises qui cassent la structure de la planche en mettant une action en valeur. Elle utilise le procédé sans en abuser, donnant une tension inédite aux événements.

    © Toussaint, Prickly – Bamboo

    Histoire de secret, histoire de culpabilité, histoire de vengeance, Graine de vaurien est un western qui invite à se questionner sur la conséquence de ses actes. Toutes les vérités ne sont pas bonnes à cacher.


    Titre : Graine de vaurien

    Genre : Western

    Scénario : Kid Toussaint

    Dessin & couleurs : Miss Prickly

    Éditeur : Bamboo

    Collection : Grand Angle

    ISBN : 9791041115884

    Pages : 128

    Prix : 19,90 €


  • Sophia Stromboli 2 – Knock-out !
    par Laurent Lafourcade

    Chantage sur le ring

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    « -Allo ?

    -Ecoute-moi, tocard ! Si tu veux revoir ta petite Julia vivante, tu as intérêt à te coucher, samedi, compris ?…

    -Ne vous avisez pas de toucher à un seul de ses…

    -Boucle-là ! Contente-toi de faire ce que je dis, et tout ira bien… Mais essaye de nous la faire à l’envers ou de prévenir les flics et on te renverra ta princesse en brochettes saté ! »

    Sur le ring de boxe, Enzo Bambini vient de terrasser son adversaire. Le poulain de Don Pecorino est en pleine forme. Mais en rentrant dans sa chambre d’hôtel le soir même, c’est une drôle de surprise qui l’attend. Tout a été retourné et sa chère Julia a disparu. Il apprend rapidement par un coup de fil anonyme que s’il veut la revoir vivante il lui faudra perdre son prochain match. Dépêché sur les lieux, la Capitaine Sophia Stromboli constate les faits. Mais que fait donc Lino sur place ? Ce margoulin lui explique que c’est le boxeur lui-même qui a pété un câble et que c’est le mobilier qui a trinqué. La policière n’est pas dupe. Si l’hôtel a accepté un chèque pour préserver sa réputation, Sophia compte bien éclaircir la situation.

    © Van De Walle, Walthéry, Taymans, Taymans – Editions du Tiroir

    Pendant ce temps, sa copine la journaliste Sandra Ricci rencontre un indicateur qui lui dit ce qu’il sait sur l’affaire. Déguisée en soubrette, elle s’introduit dans le Palazzio pour fouiller la chambre de Bambini de fond en comble. Le lendemain, le scandale est à la une de son magazine Diva. Sandra en sait plus que Sophia sur ce qu’il s’est passé ce qui met un peu d’eau dans le gaz dans le couple. Sophia part interroger Don Pecorino pour savoir si le richissime mafieux y est pour quelque chose dans le chantage. Sandra, de son côté, va découvrir qu’ils sont tous en train de se fourvoyer.

    © Van De Walle, Walthéry, Taymans, Taymans – Editions du Tiroir

    Taymans père et fille écrivent un scénario policier drôle et inattendu. On se fait tous prendre dans un piège. L’idée est géniale. Sandra Ricci tire son épingle du jeu en volant un peu la vedette à Sophia. Si François Walthéry supervise l’album, c’est Nico Van De Walle qui est au dessin. L’auteur a ceci de particulier que les expressions de ces personnages sont impeccables. Il les anime comme des Muppets, avec une exagération vraiment marrante quand il le faut. Il se fond dans le « Walthéry Style » en gardant son ADN. Comme quoi, c’est possible. Van De Walle modernise le classique. Il y a à voir dans tous ses coins de cases et le dessinateur n’a pas peur des scènes de foule, comme ce match où l’on peut reconnaître dans le public son éditeur et ses copains auteurs des éditions du Tiroir.

    © Van De Walle, Walthéry, Taymans, Taymans – Editions du Tiroir

    Bienvenue en Sardaigne ! Avec les enquêtes de Sophia…et Sandra, on ne peut plus dire qu’on est dans du classique car le ton est vraiment nouveau. Ne changez rien à l’équipe de ce tome 2. En poursuivant sur cette voie, on tient là une série qui mérite d’être longue.



    Série : Sophia Stromboli

    Tome : 2 – Knock-out !

    Genre : Thriller

    Scénario : Johanna & André Taymans

    Dessins : Nico Van De Walle &François Walthéry

    Éditeur : Editions du Tiroir

    ISBN : 9782931251409

    Nombre de pages : 48

    Prix : 16 €


  • Les Foot furieux 30 – Let Derby Love !
    par Laurent Lafourcade

    Match retour !

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    « -M.Lataupe, vous n’êtes pas sans savoir que nous avons perdu le premier derby de l’année…. Mais un second aura lieu dans un mois et celui-là, nous devons le gagner à tout prix… Et par tous les moyens ! »

    Après la victoire de Ville-Haute sur Ville-Basse grâce au but de Baptiste, M. Fontaine l’a mis dehors pour être aller jouer pour l’ennemi. Victime collatérale de l’éviction, Lily pleure le départ de celui qu’elle aime. Devant le fait accompli, Baptiste fait de l’auto-stop direction Marseille afin d’aller à la rencontre d’une fille qui a retrouvé sa trace sur les réseaux sociaux. Dans la cité phocéenne, une équipe de football féminine est en plein entraînement. L’une d’entre elles, Camille, surclasse les autres. Camille, c’est la sœur jumelle de Baptiste. La vie les a séparés. Ils se retrouvent autour de leur passion du ballon rond. Pendant ce temps, à Ville-Basse, on prépare le match retour du Derby. La présence de Roberto suffira-t-elle pour décrocher la victoire ?

    © Bultreys, Gürsel, Manhaes – Kennes

    Après Let Derby Rock, Let Derby Love est la seconde partie de cette nouvelle vie de Foot furieux avec Daniel Bultreys au scénario. Gürcan Gürsel trouve avec lui un souffle nouveau après tant d’albums, les gags laissant place à un long récit. La transition se fait en douceur avec le séquençage des scènes, qu’il sera peut-être judicieux de laisser tomber pour la suite afin de ne pas créer de confusion chez le lecteur qui pourrait croire ouvrir le livre dans une page presque au hasard et lire une histoire courte. Non, il y a bien un début, un milieu et une fin.

    © Bultreys, Gürsel, Manhaes – Kennes

    Le diptyque tournant autour d’un transfert d’équipe inattendu, à l’heure du démarrage très prochain de la nouvelle coupe du monde, revenons sur quelques faits marquants dans l’Histoire du mercato. Souvenez-vous. Tel Baptiste « trahissant » Ville-Basse pour Ville-Haute, en 2000, El Pesetero Luis Figo quitte le FC Barcelone pour le club rival du Real Madrid. En 2009, Carlos Tevez quitte Manchester United pour l’autre bout de la ville en rejoignant Manchester City. En 2017, le PSG signe un chèque record de 222 millions pour débaucher Neymar. Quatre ans plus tard, c’est Messi qui quitte le Barça et ses problèmes financiers pour regagner Paris gratuitement. Dans le foot, tout est question de pognon, et quand il n’y en a pas, ou pas assez, il faut des filles pour séduire les joueurs. N’est-ce pas, Rose ?

    © Bultreys, Gürsel, Manhaes – Kennes

    Qui sortira vainqueur du grand derby Ville-Basse versus Ville-Haute ? Amateurs de foot et de love stories, vous le saurez à l’issu du match retour !


    Série : Les Foot furieux

    Tome : 30 – Let Derby Love !

    Genre : Aventure humoristique footballistique

    Scénario : Daniel Bultreys

    Dessins : Gürcan Gürsel

    Couleurs : Gürcan Gürsel & Manhaes

    Éditeur : Kennes

    ISBN : 9782931300510

    Nombre de pages : 48

    Prix : 11,95 €


  • Nini Cordy 1949
    par Laurent Lafourcade

    Partition pour une meneuse de revue

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    « -Vous dites avoir trouvé le corps en arrivant ici il y a à peine une heure ?!

    -Oui, inspecteur. Je suis Jean Omer, le directeur de ce cabaret, c’est moi qui vous ai appelé.

    -Et vous savez qui c’est ?

    -Bien sûr, c’est un trompettiste de mon orchestre Sergueï Drugayatserkov, un dissident russe.

    -Monsieur Omer a toujours aimé aider les gens en détresse. Déjà pendant la guerre, avec les juifs…

    -Z’êtes qui, vous ?

    -Nini Cordy, notre meneuse de revue. »

    Bruxelles 1949. Un homme court dans la nuit. Poursuivi, il se réfugie au cabaret Le bœuf sur le toit. Ce n’est pas par hasard. Il a juste le temps de laisser un message dans une partition à destination d’une certaine Nini avant d’être abattu par ses chasseurs. La victime, Sergueï, un trompettiste de l’établissement, dissident russe, a pu dissimuler la page arrachée du cahier mais l’empreinte de son écriture permet aux tueurs de comprendre que cette fameuse Nini va tout savoir. Un coup d’œil sur l’affiche leur permet de découvrir que Nini, c’est Nini Cordy, la meneuse de revue du cabaret où ils se trouvent. Le lendemain, la police arrive sur les lieux pour mener son enquête. Malgré le drame et le mystère, au cabaret, « The show must go on ! ».

    © Alvès, Swysen, Drac – Anspach

    A la faveur d’une gamelle comme elle le dit, Nini Cordy tombe, c’est le cas de le dire, sur le message de Sergueï. Au-dessus de la page de partition, ces mots : « Pour Nini Ne montrer à personne !! », juste au-dessus des notes de musique. Pourquoi cette partition ci et pas une autre ? Que cherchait à lui faire savoir le malheureux ? Voilà de quoi exciter la curiosité de l’artiste qui va rapidement devenir gênante pour les deux agents soviétiques qui ont assassiné le trompettiste. Nini habite encore chez ses parents. Entre sa vie de famille et son métier de chanteuse et danseuse de cabaret, la future grande star du Music-Hall mène l’enquête.

    © Alvès, Swysen, Drac – Anspach

    On connaît tous la carrière de la talentueuse Annie Cordy. Un cahier complémentaire revient sur ses débuts. Chanteuse, comédienne, un sourire incomparable, elle symbolisait la joie de vivre. En étroite collaboration avec sa nièce Michèle Lebon-Cooreman, le scénariste Bernard Swysen a la géniale idée de la transformer en héroïne de fiction, en Tintin en jupons. D’ailleurs, cet album ne serait-ce pas le meilleur album de Tintin depuis la mort de Hergé ? Trêve de plaisanterie, Nini Cordy 1949 entre dans la plus pure tradition de l’immortelle BD franco-belge. En pleine guerre froide, le récit mêle polar basé sur une anecdote historique, à savoir les engagements idéologiques du compositeur Dmitri Chostakovitch, et moments véridiques de la vie d’Annie Cordy. Héritier de l’école Martin, ayant déjà montré ses compétences sur cinq albums de Lefranc, le dessinateur Christophe Alvès prouve sa solidité. La maison dans laquelle Nini est retenue prisonnière ressemble énormément à celle du Professeur Bergamote dans Les 7 boules de cristal. Clin d’œil également aux Aventures de Rabbi Jacob lors d’un arrêt à la pompe. Aux couleurs, Drac accentue l’ambiance d’époque avec des tons tirant légèrement sur l’ocre.

    © Alvès, Swysen, Drac – Anspach

    Comédie de Gérard Oury, film d’espionnage de Jean-Pierre Melville, Nini Cordy 1949 est un hommage non seulement à une artiste populaire avec un P majuscule mais aussi à toute une culture du divertissement de l’après-guerre. On souhaite à Swysen et Alvès le même succès que Weber et Deville, et que, à l’instar de Kathleen, Nini Cordy devienne une héroïne de série.


    Titre : Nini Cordy 1949

    Genre : Polar

    Scénario : Bernard Swysen

    Dessins : Christophe Alvès

    Couleurs : Drac

    Éditeur : Anspach

    ISBN : 9782931105559

    Nombre de pages : 56

    Prix : 16,50 €


  • Boulevard Tintin – Tintin dans tous ses états
    par Laurent Lafourcade

    Le surenfant et son univers

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    « Je crois qu’il y a moyen à propos de Tintin d’aller plus loin qu’on ne l’a fait jusquà présent. (…) Quand une chose comme ça a du succès pendant si longtemps, c’est qu’il y a une raison. Laquelle ? » (Hergé)

    Jean-Marie Apostolidès a été l’un des premiers et des plus éminents hergéologues. Disparu en 2023, il a laissé des ouvrages d’étude qui ont fait date ainsi que de nombreux articles dans diverses revues consacrées à l’univers Tintin. Sous la houlette de Benoît Peeters qui signe la préface, c’est l’un de ses livres aujourd’hui épuisé et un large panel d’articles qui sont réunis dans cet ouvrage. Tintin dans tous ses états s’ouvre donc par la réédition de Tintin et le mythe du surenfant qui retrouve pour l’occasion le titre que lui avait donné originellement son auteur, à savoir Hergé et le mythe du surenfant, avant de découvrir en deuxième partie un ensemble de textes essentiellement issus des revues Doryphores et Les Amis de Hergé.

    © Aspotolidès – Les impressions nouvelles

    Tintin n’est pas un surhomme. Tintin est un surenfant, terme qu’il emprunte à Olivier Todd pour son côté débonnaire en culottes de golf. Jean-Marie Apostolidès le démontre. Il faut être costaud pour affronter la mafia américaine et les magnats de la drogue. Il ressoude entre deux générations une confiance brisée en 1918 qui a vu la jeunesse sacrifiée sur le front. Juste après la Première Guerre Mondiale, Hergé crée un personnage d’actualité et invente la plupart des codes d’un art encore nouveau, celui de la bande dessinée. Au fil du temps, Tintin et ses partenaires de jeu ne vieillissent pas alors que le monde évolue. Le héros partage son éternité. Apostolidès nous entraîne dans les méandres du monde de Hergé, non seulement chez Tintin, mais aussi chez Jo et Zette. Ni famille, ni temps qui passe, en résumé, le mythe du surenfant, c’est cela. Le secret de la Licorne sera le seul épisode où il est question de passé. Jo et Zette, eux, ont une famille. Les aspects refoulés dans Tintin se trouvent là. Apostolidès en fait l’analyse avant de montrer comment les aventures de Tintin sont passées d’histoires manichéennes à d’autres plus complexes. De Rouletabille à Harry Potter, des influences aux successeurs, le surenfant a eu des prédécesseurs tout autant qu’il a fait des émules. Réussira-t-il à prendre le virage du siècle ?

    © Aspotolidès – Les impressions nouvelles

    La seconde partie du livre est donc consacrée à des articles rédigés par Jean-Marie Apostolidès. Le premier s’attarde sur Hergé lecteur qui, enfant, a lu Roi et Paysan d’Emile Moreau et surtout le célèbre Sans famille d’Hector Malot, l’histoire de Rémi. Tiens ? Presque Remi. Après avoir parlé de costumes d’animaux puis de chasse, le texte suivant est issu d’une conférence de 2010 sur le corps de Tintin ou masculin et féminin dans l’univers d’Hergé. Refoulement, androgynie, rivalité avec le monde masculin, relation avec la mère, le scoutisme, Hergé/Tintin, Tintin/Hergé, l’auteur a nourri sa création. C’est nous lecteur qui prolongeons sa vie et en faisons un mythe.

    © Aspotolidès – Les impressions nouvelles

    Le texte suivant est inédit : Tintin et le mystère de la Trinité traite de manière philosophique du trio Tintin-Haddock-Tournesol. Le secret de la Licorne et Le temple du Soleil sont au programme des deux analyses suivantes, avant un portrait de Jacques Legrand, le père de Jo et Zette. En guise de postface, un texte inédit est présenté comme un autoportrait kaléidoscopique, comme si plusieurs personnages des aventures de Tintin n’était qu’une seule et même personne.

    © Aspotolidès – Les impressions nouvelles

    Jean-Marie Apostolidès fut un essayiste particulièrement pointu de l’œuvre d’Hergé. Cet ouvrage rend hommage à son analyse, en remettant sur le devant de la scène des clefs qu’il a donné pour mieux comprendre le monde de Tintin et y replonger encore et encore. Quand on a fini de lire Tintin, on peut recommencer à lire Tintin. On y trouvera toujours quelque chose de nouveau.


    Titre : Tintin dans tous ses états

    Genre : Ouvrage d’étude

    Auteur : Jean-Marie Apostolidès

    Éditeur : Les impressions nouvelles

    ISBN : 9782390702894

    Nombre de pages : 256

    Prix : 22 €


  • Les nouvelles enquêtes Scapola 1 – Les templiers noirs
    par Laurent Lafourcade

    Les disparus de l’abbaye en ruines

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    « -Ça fait huit jours que nous sommes sans nouvelles de nos quatre frères… J’en arrive à me demander si les envoyer à Holmont pour y étudier notre grand projet était bien prudent !

    -Ah ! Relever les ruines de l’abbaye de Holmont…

    -Et y implanter une nouvelle communauté…. Grand projet qui mérite de prendre des risques !

    -La réputation de Holmont n’est pas rassurante, je suis très inquiet.

    -Nous le sommes tous mais que pouvons-nous y faire ?

    -Prier serait une option mais j’ai une meilleure idée… Je vais appeler le Cardinal Scapola. C’est un vieil ami. »

                    A Holmont, dans les Ardennes, un groupe d’ecclésiastiques visite une abbaye en ruines. Le lieu magnifique est enthousiasmant. Leur objectif est d’en faire un nouveau lieu de culte cistercien. Leur engouement est rapidement endigué par d’étranges individus. Huit jours plus tard, en Toscane, l’on s’inquiète de la disparition des quatre frères partis en repérages. Le Père Benoit décide donc d’appeler la cardinal Scapola. Ce dernier convoque Ludo et Alys sur les lieux pour tenter d’élucider le mystère de cette volatilisation. Dans l’avion qui les mène sur place, ils apprennent qu’en 1944, contre l’avis de ses généraux, Hitler a lancé une offensive dans les Ardennes.

    © Van Linthout, Stibane – Le Tiroir

    Dans un délire mystique, le Führer a engagé dans la bataille toutes les forces occultes pour la victoire du IIIème Reich. Après avoir abattu les moines d’Holmont, les nazis ont pris possession des lieux et commencé des fouilles. Pourquoi ? La seule chose que l’on sait, c’est que le mage personnel d’Hitler était à la tête de l’expédition. Pour Alys, pas de doute, la disparition des moines d’aujourd’hui est un arbre qui cache une forêt. Scapola ne leur aurait-il pas tout dit ? Nos enquêteurs sont accueillis par l’Abbé Balette avec qui ils refont l’histoire de l’abbaye. Pendant ce temps, entre les Ardennes et le Vatican, les conspirateurs s’organisent.

    © Van Linthout, Stibane – Le Tiroir

    Autrefois terre de moines, les Ardennes sont connues pour leur route en treize étapes reliant de nombreuses abbayes et basiliques. Stibane et Georges Van Linthout mettent en scène une quatorzième escale, à Holmont-les-Quatre-Calvaires. Après une première vie entre 2000 et 2003 aux éditions Casterman, les enquêtes Scapola sont de retour pour une nouvelle série aux éditions du Tiroir. On retrouve le Cardinal du même nom et ses ouailles Ludo et Alys qu’il envoie, tel Charlie avec ses drôles de dames, résoudre des mystères dans différentes destinations. Ici, il sera question de templiers, de nazis et de supposées forces occultes. Ludo et Alys forment un duo de choc et de charme, plus pour l’une que pour l’un, beaucoup plus réservé, mais quand même…

    © Van Linthout, Stibane – Le Tiroir

    Bénies soient les éditions du Tiroir qui remettent au goût du jour la bonne BD franco-belge. Même le Pape Léon XIV en est friand. Même plus, il est dedans.


    Série : Les nouvelles enquêtes Scapola

    Tome : 1 – Les templiers noirs

    Genre : Polar

    Scénario : Georges Van Linthout

    Dessins & Couleurs : Stibane

    Éditeur : Le Tiroir

    ISBN : 9782931251379

    Nombre de pages : 48

    Prix : 16 €


  • Si je t’écris…
    par Laurent Lafourcade

    Lettre morte ?

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    « -Un peu de respect pour ton père !! Et puis… Regarde-moi quand je te parle !

    -Pour quoi faire ?!? De toute façon, j’en ai rien à faire moi de vot’ cadeau tout pourri !!

    -Du calme, Louis !

    -Et puis ça sert à rien du tout !!

    PAF

    -Pardon, p’pa, pardon… J’voulais pas…

    -C’est pas grave, gamin… C’est moi… Je ne sais pas m’y prendre… »

    Un couple s’installe avec ses deux enfants dans une maison de vacances qu’ils ont louée au bord de la mer. Louis, le père, a l’air absent. L’endroit ravive en lui des souvenirs. En marchant sur la plage, en apercevant une villa en ruines en haut d’une falaise, Louis revient en enfance. Il a dix ans. Il passait ses congés au même endroit qu’aujourd’hui. On retrouve le Louis petit garçon, jouant avec un avion cerf-volant. Des copains viennent le chercher. La villa n’est pas en ruine. Il l’observe. Ses potes le mettent en garde. La vieille qui habite là-haut serait une sorcière. Tous les soirs, elle va au cimetière faire des trucs sur les tombes. Il paraît qu’elle parle avec les morts.

    © Bodart, Zabus – Dupuis

    Louis, toujours à l’époque de ses dix ans, revient dans la location de famille. Il y retrouve son oncle, sa tante et son père. C’est son anniversaire. Il y a des bougies à souffler. Ce n’est pas une journée facile pour lui, ni pour personne d’ailleurs. Il se fiche du stylo que lui offre son père. Il aurait préféré autre chose… Mais c’est impossible… En début de soirée, un petit tour à vélo lui permet de décompresser. Il se laisse gagner par la nuit, et, près du cimetière remarque une voiture qui arrive. Il se cache et surprend une vieille dame qui parle devant une tombe. Ce doit être celle de la grande maison sur la falaise. Et si ses copains avaient dit vrai ?

    © Bodart, Zabus – Dupuis

    Comme à son habitude, Vincent Zabus écrit une histoire poignante. Si je t’écris… est un récit de résilience. On n’oublie jamais son enfance. Celle de Louis va lui revenir à la figure de plein fouet et avoir pour lui une suite inattendue. Zabus adapte et transforme en profondeur avec Denis Bodart un conte de Noël écrit pour le journal Spirou en 2014. Au fil de leur collaboration, ce qui devait être un court récit a pris de l’ampleur. Ça se ressent ; c’est peut-être le seul défaut de l’album. On assiste à l’étirement de l’intrigue et on aurait aimé pour cela un poil plus de densité. Ça n’enlève rien à toute l’émotion transmise. C’est juste qu’avec des auteurs de cette trempe, on est plus exigeant. Graphiquement, Bodart montre sa solidité, cousine de celle d’un Max Cabannes à l’époque de Colin-Maillard.

    © Bodart, Zabus – Dupuis

    Si je t’écris…est un grand moment d’émotion, un hommage à l’absence. On ne quitte jamais l’enfance. Et si certains pensent l’avoir quittée, attendez-vous à ce qu’elle vous rattrape un jour.


    Titre : Si je t’écris…

    Genre : Emotion

    Scénario : Vincent Zabus & Denis Bodart

    Dessin & Couleurs : Denis Bodart

    Éditeur : Dupuis

    ISBN : 9791034752317

    Pages : 80

    Prix : 18,95 €


  • Le haras magique 1 – AbracadaGo !
    par Laurent Lafourcade

    Tous en selle !

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    « -Tu es prête, Tifenn ? En avant ! Parfait !

    -Pourquoi il ne se passe rien d’incroyable ?

    -Bravo ! Tu es douée en équitation !

    -Et ma magie alors ? C’est pas juste ! »

    Au poney-club, Tifenn est en train de bichonner son poney Hazel. On frotte avec du foin et voici son pelage violet nettoyé de toutes ses impuretés. Elle va vite devoir grimper dessus afin de rattraper le sanglier blessé en convalescence qui tente de se faire la malle. Les propriétaires du haras ne sont autres que les parents de Tifenn. Ce poney-club n’est pas tout à fait comme les autres. Il se situe sur l’île de Granyte. Et sur l’île de Granyte, tout est magique. Chaque animal a un pouvoir étonnant qu’il ne dévoile qu’au moment venu. Lors de l’entraînement du parcours d’obstacles, certains vont se révéler. Le poney Muesli est à moitié lion. Eclair file… comme l’éclair. Stella s’illumine. Mais pour l’instant, Hazel n’a rien de particulier. Alors que tout le monde rentre parce qu’il pleut, Tifenn remarque un étrange cheval.

    © Godeau, Roy– Auzou BD

    Tifenn vient de découvrir un cheval-dragon. Elle le ramène au haras et se met en tête de devenir dresseuse de cheval-dragon. Elle voudrait qu’il habite là mais ça ne va pas être possible car il est en fait la propriété de Duncan, le jeune livreur de l’île, dont les parents tiennent une auberge. Il doit porter un colis à la sirène de la crique endormie. Au fil des aventures, Tifenn délivre un hippolune, affronte la sorcière Hellébore, part en randonnée en bord de mer (Vive la poney-thalasso !), secoure une sirène, passe l’examen du galop magique 1 et rencontre une fleur amoureuse.

    © Godeau, Roy– Auzou BD

    La scénariste Natacha Godeau et la dessinatrice Caroline Roy nous invitent dans un poney-club magique. Plus kawaï, tu meurs. C’est avec ce genre de bandes dessinées totalement adorable que l’on chope les lecteurs débutants pour leur donner tout de suite goût à la BD. Les filles se prendront pour Tifenn, Alana ou Mia. Les garçons se verront en Duncan ou Tommy. Tout ce petit monde ayant évidemment chacun un cheval magique. Mon Petit Poney n’a qu’à bien se cacher ! Tiens ?! On n’a pas parlé du pouvoir magique de Hazel, finalement… Prononcez la formule magique, ou alors vous le découvrirez dans l’album.

    © Godeau, Roy– Auzou BD

    Quelques louches d’enfants, quelques bols de chevaux, un bon soupçon de magie, et voici de quoi faire du haras magique le poney-club où l’on a tous envie d’aller. Très mignon.


    Série : Le haras magique

    Tome : 1 – AbracadaGo !

    Genre : Humour chevalin fantastique

    Scénario : Natacha Godeau

    Dessins & Couleurs : Caroline Roy

    Éditeur : Auzou BD

    ISBN : 9791039567411

    Nombre de pages : 80

    Prix : 11,95 €


  • Jess Long – Intégrale 2
    par Laurent Lafourcade

    FBI : Fichues Bonnes Intrigues

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    « -Voilà Slim Sullivan !

    -Je vois que je suis le dernier, mais je n’ai trouvé votre message qu’en rentrant. Ma femme ne savait pas où j’étais. Que se passe-t-il ?

    -Vous partez immédiatement pour le Maine avec Jess Long. Il vous expliquera les détails de la mission… Voici un bon de caisse pour vos frais. »

                New-York, 6 heures du matin, le jour n’est pas encore levé. Slim Sullivan est ronchon quand il arrive chez le général Gardnet. Se lever à 5 heures, il ne ferait pas ça tous les jours. Le militaire lui présente un article de journal d’apparence anodine à propos d’un type ayant abattu un renard vert. Ce n’est pas le sujet qui intrigue le général. C’est qu’il reconnaît en lui un Capitaine de son unité tué sur une île japonaise vingt-six ans plus tôt. Il demande à Sullivan de s’assurer qu’il s’agit bien de cet individu avant de le considérer comme déserteur. C’est ce qu’il va faire en se rendant en Alaska avec son collègue l’inspecteur Jess Long. C’est La piste sanglante, et c’est la première des onze aventures qui composent le deuxième tome de l’intégrale chronologique Jess Long publiée par les éditions Ad Hoc.

    © Piroton, Tillieux, Raes, Croze – Ad Hoc

                    Une poupée est au centre de l’affaire de L’homme du bout de la nuit. Monstre Shelleyien ou Quasimodo ? La bête n’est que l’histoire dramatique d’un homme exclu de la société par sa laideur. Affaire de disparition avec La grotte aux crabes où l’on va remonter jusqu’à l’époque des vikings. Décidément, Tillieux aime bien les disparitions. Bienvenue dans le monde de la cascade automobile et des menaces anonymes avec Le saut de la mort. A New-York, les assassins sont pendus. Jess et Slim l’apprennent dans Pour une poignée de balles. Le grain de sable est un bouton de chemise, au grand dam de son propriétaire. Direction Les gorges du Colorado avec Grand Canyon, avec un règlement de comptes à deux millions de dollars. Il manquerait juste qu’on y croise Lucky Luke. Changement de décor et de météo avec Il était deux fois dans l’Ouest où le FBI est invité par le shérif du coin à élucider des crimes. C’est le dernier scénario de Maurice Tillieux, tragiquement disparu dans un accident de voiture au début de l’année 78.

    © Piroton, Tillieux, Raes, Croze – Ad Hoc

                    Les deux dernières aventures sont signées d’éphémères scénaristes. Avec Le Noël des amoureux, Jacques Raes propose une très courte histoire en deux planches. Paradoxe avec le titre, Hervé Croze, dont on peut lire une interview, se présente avec Ses adieux à la scène où un sosie d’Elvis se fait passer pour mort. D’autres auteurs leur succèderont, mais ça, nous le découvrirons dans les volumes suivants. Dans sa minutieuse préface, Christian Jasmes détaille le contexte éditorial de chacune des histoires. Il revient sur les méthodes de travail d’Arthur Piroton et de Maurice Tillieux, jusqu’à un jour funeste de janvier 78. Il raconte comment, à l’instar d’Uderzo après la mort de Goscinny, Piroton a su rebondir.

    © Piroton, Tillieux, Raes, Croze – Ad Hoc

                    Cravate ajustée, Smith & Wesson, élégance et efficacité, Jess Long mène ses enquêtes de l’Est à l’Ouest et du Nord au Sud des Etats-Unis. L’occasion est trop belle de les (re-)découvrir.


    Série : Jess Long

    Tome : Intégrale 2

    Genre : Polar

    Scénario : Maurice Tillieux, Jacques Raes & Hervé Croze

    Dessins : Arthur Piroton

    Dossier introductif : Christian Jasmes

    Éditeur : Ad Hoc

    ISBN : 9782960354560

    Nombre de pages : 240

    Prix : 45 €


  • La main de Pangboche
    par Laurent Lafourcade

    Le doigt du yéti

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    « -Miss Roxane ?! Tout va bien ?

    -Qui… Qui a apporté cette horreur ?

    -Mais, c’est…

    -Un doigt, oui ! »

    Roxane Leduc est en voyage à Kathmandou. Elle a rendez-vous à une terrasse avec un certain Monsieur Anderson. L’homme ne tarde pas à lui évoquer la main de Pangboche. Une supercherie comme le yéti ? Apparemment pas. En 1958, au monastère de Pangboche, lors d’une expédition au Népal financée par un milliardaire texan, l’un des membres s’est emparée d’une partie d’une relique : le doigt d’une main momifiée de yéti. Il l’a remplacée par un doigt humain et est parvenu à le faire rapatrier aux Etats-Unis dans les bagages de l’acteur James Stewart. Ce n’est que dans les années 90 qu’il fut prouvé qu’il s’agissait d’un doigt humain. Le doigt ramené aurait-il été subtilisé ? Anderson affirme pouvoir le prouver mais, semblant effrayé, interrompt la conversation subitement et laisse Roxane en plan.

    © Taymans – Editions du Tiroir

    En retournant à son hôtel, Roxane découvre un paquet qui a été laissé à son attention. Il contient un doigt momifié ! D’après la description du réceptionniste, le dépositaire serait Anderson en personne. Ce dernier ne pourra pas le confirmer, il est mort, soi-disant tombé d’un balcon. Ce doigt confié à Roxane serait le véritable doigt de la relique. Anderson voulait que Roxane l’aide à retrouver le reste de la main pour la faire analyser et prouver l’existence du yéti. Elle est à présent chargée de rencontrer un enquêteur qui était en charge du vol du reste de la main au monastère en 1993, et depuis mis à la retraite forcée. Les tribulations de Roxane Leduc au Népal ne font que commencer. Elle a mis le doigt (de yéti) dans un engrenage mortel.

    © Taymans – Editions du Tiroir

    Tout comme Tintin au Tibet, Roxane va-t-elle croiser le yéti ? Elle va en tous cas devoir affronter des êtres bien plus dangereux : des humains qui n’ont pas peur de tuer pour pouvoir assouvir leurs convoitises. Au-delà du mythe du yéti, André Taymans ouvre le champ des possibles : la main de Pangboche permettrait d’entrer dans l’Agartha, un royaume souterrain qui reliait tous les continents. Comme on l’entendra le dire elle-même, Roxane va se retrouver à nager en plein Blake et Mortimer. Après le final que l’on se gardera bien de dévoiler, après le mot fin, on peut découvrir dans une planche crayonnée un grand moment d’émotion et d’espoir après un événement réel qui s’est passé au Népal en 2015.

    © Taymans – Editions du Tiroir

    Conformément à une partie de leur concept, les éditions du Tiroir remettent sur le devant de la scène des aventures qui en valent le coup. Avec son scénario intelligent basé sur une anecdote authentique, La main de Pangboche est de celles-ci. C’est la réédition en intégrale d’une histoire en deux parties publiées chez Paquet. Roxane avait vécu une autre histoire avant. Espérons qu’on pourra bientôt la relire aussi avant de, pourquoi pas, la découvrir dans de nouvelles aventures.


    Titre : La main de Pangboche

    Genre : Thriller

    Scénario, Dessins & Couleurs : André Taymans

    Éditeur : Editions du Tiroir

    Collection : Roman

    ISBN : 9782931251454

    Nombre de pages : 96

    Prix : 18 €


  • Le dernier écrivain 1
    par Laurent Lafourcade

    Les nouveaux jours d’un condamné

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    « -Voici la suite du protocole…

    -Inutile. Je n’ai plus d’espoir, ni d’argent… Ni de courage…

    -J’ai une proposition à vous faire.

    -Un sommeil cryogénique ?

    -Oui. Nous recrutons des volontaires pour un essai clinique d’un programme gouvernemental parmi les patients pour lesquels la médecine ne peut plus rien, en son état actuel. »

    En 2120, à la clinique du Centre National de Recherches de Pointe, Yagura Sugai vient de se réveiller. Il était endormi depuis cent ans. Il apprend qu’entretemps une pandémie mondiale a perturbé le monde en 2020, un voyage habité est arrivé sur Mars et un ascenseur orbital a été mis en fonction. En un siècle, il s’en passe des choses. Si Yagura Sugai a choisi d’être endormi en 2016, c’est parce qu’il était condamné par la médecine à cause d’une maladie incurable. A 27 ans, apprendre qu’on n’a plus qu’un an à vivre, ça fait un choc. Il était écrivain mais ne rencontrait pas un grand succès. Il s’est fait plaisir, il s’est demandé s’il devait mettre fin à ses jours avant que la mort ne le rattrape. Alors, quand un docteur lui proposa un sommeil cryogénique, ça l’a fait réfléchir.

    © 2026 Chitose Akai All rights reserved
    © 2026, éditions Glénat

    C’est quelques instants après qu’il reçut le SMS d’une fan ayant appris qu’il comptait mettre fin à sa carrière. Après s’être rencontrés dans un café, entre les deux, une idylle va naître. Elle aura été de courte durée. Yui Sarashina, sa nouvelle petite amie, va assister à l’endormissement du jeune homme. Un substitut sanguin antigel lui est envoyé par intraveineuse avant qu’il ne soit placé en chambre d’hibernation à moins cinquante degrés. Il en sera sorti lorsque les progrès de la médecine auront permis sa guérison. C’est donc chose faite cent ans plus tard.

    © 2026 Chitose Akai All rights reserved
    © 2026, éditions Glénat

    A son réveil, Yagura Sugai apprend que l’un de ses livres, Les os de la méduse, figure dans le top 10 des meilleurs romans du XXIème siècle. Une responsable éditoriale compte bien profiter de son retour pour le remettre sur les rails de l’écriture et du succès. Seulement, depuis le temps d’avant, l’Intelligence Artificielle a pris le dessus dans tous les secteurs d’activité. Elle créé tout. Il n’y a plus d’écrivain. Yagura est le dernier. Le retour d’un pur-plume qui a traversé les siècles est l’événement qu’il fallait pour exciter le monde de l’édition. Et Yui pendant ce temps, qu’a été sa vie ?

    © 2026 Chitose Akai All rights reserved
    © 2026, éditions Glénat

    Quelle place va prendre l’IA dans notre société en général et dans le domaine de la création en particulier ? C’est la question que pose Chitose Akai dans ce manga prévu en quatre tomes. Il met le doigt dans un engrenage qui dérange, aussi passionnant que terrifiant. Le dernier écrivain est l’un des premiers avertissements que la littérature en général et le manga en particulier donne concernant la maîtrise de l’intelligence artificielle.


    Série : Le dernier écrivain

    Tome : 1

    Genre : Thriller/Polar

    Scénario & Dessins : Chitose Akai

    Éditeur : Glénat

    ISBN : 9782344070390

    Nombre de pages : 192

    Prix : 7,90 €


  • Dans la tête de Sherlock Holmes 3 – Le cauchemar du Loch Leathan Partie 1
    par Laurent Lafourcade

    Kelpie ou pas kelpie ?

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    « -Parlez-moi plutôt de cette nouvelle affaire. Pour commencer, pourquoi avoir emporté ces fusils de chasse ?

    -C’est simple… Je gage que notre enquête nous conduira à effectuer de longues marches à travers champs. Ce sera le parfait prétexte pour écarter les soupçons, tant des ruraux que des notables. A présent je soumets à votre sagacité l’élément déclencheur de notre périple… et de mon « train de pensée » ! Livrez-moi votre analyse de ce courrier atypique. »

                    Octobre 1894, Holmes et Watson se dirigent en train vers l’Ecosse. Le détective a reçu un courrier bien énigmatique. Direction Armishader, via Edinburgh. L’accueil dans le petit village de campagne n’est pas des plus chaleureux. Les gens d’ici croient au kelpie, ça les rend méfiants. Certaines nuits, près du loch, il se passe des choses bizarres. Il y a quelques jours, Graham, le maréchal-ferrant a été retrouvé noyé et les villageois sont convaincus que la malédiction du kelpie, le monstre des eaux, en est la cause. L’enquête peut commencer. Sherlock Holmes commence ses interrogatoires.

    © Liéron, Dahan – Ankama

    L’épicier est le premier à passer sur le grill. Il apprend aux visiteurs que la lettre qu’a reçu Holmes a été écrite par Millie Ogilvy. Pas de bol, elle est décédée depuis trois semaines. Il n’y a qu’à aller voir son veuf. Alistair Ogilvy s’effondre lorsqu’il voit les londoniens arriver. Il se sent coupable, mais ne veut pas en dire plus. Le lendemain, direction Glenuaine Castle. Le duo y loue des chevaux pour se rendre sur les rives du Loch Leathan où le mystère va continuer à s’épaissir. Comme pour l’enquête précédente, c’est en pénétrant à l’intérieur de la tête de Sherlock Holmes que l’on commence à y voir plus clair.

    © Liéron, Dahan – Ankama

    Ha, l’Ecosse et ses mystères ! Ce ne sont pas à des châteaux hantés et à leurs fantômes que Sherlock Holmes va avoir à faire mais à un monstre chevalin et aquatique. Comme d’habitude chez Sir Arthur Conan Doyle, on surfe sur une vague fantastique et l’on attend la conclusion cartésienne de l’homme à la loupe. Ici, ce n’est pas son créateur qui est au scénario mais le duo Cyril Liéron – Benoît Dahan qui livre une histoire originale. Le concept est détaillé dans le titre : Dans la tête de Sherlock Holmes. C’est prouvé dans le dessin et le découpage on ne peut plus original. Si l’on est perdu, il n’y a qu’à suivre le fil rouge.

    © Liéron, Dahan – Ankama

                    Dans la tête de Sherlock Holmes est certainement la seule série où le scénario et le dessin sont aussi minutieux l’un que l’autre. Il faudra attendre la fin du diptyque pour voir l’énigme du cauchemar du Loch Leathan résolue. Commencez d’ores et déjà l’immersion dans un cerveau en ébullition et en Ecosse.


    https://www.youtube.com/watch?v=4GoPvVXhT0M

    Série : Dans la tête de Sherlock Holmes

    Tome : 3 – Le cauchemar du Loch Leathan Partie 1/2

    Genre : Polar

    Scénario : Cyril Liéron & Benoît Dahan

    Dessins & Couleurs : Benoît Dahan

    D’après : Conan Doyle

    Éditeur : Ankama

    ISBN : 9791033518044

    Nombre de pages : 48

    Prix : 14,90 €


  • Avila
    par Laurent Lafourcade

    De cape et de sorcellerie

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    « -Tu peux m’apprendre d’autres secrets sur les plantes ? Comment elle s’appelle, celle qui fait pousser de beaux cheveux ?

    -C’est le romarin, mon cœur.

    -Et celle qui fait passer la nausée ?

    -Le gingembre.

    -Ça pique, le gingembre !

    -C’est vrai, tu as raison.

    -C’est dans ce livre que tu as appris tout ça ?

    -Dans celui-là… et tous les autres ! Nous nous les transmettons de mère en fille depuis des générations.

    -Mais ceux-là, tout en haut, tu ne les lis jamais.

    -Ah… Ceux-là renferment des textes puissants… Mais aussi dangereux. Il ne faut pas y toucher !

    -Pourquoi on les garde, alors ?

    -Parce qu’il peut y avoir du bon là où on ne l’attend pas, ma chérie. Et on ne sait jamais d’où l’aide peut venir. »

                    Automne 1630, la petite Avila et sa mère Anis vivent à l’écart du village, dans leur maison adossée à la falaise. Anis connaît les secrets des plantes et les inculque à sa fille. Douze ans plus tard, à l’été 1642, on retrouve Avila qui a bien grandi. Elle vend ses préparations à la troupe d’un Illustre Théâtre qui donne une représentation de leur pièce L’Avare sur la place publique. Elle habite toujours la maison familiale, seule depuis que sa mère a disparu. Seule ? Pas tout à fait. Elle dialogue avec son ombre, Astor, qu’elle accuse de lui avoir causé des ennuis ces dernières années. Au même moment, dans les bois, Timothée, un jeune homme, compte les pièces de la bourse qu’il vient de dérober. Il est surpris par une bande de malandrins qui lui propose de les rejoindre.

    © Turconi, Radice – Glénat

                    Le Cardinal de Richelieu reçoit la visite de Bellarmin, une éminence grise, le prévenant qu’il rôde dans les campagnes une étrange jeune fille qui hante les bois la nuit, prépare des breuvages d’herbes empoisonnées, parle avec les ombres, fouille dans le feu à mains nues et bien d’autres choses. Elle est dangereuse. Ce serait une sorcière. Sur la rive d’un ruisseau, les destins d’Avila et de Timothée vont se croiser pour ne plus se quitter. Vendus tous les deux par les brigands au Comte de Langeac, ils trouvent en lui un homme d’une grande bonté, au destin brisé. En Avila, il reconnaît le visage de l’un de ses amours passés. Très vite, la jeune femme va comprendre qu’il s’agit de sa mère. Serait-elle encore vivante ?

    © Turconi, Radice – Glénat

                    Après l’excellent Le beau parleur, Teresa Radice et Stefano Turconi sont de retour pour un conte moyenâgeux qui pourrait devenir un classique au-même titre qu’une Blanche-Neige ou une Belle au Bois Dormant. Seulement, voilà, les temps ont changé. Heureusement qu’il reste des passeurs de rêves comme les auteurs de cet album pour nous en offrir de nouveaux, aidés en cela par un narrateur vagabond qui a un petit quelque chose de Léonard Langue-Agile des 7 vies de l’épervier. Dans un réalisme souple et des couleurs doucereuses, Radice et Turconi dédicacent le livre à leur fille de 17 ans, le même âge qu’Avila. Elle ne pouvait avoir plus beau cadeau. En fin d’album, une liste de musiques à écouter pour rester dans l’ambiance est proposée. Regardez-là avant de commencer pour une illustration sonore.

    © Turconi, Radice – Glénat

                    Encombrée par son ombre bavarde avec qui elle a scellé un pacte, Avila cherche sa mère en fuyant le chasseur à ses trousses. Conte ensorcelé, conte ensorcelant, Avila est une histoire d’amours avec plusieurs « s » au bout.


    Titre : Avila

    Genre : Aventure moyenâgeuse

    Scénario : Teresa Radice

    Dessins & Couleurs : Stefano Turconi

    Collection : Treize étrange

    Éditeur : Glénat

    ISBN : 9782344065044

    Nombre de pages : 208

    Prix : 25 € 


  • La reine de l’enfer – Initium
    par Laurent Lafourcade

    Bienvenue en enfer !

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    « -Cécilia ! Es-tu… ? Es-tu… ? Es-tu prête à affronter ta destinée ? Ah Ah Ah !

    -Ahhhh ! Janice !

    -Rejoins-nous !

    -Viens !

    -On a besoin de toi ! »

    Dans l’enfer, il y a bien longtemps, Lucifer et ses troupes luttent contre les forces des usurpateurs. L’ange déchu est humilié par Udoroth, considéré par les siens comme le roi des enfers. Ce dernier laisse son ennemi pour mort. Udoroth est trop présomptueux pour se contenter d’avoir fait main basse sur l’enfer. Il veut de plus grandes conquêtes. Quelques milliers d’années plus tard, à Washington, Cécilia se réveille alors que son compagnon Vincent s’apprête à quitter la maison. Il l’a sortie de la mouise quand elle était plus jeune. Aujourd’hui, elle est serveuse dans un bar. Alors qu’une bande de blousons noirs vient mettre la pagaille dans l’établissement, elle voit en eux des démons qui lui demandent de les rejoindre pour accomplir sa destinée. Quand plus tard elle reprend ses esprits, elle se demande si elle n’a pas rêvé. Mais quelle est donc cette trace rouge qui est apparue sur son bras ?

    © Ratera, Roberts – Idées Plus

    Vincent vient chercher Cécilia dans son bar. Alors qu’ils rentrent en voiture, ils sont percutés par une automobile qui envoie la leur en tonneaux. Ensanglantée et prisonnière du véhicule, Cécilia voit des individus encapuchonnés entourer la voiture retournée et prononcer des incantations latines. Ave Udoroth ! La jeune femme se réveille en enfer, au beau milieu de flammes et de démons, saluée par eux comme la princesse de l’enfer. L’enfer attend d’elle qu’elle accomplisse de grandes choses. C’est un véritable rituel d’initiation qui attend Cécilia. En a-t-elle la capacité ? En a-t-elle la volonté ? Elle qui est juste quelqu’un de bien et qui n’aspire qu’à rentrer chez elle…

    © Ratera, Roberts – Idées Plus

    En 2014, le groupe de heavy metal A sound of Thunder sort le clip Udoroth, reprise de l’hymne catalan « Els Segadors ». Ce dessin animé a servi de base à un univers développé ensuite dans leurs chansons, leurs visuels d’albums et leurs vidéos. Quand en 2018 le clip de la chanson It was metal vit s’opposer la Reine des enfers et Udoroth, les membres du groupe se sont dits qu’ils tenaient là une histoire qui méritaient d’être développée plus en profondeur. Le scénariste Rafer Roberts est donc venu mettre en scénario cette histoire confiée aux crayons de Mike Ratera, qui réalise les pochettes des disques du groupe. C’est leur chanteuse Nina Osegueda qui a créé le personnage de la Reine de l’enfer. Les auteurs de l’album lui ont apporté une nouvelle dimension, dans un graphisme plus réaliste que dans les clips. Les coloristes Diego L.Parada et Max Bayo noircissent et rougissent l’histoire…comme si on était en enfer.

    © Ratera, Roberts – Idées Plus

    Plus qu’un personnage, plus qu’une série, La Reine de l’enfer est un univers transmedia dont le développement, on l’espère, n’en est qu’à ses débuts. Initium initie son arrivée en bande dessinée.


    https://youtu.be/yetRJ9aAyvc

    Titre : La reine de l’enfer – Initium

    Genre : Fantastique

    Scénario : Rafer Roberts

    Dessin : Mike Ratera

    avec la participation de : Dudan Markovic

    Couleurs : Max Bayo & Diego L.Parada

    Éditeur : Idées Plus

    ISBN : 9782374700755

    Pages : 224

    Prix : 30 €


  • Les enfants de Chatom
    par Laurent Lafourcade

    Double mystère en Alabama

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    « -Tu as un secret, Sam Harriott. Je le vois à ton air. Et j’ai un don pour ces choses.

    -Pas du tout, t’es folle ou quoi ?

    -Un pot de miel si tu me racontes ce que tu trames. »

    Alabama, USA, 1920. Stumpy Malone a l’air plutôt guilleret. Le gaillard traverse le village de Chatom. Les gamins se moquent discrètement de lui, lui trouvant une tête rigolote. Les adultes savent que s’il a une attitude si décidée, c’est parce qu’on ne va pas le voir pendant un bon bout de temps, le bûcheron. Sa cabane s’apprête à être close pour quelques mois. Mais où passe-t-il donc les longs mois d’hiver ? Les spéculations vont bon train. Il aurait du sang indien. Il part certainement rejoindre une tribu. Pour Edna, la pas toute jeune institutrice, il n’est pas du tout indien. Bien décidé à percer son secret, le jeune Sam Harriott compte bien prendre le temps qu’il faudra. Il prend Stumpy en filature à la sortie de Chatom et le voit se boucler dans sa cabane.

    © Pomès – Rue de Sèvres

                    En véritable Huckleberry Finn, Sam rate des jours de classes pour observer le moindre signe dans la cabane de Stumpy. Rien. Avec sa copine Alice, ils se décident à pénétrer dans la maison qui s’avère… vide. Stumpy a disparu. L’hiver s’installe, la neige prend ses quartiers. En rentrant chez elle, un soir, Edna trouve sur son perron un enfant endormi. Elle le recueille et le réchauffe. Trois jours plus tard, Tom commence à se requinquer. Tout le village se presse autour de lui. Le Docteur Ramsay vient l’ausculter. Un habitant le reconnaît. Il y a quelques semaines, il était en première page du Monday Chronicle. Un article révélait ses pouvoirs de télékinésie. Il va l’avouer à Edna. Sorti d’un orphelinat, il a été adopté par un certain Monsieur Kolff et transformé en bête de cirque avant de s’enfuir. Désormais, Thomas Cochrane est un enfant de Chatom. Malheur à qui lui voudrait du mal.

    © Pomès – Rue de Sèvres

                    Cyrille Pomès adapte le roman de Thomas Lavachery publié à l’école des loisirs. C’est une aventure qu’aurait pu vivre Tom Sawyer. On se doute évidemment que les histoires de Stumpy et de Thomas vont se croiser. Dans l’Amérique d’il y a cent ans, les enfants jouent dehors. La nature rythme les saisons. A Chatom comme ailleurs, l’aventure est au coin de la rue. Alors, quand il y a des mystères, ou des supposés mystères, toutes les spéculations vont bon train. A l’instar de celui de Xavier Fourquemin, le trait souple de Cyrille Pomès se reconnaît au premier coup d’œil. Ses personnages aux grandes mains sont sa signature. Les couleurs tendance sépia sans en être vraiment procurent une douce chaleur enveloppante.

    © Pomès – Rue de Sèvres

    Pomès met en place un théâtre dont les acteurs, tous mis en scène à présent, ne demanderaient qu’à vivre de nouvelles aventures. Les enfants de Chatom ont tout pour devenir un trio héros de série.


    Titre : Les enfants de Chatom

    Genre : Mystère

    Scénario, Dessin & couleurs : Cyrille Pomès

    D’après : Thomas Lavachery

    Éditeur : Rue de Sèvres

    ISBN : 9782810211111

    Pages : 104

    Prix : 16 €


  • Frankenwood
    par Laurent Lafourcade

    La mort vous va si bien

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    « -Bonjour. Je… J’ai besoin d’un détective.

    -Ah, j’ai cru que vous étiez… Ok, pas de problème. Entrez ! Vous attendiez quelqu’un d’autre ?

    -Absolument pas. Je suis tout à toi, bébé.

    -Je suis… Marylin. Du moins, je crois. »

    Comté de Los Angeles, 1963. Un homme est attaché aux rails d’un chemin de fer. C’est un règlement de comptes comme il en arrive quelquefois. « Los Angeles est une ville où les scènes de nuit se tournent le jour, et les scènes de jour la nuit. Ici, tout se confond. » Dans son bureau, Sam Spade, un détective privé qui se prend pour Philip Marlowe, et que tout le monde appelle Bogie parce qu’il est le sosie d’Humphrey Bogart, reçoit la visite d’une starlette. Elle dit s’appeler Marylin, enfin, elle pense. Son ami George qui jouait le rôle de Superman est mort. On dit qu’il s’est suicidé mais elle est persuadée qu’il a été tué. Là où elle est intrigante, c’est qu’elle ne cherche pas à savoir qui a fait cela, mais qui l’a tuée à elle.

    Sam commence son enquête à The Castle, une résidence qui accueille les stars déchues, celles qui meurent, celles qui ressuscitent, parce que « The Castle » fait revivre les acteurs décédés à la demande de certains commanditaires. On peut y croiser Ollie, alias Oliver Hardy, qui déprime sur un banc. Agressé à la sortie, Sam est conduit à l’hôpital. L’enquête semble en gêner plus d’un. Peut-être qu’Alfred Hitchcock, l’anglais Bibendum, a une piste ? Toujours est-il que le repas organisé chez lui est plus que cocasse. Le maître du mystère n’est pas du genre à suivre les protocoles. L’enquête de Spade-Marlowe-Bogie va l’amener au-delà de ce qu’il pouvait imaginer.

    Hommage au cinéma hollywoodien de l’âge d’or, Frankenwood est une comédie noire, une parodie en cinémascope et en technicolor. Humphrey Bogart, Marylin Monroe, JFK et son frère Bobby, Laurel et Hardy, Clark Gable et George Reeves ne sont que quelques-uns des acteurs de ce film, car Frankenwood a tout d’un film. Frankenwood, le titre mélange Hollywood et Frankestein. Ce professeur a donné vie à un monstre à qui l’on attribue par erreur son nom. Ça aurait pu être lui le directeur de « The Castle » qui ressuscite les acteurs morts. Le scénariste Darko Macan est parti d’une anecdote véridique, même si la mise en scène est différente. En effet, George Reeves, acteur qui a incarné Superman (à ne pas confondre avec Christopher Reeves), aurait peut-être vu sa mort maquillée en suicide. Le trait hachuré d’Igor Kordey fait des idoles du cinéma des personnages de BD semblant sortis tout droit de leurs films. Entre morts et résurrections, le scénario atypique reste parfois complexe à suivre, mais on se prend au jeu des faux-semblants avec quand même une certaine délectation.

    Qui est vivant ? Qui est mort ? Tout simplement, qui est qui ? Les acteurs ne le savent pas toujours C’est un métier schizophrénique, non ? Polar, comédie, drame, Frankenwood est tout cela à la fois.


    Titre : Frankenwood

    Genre : Comédie noire

    Scénario : Darco Macan

    Dessin : Igor Kordey

    Couleurs : Anubis

    Éditeur : Dupuis

    ISBN : 9782808505864

    Pages : 112

    Prix : 23 €

    © Macan, Kordey, Anubis – Dupuis


  • Le goût du métal
    par Laurent Lafourcade

    A vos détecteurs !

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    « -Monsieur veut trouver un trésor ! Ici !! Dans la vallée du Beuvron !!!

    -Y a pas de boulot, ici, mais des trésors, y en a partout… Y a plein de vidéos sur intern…

    -Assez !! Ne me parle plus de ces vidéos à la con ! Ces types enterrent eux-mêmes les « trésors » qu’ils découvrent, pour en mettre plein la vue à des débiles comme toi ! Ce sont des vendeurs de rêves, Léo. Et comme par hasard, ils vendent aussi du matériel de détection !

    -Mais non, c’est…

    -Je te donne trois mois, Léo. Pour trouver du travail. Passé ce délai, tu dégages ! »

    Gabriel est furax. Il sort de la gendarmerie. Deux champs ont été retournés et une ancienne sépulture fouillée jusqu’à l’os par des chercheurs de trésors. Tout a été ratissé. Et les forces de l’ordre dans tout ça, elles se fichent des photos fournies avec les plaques d’immatriculation et les données GPS. Elles veulent du flagrant délit. Et quand les gendarmes viennent pleins phares avec leurs gros sabots, les suspects fuient. A part qu’il habite la région, Gabriel est aussi historien. Il en a marre de voir le patrimoine se faire la malle à cause de ces imbéciles de détectoristes. Lui, ce qu’il veut, c’est faire appliquer la loi. Il n’est pas flic mais va se transformer en traqueur.

    © Duhamel – Bamboo

    Parmi ces chasseurs de trésors, il y a Léo. Il vient juste de recevoir un nouveau modèle de détecteurs de métaux. Sa grande sœur Hélène n’en peut plus. Ça fait deux ans qu’elle l’héberge en attendant qu’il trouve un boulot, deux ans qu’il pratique la pêche à l’aimant et qu’il ne participe à aucune tâche ménagère. Elle lui donne un ultimatum. Il a trois mois pour trouver du travail. Passé ce délai, il dégage. Persuadé de finir par faire fortune, Léo passe ses nuits à faire des recherches sur le net et ses journées à parcourir les champs et les bâtisses abandonnées avec son détecteur. Pendant ce temps, Gabriel prépare un traquenard pour les détectoristes.

    © Duhamel – Bamboo

    Depuis quelques années, Bruno Duhamel aligne les one shot tous aussi bons les uns que les autres. Celui-ci est exceptionnel. C’est son meilleur depuis Jamais, l’histoire de la mamie qui habitait dans une maison en bordure de falaise. Exceptionnel, il l’est d’abord par l’originalité du sujet traité, celui des chercheurs de trésors avec leurs détecteurs de métaux, et notamment la pêche à l’aimant qui permet de faire remonter du fond des lacs des objets les plus incongrus les uns que les autres. Exceptionnel, il l’est ensuite par le scénario, étonnamment émouvant, avec une dernière partie qui prend au cœur, quand le burlesque devient drame.

    © Duhamel – Bamboo

    Le goût du métal a celui d’un des meilleurs albums de l’année. Pour les collectionneurs, la couverture est disponible en deux versions opposant Gabriel et Léo. Bruno Duhamel est un auteur définitivement à suivre.


    Titre : Le goût du métal

    Genre : Polar

    Scénario, Dessin & couleurs : Bruno Duhamel

    Éditeur : Bamboo

    Collection : Grand Angle

    ISBN : 9791041119981

    Pages : 64

    Prix : 15,90 €


  • Révolutionnaires ! 5 – Pornic
    par Laurent Lafourcade

    Les enfants de la République

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    « -Tu as entendu ça ? On va apprendre à tirer ! Ça veut dire qu’on nous considère comme de vrais soldats, maintenant !

    -Pff. Ça veut surtout dire qu’ils n’en ont pas trouvé assez pour défendre la ville. Ceux de Paimboeuf sont repartis aussi vite qu’ils étaient venus. Si les royalistes attaquent, on va se faire massacrer.

    -Qu’ils viennent ! Je vendrai chèrement ma peau !

    -Et moi, j’en profiterai pour ficher le camp !

    -Hein ?! Tu veux dire que tu déserteras ?

    -Non, je reprendrai ma liberté, nuance. Je te rappelle que je n’ai jamais voulu m’engager dans la garde. On nous a obligés.

    -C’est pas faux ! »

    Tout a commencé il y a six mois, en septembre 1792, lorsque, dans la campagne bretonne, un carrosse se fait attaquer par une bande d’hommes armés. A son bord, se trouvent une comtesse, sa fille Célenie et son précepteur Monsieur Lalouette. Peu après la Révolution Française, ils espèrent le retour sur le trône de son altesse royale grâce à l’aide des alliés autrichiens. Les maraudeurs, pas là par hasard, ne leur laisseront aucune chance. La comtesse est assassinée. Les deux autres occupants réussissent à s’enfuir pendant que leur escorte, sabre au clair, se débat contre l’assaillant. Recueillie par son oncle le Marquis de Valoire, la gamine va se rendre compte qu’il est l’instigateur de l’embuscade. Elle s’enfuit, puis est récupérée par une bande de gamins des rues : Titor, Pince-Mitraille et Mélina.

    © Fourquemin, Hautière, Crespo Cardenete – Le Lombard

    Au fil de l’aventure, les enfants vont voir leurs destins se croiser avec celui de la France. Les Républicains tentent de prendre le contrôle mais les Royalistes sont loin d’avoir dit leur dernier mot. Après de multiples rebondissements, l’oncle n’ayant de cesse de remettre la main sur sa nièce pour l’éliminer, le tome 5 clôt la série, ou tout du moins un cycle. Titor et Pince-Mitraille ont été enrôlés dans l’armée républicaine. C’est à Pornic qu’ils affrontent les royalistes qui leur tiennent tête. Enguerrand, le fils du Marquis de Valoire, ne va pas tarder à découvrir le vrai visage de son père. Célénie retrouvera-t-elle la place qui est la sienne ?

    © Fourquemin, Hautière, Crespo Cardenete – Le Lombard

    La série Révolutionnaires ! a ceci de révolutionnaire qu’elle offre la version non manichéenne des conséquences de Juillet 1789. On pensait avec force raccourcis que la royauté avait été éradiquée et que la démocratie s’était mise en place. La véritable Histoire de France a été bien plus complexe que cela. On en a ici un aperçu. Régis Hautière raconte la grande Histoire en passant par la petite. Chaque album se conclut par un cahier historique replaçant les événements dans leur contexte. Xavier Fourquemin est l’un des dessinateurs au réalisme souple des plus solides. Les couleurs d’Amparo Crespo Gardenete réhaussent son trait avec un jeu de lumières particulièrement pensé.

    © Fourquemin, Hautière, Crespo Cardenete – Le Lombard

    Ers et Dugomier ont signé un coup de maître avec Les enfants de la Résistance. Ceux de Fourquemin et Hautière, dans les années post-Révolution, n’ont rien à leur envier. Révolutionnaires ! est une fresque en cinq tomes puissante. Un épilogue (discret) laisse augurer d’un possible second cycle quelques années plus tard. Si l’histoire est terminée, l’Histoire ne s’arrête jamais.


    Série : Révolutionnaires !

    Titre : 5 – Pornic

    Genre : Histoire

    Scénario : Régis Hautière

    Dessins : Xavier Fourquemin

    Couleurs : Amparo Crespo Cardenete

    Éditeur : Le Lombard

    ISBN : 9782808215558

    Nombre de pages : 64

    Prix : 13,95 €


  • Pop Star Assassin « Esprits méfiants ! »
    par Laurent Lafourcade

    Pulpissime

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    « -Au tout début de ce projet, un certain président a découvert qu’on avait fait chanter sa maîtresse, laquelle avait été recrutée. Lorsqu’il a menacé d’arrêter le programme, ils se sont faits descendre tous les deux. Elvis, c’est… plus récent.

    -Tu parles trop. On ne sait pas encore jusqu’où va sa loyauté. »

    Vegas 1977, au Red Pepper Roadhouse Casino, Bruce, sosie du King Elvis Presley, sniffe un rail de coke avant de monter sur scène. C’est à lui d’aller rencontrer le public, dans cinq minutes. Son père était un pionnier. Il avait tout, l’argent, la gloire, les femmes. Il était toxico lui-aussi. Ce soir, Bruce veut retrouver l’assassin de son père. La boîte est remplie de mafieux et de filles, comme Norma Jean, qui use de ses charmes pour vendre de la poudre ou son cul. Ce soir, Bruce est mis en garde par Molly, le borgne. Des hordes d’hommes et de femmes très dangereux se sont introduites dans le tissu de notre société moribonde.

    © Lavallée, Basile, Cashel – Idées Plus

    Ce sont des banquiers, des avocats et même des vendeurs de chaussures. Ils risquent de faire main basse sur tout le pays, en toute légalité, avec des systèmes pyramidaux. Le père de Bruce était au courant de tout cela… et il en est mort. En se mêlant de cette affaire, Bruce met le doigt dans un engrenage mortel. Kennedy, Monroe, Elvis à présent, ne sont pas morts par hasard. Au-delà d’une mafia locale, la conspiration est gouvernementale, internationale. Ce que le sosie d’Elvis va découvrir va dépasser tout ce qu’il pouvait imaginer. Le voyage va être tout autant physique que psychédélique, au niveau astral de son subconscient. 1977, le King est mort. 1977, Bruce est au cœur d’un complot ciblant l’humanité.

    © Lavallée, Basile, Cashel – Idées Plus

    Fondateur de Crash Comics, Edward Lavallée est un scénariste indépendant. Affranchi de toutes les contraintes des éditeurs mainstreams, il lâche les chevaux dans un délire psychédélique faisant passer Pulp Fiction pour un épisode des bisounours. Rassurez-vous, le ton décalé et humoristique permet de largement tenir le coup. Les influences cinématographiques sont là : de Kill Bill à La fureur du dragon, de John Wick à Jacky Brown, Pop Star Assassin multiplie les clins d’œil. L’originalité du scénario de Lavallée et Cashell est de partir d’icônes comme Elvis Presley et Marylin Monroe pour glisser vers un pulp seventies. Dans un découpage somme toute classique pour un comics, Marcelo Basile s’en donne à cœur joie. C’est du Il faut flinguer Ramirez en plus réaliste et barré à la fois. Entre les chapitres, de nombreux auteurs donnent leur vision de l’univers dans des pleines pages qu’on rêverait en affiches.

    © Lavallée, Basile, Cashel – Idées Plus

    Prenez une grande bouffée d’air avant d’ouvrir cet album. Les auteurs ne vous laisseront plus respirer. Si les esprits des protagonistes sont méfiants, le vôtre va être embarqué dans un univers sans frontière où les auteurs ne se fixent pas de limites. Et ce n’est que le début…


    Titre : Pop Star Assassin « Esprits méfiants ! »

    Genre : Thriller/Polar

    Scénario : Edward Lavallée et Matt Cashel

    Dessin & Couleurs : Marcelo Basile

    Éditeur : Idées Plus

    ISBN : 9782374700946

    Pages : 224

    Prix : 30 €


  • Le vent dans les saules – Intégrale
    par Laurent Lafourcade

    Britannique mélodie animalière

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    « -Et sinon, qu’as-tu vu de beau sur la rivière ?

    -J’ai vu Crapaud. En canot. C’est nouveau.

    -En canot ? Crapaud ?

    -Qui c’est ce Crapaud ?

    -Quand on parle du loup… Regardez donc qui voilà qui s’amène…

    -Crapaud ? C’est…. Mais observez plutôt. »

                    C’est le début du printemps. Taupe fait le ménage chez elle avant de partir se promener dans la chaleur doucereuse de l’après-midi. Assis sur une berge, il fait la connaissance de Rat, un gentilhomme qui lui propose de partager un pique-nique au bord de la rivière. Les voilà partis en barque jusqu’à un merveilleux endroit ombragé. Ils sont interpelés par Loutre, déçue de ne pas avoir été invitée, qui s’invite à la nappe. Alors, quand Blaireau passe à côté, ils lui proposent de se joindre à eux, ce que le rustre refuse. Mais… Qui s’amène sur un canot ? C’est Crapaud, qui se débat avec ses rames. L’animal est propriétaire du Manoir Tétard, une vaste demeure à l’image de sa discrétion.

    © Plessix – Delcourt

                    De 1996 à 2001, le talentueux et regretté Michel Plessix a mis en image le classique de la littérature anglaise signé Kenneth Grahame paru en 1908. Comme beaucoup, Plessix l’a découvert grâce au dessin animé La mare aux grenouilles dans le film d’animation Le crapaud et le maître d’école des Studios Disney. L’histoire bucolique met en scène des animaux vivant sur les bords de la Tamise. Le personnage de Crapaud se distingue des autres protagonistes par sa mégalomanie et son incapacité à gérer ses émotions lorsqu’il voit une automobile. C’est un fou du volant qui n’hésite pas à s’enfuir avec un véhicule qui serait resté sans surveillance. Ça va lui jouer des tours puisque ça lui vaudra la prison. Mais des tours, il en sera aussi victime puisque sa vaste demeure va être squattée par une bande de belettes, furets et hermines.

    © Plessix – Delcourt

                    Michel Plessix a découpé le récit en quatre albums de trois chapitres d’une dizaine de planches. Ils sont regroupés dans cette intégrale qui reprend la couverture du tome 1. On y (re-)découvre la finesse du trait de Michel Plessix, ne lésinant pas sur les détails. Si Le vent dans les saules est une histoire pour enfants, l’auteur s’adresse à tous. Il a su séduire un jeune public en préservant les lecteurs de la série plus adulte qui l’a fait connaître : Julien Boisvert. Plessix a gardé le côté littéraire de l’histoire (« littéraire » ! Quel gros mot aujourd’hui !) avec des récitatifs rappelant que l’aventure était avant tout un roman. Loïc Jouannigot apporte sa participation à la série en illustrant les carnets de Taupe.

    © Plessix – Delcourt

                    Si la bande dessinée animalière a rencontré le succès grâce à Raymond Macherot, avec Le vent dans les saules, Michel Plessix lui a donné ses lettres de noblesse.


    Titre : Le vent dans les saules

    Genre : Histoire

    Scénario, Dessins & Couleurs : Michel Plessix

    Avec la participation de : Loïc Jouannigot

    D’après : Kenneth Grahame

    Éditeur : Delcourt

    ISBN : 9782413095156

    Nombre de pages : 128

    Prix : 22,50 €


  • Docteur Poche 17 – Les jardins d’Alice
    par Laurent Lafourcade

    Classique éternel

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    « -Bonsoir ! Je ne dérange pas ?!

    -Ha, aaah ! Que voilà un costume rouge que je connais ! J’espère que vous n’avez pas à vous plaindre de ce costume de magicien que je vous ai vendu avec tous ses pouvoirs et sa baguette magique ! ? Que puis-je pour vous à cette heure tardive, mon cher ami ? Ah, je vois. Je vois que cette jolie poupée a très mal à la tête ! N’est-ce pas, Docteur !

    -Oui, je… C’est bien ça ! »

    Alors qu’il rentre chez lui et que la nuit est déjà tombée, le Docteur Poche rencontre un bossu qu’il connaît depuis sa toute première aventure. La créature tient une poupée dans les mains. Elle a eu un accident qui lui a fracassé le crâne. Il faut la soigner mais on ne doit pas savoir d’où elle vient, ni qui elle est. La poupée implore le médecin de l’aider. Il l’amène chez un marchand de poupées, celui même qui lui avait vendu son costume de magicien. Le vendeur connaît bien ce modèle fabriqué dans les Carpates pour des clientes anglaises. Une fois la tête pansée, le Docteur Poche ramène la poupée chez lui, mais elle le supplie de la ramener en Angleterre afin de retrouver Alice, sa propriétaire.

    Quelques jours plus tard, le Docteur et la poupée embarquent pour l’autre côté de la Manche. Rendez-vous chez Sir Darwin qui a convié quelques amis, Einstein, Proust et un certain Lewis Carroll, poète, écrivain, photographe. Ce dernier connaît bien la fameuse Alice qu’il a maintes fois photographiée. Elle vit chez sa tutrice Lady Harper, une vieille dame acariâtre, jalouse de tout et en particulier de sa nièce, destinée à hériter de son domaine. Lewis conduit les deux voyageurs sur place avant de s’éclipser. La vieille Harper le déteste à cause de l’amitié qu’Alice lui porte. L’accueil est très froid, voire moqueur. Conduit au donjon, le Docteur Poche rencontre Alice et une autre petite fille qui lui ressemble comme deux gouttes d’eau physiquement mais qui a un caractère exécrable. Demain soir, c’est le bal des sorcières. Qui de Alice ou de son double en sera la reine ?

    Ce dix-septième album du Docteur Poche est le commencement d’une quatrième vie pour lui. Après 9 albums chez Dupuis, 5 chez Casterman, 2 chez Mosquito, le voici chez Anspach pour un hommage à Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll. Marc Wasterlain, l’un des derniers géants de la fin d’un âge d’or pour la bande dessinée franco-belge, en profite pour jeter un regard en arrière sur son œuvre. Les allusions sont nombreuses aux albums de ses débuts. Outre sa petite souris Tanenbaum, on retrouve Albert, le majordome de Il est minuit, Docteur Poche, qui dort dans son horloge. Dans un rêve, le héros revoit Robert, son frère de lait, et Ti-Hué, qui vit dans ses pensées depuis Karabouilla. Un vol d’hommes-papillons passe au-dessus de l’homme en rouge dans la forêt de crayons. Un singe ne fait pas des manières mais éteint des feux. Mademoiselle Zoé et son chat sont invitées au bal.

    Docteur Poche est l’une des plus merveilleuses séries qui n’ont jamais été créées. Ses premiers albums sont mythiques. Espérons que ce renouveau ne reste pas éphémère car même les enfants des années 2020 ont le droit de rêver.


    Série : Docteur Poche

    Tome : 17 – Les jardins d’Alice

    Genre : Aventure fantastique

    Scénario & Dessins : Marc Wasterlain

    Couleurs : Oriana Wasterlain-Esposito

    Éditeur : Anspach

    ISBN : 9782931105535

    Nombre de pages : 48

    Prix : 15,50 €

    © Wasterlain – Anspach


  • Flitop
    par Laurent Lafourcade

    Jamais tranquille !

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    « -Salut, Flitop ! Heu… Salut, « Fli-pas-top ». « Pas trop du tout », même, on dirait.

    -Tu n’imagines pas à quel point. Un agent vient de m’avertir qu’on allait abattre mon arbre… Et juste avant ça, j’ai appris qu’une famille d’insectes allait prendre possession de mon potager.

    -Quoi ?! Tu ne vas pas te laisser faire, mon vieux ! »

    Flitop est une sorte d’écureuil qui cultive son jardin. Son potager est ravagé par des insectes qui boulottent ses carottes, mais qui lui promettent de trouver un arrangement. Par ailleurs, un agent de police qui passait par là lui fait remarquer que les racines d’un arbre de son jardin dégradent la voie publique. Il va falloir l’abattre. Demain matin, deux ouvriers municipaux viendront pour accomplir la tâche. C’est donc un Flitop complètement déprimé que trouve son copain Jean-Claude en arrivant chez lui. Pas question de laisser son pote abattu de la sorte. Jean-Claude veut commencer par éradiquer les insectes. Pour Flitop, pas question de se transformer en meurtrier. Il a d’abord besoin de changer d’air. Les deux compères vont sur les hauteurs de la ville pour voir le soir se lever.

    © De Thuin – Jarjille

    Flitop et Jean-Claude regardent les étoiles. Mais, tiens, c’est quoi ça ? Une soucoupe volante se pose près d’eux. Les envahisseurs débarquent sur terre ! Seront-ils pacifiques ? C’est en tout cas la toute première rencontre de nos héros avec des êtres de l’espace. Flitop et les envahisseurs est la première des trois histoires qui composent cet album. Dans Flitop et la navette intuitive, Picorine confie à l’écureuil un cadeau loufoque de son oncle le professeur Flector, sa dernière navette en kit à monter soi-même. La drôle de machine va lui faire quelques bêtises, et changer Jean-Claude en profondeur.

    La dernière aventure est une histoire de tondeuse autonome. Créée elle aussi par le professeur Flector, elle va s’avérer être une tondeuse pas comme les autres et devenir redoutable face à de nouveaux envahisseurs de l’espace.

    © De Thuin – Jarjille

    Palpitantes, captivantes, extraordinaires, émouvantes, exaltantes, bouleversantes, désolantes et navrantes : les aventures de Flitop sont tout ça à la fois. C’est dit dans les bandeaux titres qui rappellent la belle époque des magazines BD. Peut-être que Flitop y été destiné car le héros date au moins de 2016, une illustration en témoigne. Il aura fallu attendre que les éditions Jarjille aient la géniale idée de publier cet album signé par un artiste formidable qui mériterait une plus grande exposition : David De Thuin. Connu pour Zélie et compagnie avec Corbeyran, l’artiste est l’auteur d’albums aussi divers que variés, allant du héros tout public comme Waldor au drame psychologique comme Autreville. Flitop entre dans le registre humoristique jeunesse déjanté, cousin de ce que faisait Macherot avec Sibylline.

    © De Thuin – Jarjille

    Des envahisseurs, une navette, une tondeuse,… C’est le printemps. Préparez votre jardin. Flitop le sait, il peut être le terrain de nombreuses surprises venues de là où on ne les attend pas.


    Titre : Flitop

    Genre : Aventure fantastique

    Scénario, Dessins & Couleurs : David De Thuin

    Éditeur : Jarjille

    ISBN : 9782493649386

    Nombre de pages : 64

    Prix : 16 €


  • Nocturnos
    par Laurent Lafourcade

    « La nuit éclaire ce que le jour dissimule. »

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    « -Regarde cette nuit. Il fait si noir qu’on voit seulement les étoiles.

    -On a vu deux étoiles filantes.

    -Et un accident.

    -On va dormir ? La balade au bord de l’eau m’a épuisée. Tu viens ?

    -J’arrive. »

    Comme tous les soirs, comme de tous temps, le soleil s’endort derrière l’horizon. Le jour laisse place à la nuit dont les habitants sortent de leurs cachettes. Hiboux et chauves-souris prennent leurs envols pendant que l’homme se réfugie dans sa tanière, autrefois une grotte, aujourd’hui un appartement. Certains y trouvent le repos, d’autres voient leurs angoisses et la mélancolie envahir leurs pensées. La nuit est un lieu de contrastes. L’avantage de l’obscurité, c’est qu’elle permet de dévoiler les étoiles. La nuit fait partie du cycle naturel des choses. Une biche se fait heurter par une voiture et c’est la fin de sa vie.

    © Pérez – Morgen

    Par chance, les occupants de l’automobile n’ont rien. Un couple s’arrête pour s’assurer que tout va bien. Ils sont là car ils ont loué une cabane pas loin, à l’écart du tumulte et de la pollution de la ville. Pas facile de trouver le sommeil quand on n’est pas dans son environnement. Chaque bruit semble être une menace et peut faire remonter à la surface des peurs d’enfant, ces nuits où les plantes envahissent l’espace et où l’on rencontre des faunes, êtres de la forêt aussi mystérieux qu’inquiétants, où l’on est élève dans une école bizarre et où l’on se recouche dans son lit au milieu des arbres.

    © Pérez – Morgen

    « La nuit est l’état naturel de l’univers ; c’est de jour que les anomalies surviennent. » Cette citation de Jean-Paul Sartre reproduite en postface synthétise idéalement le propos de l’album. L’autrice espagnole Laura Pérez n’écrit pas et ne dessine pas une histoire. Elle créé une ambiance, une ambiance nocturne, cela va de soi. Entre rêve et réalité, on ne sait pas toujours où l’on est. Pérez convoque David Lynch et Guillermo Del Toro pour une expérience qui pourrait être sortie de leurs films. Dans Nocturnos, le temps ne passe pas de façon linéaire. Il se recycle. Il n’y a pas de début, il n’y a pas de fin. Laura Pérez invite à la méditation.

    © Pérez – Morgen

    « Plus rien ne s’oppose à la nuit, Rien ne justifie » chantait Alain Bashung. Chez Laura Pérez, rien ne s’y oppose non plus. Au contraire, tout s’y retrouve, sans qu’on ne ressente le besoin de tout justifier. Nocturnos est une ode à la nuit.


    Titre : Nocturnos

    Genre : Emotion

    Scénario, Dessins & Couleurs : Laura Pérez

    Éditeur : Morgen

    ISBN : 9782387250179

    Nombre de pages : 192

    Prix : 24,90 €


  • Cheyenne
    par Laurent Lafourcade

    Deux frères métis et la guerre…

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    « -George ! Charley ! Dieu soit loué !

    -Bonjour, père.

    -…Père.

    -La guerre est donc finie pour qu’elle me rende mes fils ?

    -La guerre continue, père. Nous avons été faits prisonniers. Des mois que nous croupissons dans une prison yankee à Saint-Louis…(…)

    -Leur foutue guerre, je m’en fiche. Bienvenue à la maison, les gars ! »

    Ce jour-là, Charley et George Bent rentrent chez eux, dans le Colorado. Old John n’espérait plus voir revenir ses fils de la guerre. Elle n’est pas finie. Ils ont été faits prisonniers et ont croupi pendant des mois dans une prison yankee, à Saint-Louis. Ils ont été libérés parce qu’ils ont signé une promesse de ne plus jamais prendre les armes contre l’armée de l’union. Le problème est que l’état du Colorado vient de faire allégeance à l’union. Les frères Bent seront toujours considérés comme des salopards de confédérés. Ils sont métis. Leur mère, Owl Woman, est une Cheyenne. Alors que les relations entre les colons et les indiens sont plus que tendues, ils décident d’aller la rejoindre, à Sand Creek, le campement de Black Kettle, le seul village Cheyenne encore Pacifique.

    © Prugne – Daniel Maghen

    Nous sommes en septembre 1864. Seul George va finalement aller retrouver la tribu. Pour Little Fox, il est Oncle Black Bird. Sa mère l’accueille à bras ouverts. Il promet de rester avec elle. Il est prêt à défendre les intérêts des indiens, à tout prix, contrairement à Charley, alias Funny Mole pour les cheyennes, qui ne voulait plus tenir d’arme. Du côté de l’armée Yankee, on s’apprête à proposer un accord de protection à la tribu. Les autochtones ne sont pas dupes. Ils savent que le gouverneur du Colorado a levé un régiment de volontaires pour tuer les indiens. Alors que Charley est arrivé à demi-inconscient sur son cheval, le groupe de Sand Creek ne sait plus s’il peut faire confiance aux blancs. Les cheyennes restent sur leurs gardes.

    © Prugne – Daniel Maghen

    Patrick Prugne raconte un nouveau pan de l’Histoire douloureuse de la colonisation de l’Amérique. Alors qu’à cause de la série Les Tuniques Bleues ont a toujours pris la guerre de Sécession comme une division manichéenne entre les gentils yankees du Nord et les méchants confédérés du Sud, on se rend compte que la réalité est bien plus complexe que cela. Même dans le camp des soi-disant gentils, il y avait des bourreaux. Le colonel John Milton Chivington était de ceux-là. Dans les pages complémentaires, Patrick Prugne dresse le portrait de tous les protagonistes du drame raconté dans cet album.

    © Prugne – Daniel Maghen

    Cheyenne est le huitième récit que Patrick Prugne consacre aux indiens d’Amérique du Nord. Il confirme ses performances de dessinateur et de coloriste dans un récit que l’on aurait préféré qu’il ne soit qu’une fiction. Dramatiquement historique.


    Titre : Cheyenne

    Genre : Histoire

    Scénario, Dessins & Couleurs : Patrick Prugne

    Éditeur : Daniel Maghen

    ISBN : 9782356742599

    Nombre de pages : 96

    Prix : 19,50 €


  • Sakamoto Days 21 – Horoscope du jour
    par Laurent Lafourcade

    Hard Boiled Prison

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    « -En rang ! Vous êtes les déchets de la société, que ce soit bien clair ! Estimez-vous heureux de pouvoir respirer chaque jour ! Il n’y a aucun droit de l’homme, ici ! Votre existence a autant de valeur que la poussière sur les murs ! »

    Alors que le lieu est un endroit que tout un chacun souhaiterait laisser le plus loin possible de soi, Shin et Heisuke se sont débrouillés pour se faire incarcérer dans la prison de la FJA, la fédération japonaise des assassins. S’ils font cela, c’est pour rencontrer l’oracle, qui est enfermée au deuxième sous-sol, le lieu le mieux gardé où sont confinés les criminels les plus dangereux du pays. Voilà un endroit à l’intérieur duquel il va encore falloir réussir à pénétrer. Alors qu’ils pensaient avoir fait le plus dur, ils se rendent rapidement compte qu’il reste un rempart encore plus haut à franchir en la personne de Jo Kase, un gardien de prison surveillant en chef aux méthodes bien particulières.

    SAKAMOTO DAYS © 2020 by Yuto Suzuki/SHUEISHA Inc.
    © 2026, éditions Glénat

    La prison de la FJA, c’est sa maison, et il adore la maison. Kase est un ancien membre du détachement spécial d’intervention de la fédé, une sous-section de l’Ordre contrôlée par la FJA spécialisée dans les opérations antiterroristes. Il a même décroché la place de numéro un lors du concours de « l’assassin le plus génial ». Mais comment donc un type proche des membres de l’Ordre a-t-il pu devenir gardien de prison ? Toujours est-il qu’il fait la loi sur place en étant plus cruel avec les prisonniers que ces derniers ne pourraient l’être. Avec Shin et Heisuke, il va trouver du répondant dans une escalade de violence. A côté de Kase, l’ancien ennemi de Sakamoto qu’ils vont retrouver, Boil, ferait presque figure d’enfant de cœur.

    SAKAMOTO DAYS © 2020 by Yuto Suzuki/SHUEISHA Inc.
    © 2026, éditions Glénat

    Pendant ce temps, au deuxième sous-sol, Mademoiselle Atari, alias l’oracle, est d’une humeur massacrante. La jeune femme envoie valser son repas. Elle ne veut pas finir malade avec cette nourriture préparée dans des conditions d’hygiène douteuses. Les gardiens n’ont pas besoin de s’inquiéter pour sa santé. Elle sera bientôt dehors, elle le sait, elle est devin. Ses prédictions sont justes à 100 % et l’homme de son destin est déjà en route pour la rejoindre. Si aujourd’hui elle n’a pas l’air dans son assiette, c’est parce qu’elle a eu une vision sinistre du futur : aujourd’hui, dans cette prison, au moins trois vies vont s’éteindre. Et Sakamoto dans tout ça ? Pendant ce temps, il affronte Torres. Cinq combats, cinq défaites. Pourquoi s’obstine-t-il à le défier ?

    SAKAMOTO DAYS © 2020 by Yuto Suzuki/SHUEISHA Inc.
    © 2026, éditions Glénat

    Pas un temps mort dans ce volume 21 de Sakamoto Days. Yuto Suzuki n’épargne rien à ses personnages et continue à surprendre le lecteur avec de nouveaux personnages méchamment extravagants. L’horoscope du jour est annoncé. A chacun de le gérer, à la vie, à la mort !


    Série : Sakamoto Days

    Tome : 21 – Horoscope du jour

    Genre : Thriller/Polar

    Scénario & Dessins : Yuto Suzuki

    Éditeur : Glénat

    ISBN : 9782344067321

    Nombre de pages : 208

    Prix : 7,20 €


  • Bougainvillier
    par Laurent Lafourcade

    La vie de quartier

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    « -Tu dois être la nouvelle voisine, je suis Colin !

    -Moi, c’est Ginger.

    -Bienvenue à Bougainvillier, Ginger ! Tu viens de loin, je me trompe ?

    -De l’autre côté de la ville.

    -Je me disais bien que tu avais un drôle d’accent. »

                    Ginger est venue des Mimosas pour s’installer avec sa mère et son petit frère dans le quartier de Bougainvillier. Partie explorer les alentours, elle ne tarde pas à faire des rencontres et à se constituer une bande de copains. Colin lui présente ses potes. Loup porte tout le temps un sac sur la tête, par timidité. Issa est le costaud de la bande. Il n’est pas très rassurant quand il parle de Monsieur Doberman, alias le tueur de Père Noël. En béquilles ou en fauteuil roulant, Amy est plus scientifique. Elle cherche à comprendre le pourquoi du comment des choses. Dorian, c’est le grand-frère de Colin. Il n’est pas très adroit pour draguer Nouria pour qui il a un p’tit crush.

    © Bec, Dubuisson – Delcourt

                    Tout va changer dans la vie de Ginger le soir d’Halloween. Elle adore Halloween parce que c’est la période des sorcières. Elle ne savait pas qu’en remplaçant une pincée de crotte de chauve-souris et un soupçon de musc de rat par du lait et de la cannelle dans sa potion de magie noire elle allait créer un petit bonhomme en pain d’épices vivant ! Elle pensait tout simplement préparer un gâteau pour sa mère. Loin d’être diabolique, la créature est baptisée Bread. Comme ça, avec Ginger, ça fera Gingerbread, ce qui veut dire pain d’épices en anglais. Bread tente de s’intégrer au petit groupe d’enfants mais n’insiste pas plus que ça, surtout quand Issa se demande quel goût il pourrait bien avoir. Bread va préférer passer son temps sur le divan, à soulever ses questions existentielles à une poupée de chiffon assise à côté.

    © Bec, Dubuisson – Delcourt

                    Le Comic Strip américain peut numéroter ses abattis. Les Peanuts ont enfin trouvé leurs concurrents francophones avec la bande de Bougainvillier. A la fois hommage à l’art dessiné de la presse quotidienne et renouveau dans le genre, Bougainvillier dresse le portrait d’une communauté drôle et attachante, à la manière de Charlie Brown et ses camarades. Petit clin d’œil à Calvin et Hobbes également avec ici aussi un personnage qui ne devrait pas parler : ce n’est pas un tigre en peluche mais un bonhomme-gâteau en pain d’épices. Les demi-planches colorisées alternant avec les strips font écho aux planches dominicales où l’on retrouvait les mêmes personnages dans un plus long format. Le seul problème de Bougainvillier c’est qu’on n’ait pas le bonheur, époque oblige, de le découvrir jour après jour dans la presse.

    © Bec, Dubuisson – Delcourt

                    Marc Dubuisson est le scénariste d’humour du moment à suivre. Il a signé plusieurs albums dans la poilante collection Pataquès chez Delcourt, dont fait partie celui-ci. Il est aux commandes de la prometteuse série Working Dead dans Spirou. Il a écrit le scénario du dernier album des Schtroumpfs, et surtout, il a scénarisé le triptyque complètement barré Camp Coyote. Issu de l’animation, Sylvain Bec a le feeling idéal pour rendre le petit monde de Ginger aussi drôle qu’attachant. Bougainvillier est le quartier où tout le monde voudrait maintenant habiter. Impossible d’en rester là.


    Titre : Bougainvillier

    Genre : Humour

    Scénario : Marc Dubuisson

    Dessins & Couleurs : Sylvain Bec

    Éditeur : Delcourt

    Collection : Pataquès

    ISBN : 9782413088981

    Nombre de pages : 80

    Prix : 16,50 €


  • Captain Biceps 8 – L’atomiseur / Comment dessiner ?
    par Laurent Lafourcade

    Des gnons et des crayons

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    « -Biceps ! Ici le président… Rappliquez, on a un problème de super-méchant !

    -On arrive Mr le président ! Effectivement, il a pas l’air commode… On s’en occupe. »

                    Le monde n’a rien à craindre. Le président de la plus grande puissance de la Terre et les autres peuvent dormir sur leurs deux oreilles. Le Captain Biceps veille. Le voici enfin de retour pour notre plus grand bonheur et pour le plus grand malheur des super-vilains qu’il va castagner. Brainiac l’invincible aura beau se réfugier dans sa sphère champ de force il risque de choper une sacrée nausée. Abeilles-Man, la ruche vivante, pourra piquer qui elle veut, elle ne pourra rien contre la boîboîte de Biceps. Même les super-héros Marvel ne feront pas le poids. Captain America va voir plus d’étoiles que sur le drapeau de son pays. Le Docteur Strange va vite arrêter de faire le malin, tout comme le nouveau Spider-Man, toujours nouveau, qui projette sa toile par l’abdomen, le dégueulasse.

    © Tebo, Zep – Glénat

                    S’il est un adversaire qui va donner du fil à retordre à Captain Biceps et avec qui il n’arrive pas à faire vraiment ce qu’il veut, c’est sa mère. Elle voudrait tant qu’il trouve une gentille fille. Ce n’est pas en restant toute la journée en pyjama qu’il va y parvenir… surtout si elle lui en coud un avec 34 pyjamas de bébé. Son fils pense toujours à lui ramener un petit cadeau (elle adore les boules à neige) et gare au voyou qui voudrait se faire passer pour elle. S’il est des ennemis particulièrement originaux dans ce nouvel opus, ce sont d’une part les héros de mangas dans un étonnant gag réversible, d’autre part les rappeurs Big Flo et Oli qui feraient bien de faire gaffe à leur débit de paroles. L’album se termine avec une immersion dans Minecraft où notre héros va casser de la brique.

    © Tebo, Zep – Glénat

                    En parallèle à ce retour musclé du Captain Biceps, les éditions Glénat rééditent la méthode de dessin des mêmes auteurs Zep et Tebo. « Comment dessiner ? » vous donne 50 trucs pour devenir un as de la BD, et si avec ça vous n’y arrivez pas, c’est que vous n’êtes pas doué. L’album initialement sorti à l’italienne revient en format classique avec deux pages bonus inédites consacrées au dessin animé. Pêle-mêle, vous n’aurez plus aucune difficulté pour dessiner des mains, des filles, un slip, des muscles, un caca de chien, un bruit. Vous saurez aussi quel outil est le plus adapté à votre objectif : crayon, plume ou pinceau. Zep et Tebo se mettent en scène et donnent tout pour nous faire poiler… jusqu’à apprendre à dessiner les vieux à poil.

    © Tebo, Zep – Glénat

                    Captain Biceps atomise ses ennemis. Vous, vous allez atomiser tout le monde en dessin. Entre gnons et crayons, c’est le plaisir de la baston.



    Série : Captain Biceps

    Tome : 8 – L’atomiseur

    Genre : Humour

    Scénario : Zep

    Dessins & Couleurs : Tebo

    Éditeur : Glénat

    Collection : Tchô !

    ISBN : 9782344069127

    Nombre de pages : 48

    Prix : 11,50 €


    Titre : Comment dessiner ? 50 trucs pour devenir un as de la BD

    Genre : Documentaire déjanté

    Scénario : Zep

    Dessins & Couleurs : Tebo

    Éditeur : Glénat

    Collection : Tchô !

    ISBN : 9782344075753

    Nombre de pages : 48

    Prix : 11,50 €


  • Les évadés d’Alcatraz
    par Laurent Lafourcade

    Des fugitifs dans l’engrenage de la fuite

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    « -Vous étiez censés être quatre. Il est arrivé quoi aux deux autres ?

    -Le premier a pas pu sortir de sa cellule. L’autre… Rentre. Va te laver. Vas-y.

    -Deux, ce n’est pas quatre.

    -Je sais compter.

    -Le plan, c’était pour quatre.

    -Vous avez déjà essayé de vous évader de prison ? »

                    11 juin 1962, trois prisonniers s’évadent de la prison fédérale d’Alcatraz. Dans le frêle esquif sur les eaux agitées de la baie de San Francisco, seuls deux d’entre eux atteindront la rive. Mais ça, personne ne le sait car en 1979 le FBI a clos le dossier, aucun corps n’ayant été retrouvé. Frank et Clarence ont pu regagner la berge. Le frère de ce dernier a eu moins de chance. A présent, ils atteignent une cachette où une complice leur a laissé des habits. Elle les rejoint le lendemain. Mais ils ne sont que deux alors que le deal de l’évasion était pour quatre. Entre un prisonnier n’ayant pu sortir et un autre perdu en mer, les survivants vont devoir faire le boulot qui étaient prévu pour tous, à savoir travailler bénévolement dans une exploitation agricole pendant cinq ans au lieu de deux. Assumeront-ils la tâche ?

    © Cantwell, Crook – Delcourt

                    Bien qu’évadés, on est des malfrats ou on ne l’est pas. Si Clarence n’admet pas la perte de son frère, Frank ne peut contenir son côté sanguin. Pendant ce temps, deux agents du FBI découvrent le canot pneumatique qui a permis l’évasion. Persuadés que les prisonniers ont réussi leur coup, ils se lancent à leurs trousses. Et ils ne seront pas les seuls. Et quand on laisse des cadavres derrière soi, il ne faut pas s’étonner que la piste soit remontée. Finalement, Alcatraz n’était-il pas pour les fugitifs un havre de sérénité par rapport à la fureur du monde extérieur ?

    © Cantwell, Crook – Delcourt

                    11 juin 1962, trois prisonniers s’évadent de la prison fédérale d’Alcatraz. Si des auteurs de bande dessinée font du faits divers une fiction, l’anecdote est belle et bien réelle. D’après Wikipédia, les malfrats « restent toujours recherchés par les autorités. En 2013, John Anglin envoie une lettre à la police en expliquant qu’ils avaient réussi leur évasion mais que Frank Morris et son frère Clarence étaient morts, respectivement en 2008 et en 2011. Il explique qu’il est atteint d’un cancer du haut de ses 83 ans, la police ne prendra pas en compte cette lettre en la classant de canular. Divers témoignages et photos prétendent montrer la présence des frères Anglin au Brésil ou encore au Mexique. » Christopher Cantwell et Tyler Crook proposent leur version des faits. Ils mettent les personnages dans de telles situations inextricables qu’on se demande comment ils vont pouvoir rester cohérents avec la réalité. Le twist final, très malin, remet la situation d’aplomb.

    © Cantwell, Crook – Delcourt

                    Dans un trait réaliste et des couleurs chocs, Tyler Crook peint une Amérique sans pitié. Christopher Cantwell signe un scénario haletant, sans temps mort, faisant de l’album un page turner qu’on ne peut refermer avant la fin.


    Titre : Les évadés d’Alcatraz

    Genre : Thriller / Polar

    Scénario : Christopher Cantwell

    Dessins & Couleurs : Tyler Crook

    Éditeur : Delcourt

    Collection : Contrebande

    ISBN : 9782413093398

    Nombre de pages : 160

    Prix : 18,50 €


  • Lyndon
    par Laurent Lafourcade

    Drame victorien

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    « -Professeur Meriwether !

    -Tenez ! Attrapez ! Un petit cadeau de ma part, professeur, pour ne pas avoir renvoyé mon frère. Merci encore.

    -P… Pensez-vous…

    -Maintenant, je comprends pourquoi tout le monde vous apprécie. D’habitude, les gens d’ici ne sont pas les plus faciles.

    -Vous croyez ?

    -J’en suis sûr. Les marins et les fermiers, c’est des têtes de mule. Et par ici on ne trouve que ça. »

                    Un homme se réveille après un cauchemar dans lequel, enfant, il se retrouvait sous les flots. Après s’être débarbouillé, il quitte son logement de fonction pour gagner, à pied, son lieu de travail. Lyndon Meriwether est instituteur. Avant, il habitait la ville. Alors, se retrouver à travailler sur une île, ça lui change. Mais c’est lui qui a voulu quitter la frénésie de Londres pour la sérénité de la campagne. A l’école, Miss Murray s’occupe des filles, lui enseigne aux garçons. Parmi ses élèves, Gavin McKay n’a pas les codes de toutes les bonnes manières. Lorsque Lyndon en réfère à son grand frère Elliot qui vient le chercher après la classe, l’enseignant semble troublé par la rencontre qu’il vient de faire.

    © Marchesini, Dicataldo – Le Lombard

                    Entre des cauchemars liés à son enfance et l’émotion qu’il ressent chaque fois qu’il croise la route d’Elliot, Lyndon est perclus de sentiments refoulés. Que ferait un agriculteur dans la force de la jeunesse avec un homme cultivé comme lui ? Il est peu probable que les ressentis soient réciproques. Pour les habitants de l’île, qu’ils soient paysans ou marins, il faut vivre avec la rudesse des éléments et du climat maussade. Un cheval noir, le kelpie, tenterait de noyer ceux qui se rapprochent de la mer. Une vieille dame habitant seule serait une sorcière. Le jour où Gavin va disparaître après s’être approché trop près d’une falaise, l’île toute entière va se retrouver en émoi. Il y a peu de chances qu’il ait survécu, mais tant que l’on n’a pas retrouvé son corps, l’espoir est permis.

    © Marchesini, Dicataldo – Le Lombard

                    Irene Marchesini et Carlotta Dicataldo racontent l’histoire d’un héros malgré lui en la personne du professeur Lyndon Meriwether. L’aventure victorienne est un récit de sentiments refoulés -seront-ils un jour assumés ?- et de fausse culpabilité. En choisissant de changer de vie, Lyndon fait sa thérapie. Il tente de soigner son enfance et, en même temps, se trouve confronté à son homosexualité difficile à montrer au grand jour à l’époque, dans l’Angleterre du XIXème siècle. En manga, on aurait appelé cela un boy’s love. Mais cessons de caractériser les livres comme cela. C’est une histoire d’amour, tout simplement. Quand on arrivera à ça, c’est que les gens comme Lyndon pourront vivre leur vie, tout simplement. Irene Marchesini fait durer les suspens jusqu’aux derniers moments. Carlotta Dicataldo réalise un album impeccable, tant au niveau des personnages, des couleurs, que des décors immersifs.

    © Marchesini, Dicataldo – Le Lombard

                    Emily Brontë aurait pu signer cette histoire, elle qui a écrit dans les Hauts de Hurlevent : « Aussi ne saura-t-il jamais comme je l’aime, et cela non parce qu’il est beau mais parce qu’il est plus moi-même que je ne le suis », phrase que Lyndon aurait pu prononcer. Avec grâce, intrigue, classe et beauté, voici un de ces grands récits qui font avancer les mentalités.


    Titre : Lyndon

    Genre : Emotion

    Scénario : Irene Marchesini

    Dessins & Couleurs : Carlotta Dicataldo

    Éditeur : Le Lombard

    ISBN : 9782808215565

    Nombre de pages : 208

    Prix : 24,95 €


  • Shiba inu rooms 1
    par Laurent Lafourcade

    Un chien à câliner mais pas trop

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    « -Pour être bien sûre, je me permets de demander à nouveau quel est le montant du loyer ?

    -4800 yens.

    -C’est terriblement bon marché, non ?!

    -C’est que… Il y a une petite raison à cela…

    -Si c’est parce que l’appartement est « hanté », ça ne me pose aucun souci. »

    Lorsqu’elle accepte de louer un appartement soi-disant « hanté », Momose Kôri, 17 ans, ne sait pas encore à quoi elle doit s’attendre. Le train de l’effroi roule sur les rails de son indifférence. Rien n’a jamais réussi à lui faire peur ni à la dégoûter et ce n’est pas la compagnie des humains qu’elle préfère. L’esprit qui hante cet appartement est celui d’un chien, un shiba. Il s’appelle Muu et il n’a pas l’air commode, l’animal. C’est un jibakurei, un esprit attaché à un lieu particulier en général en raison d’une mort tragique. Kôri n’est pas ravie. C’est à cause d’un chien qu’elle a dû récemment changer de lycée. Elle refuse dans un premier temps la location. Le voisin, lui, a dans son appartement de nombreux esprits canins.

    Shibatsuki Bukken © 2024 by Esu Omori
    © 2026 Bamboo édition

    Lorsqu’on donne suffisamment d’amour à un esprit canin, on lui permet de rejoindre le paradis. Des médiums prétendent que les esprits clairement visibles ont une durée de vie limitée, autour d’une dizaine d’années. Ils méritent donc d’en profiter le plus possible. Persuadée qu’elle pourra faire partir Muu facilement, l’étudiante se ravise donc et prend l’appartement. Elle veut emménager immédiatement si possible. Le temps d’amener les cartons et la voilà sur les lieux. Premier contact avec la bête : elle se fait mordre la main. Il y a mieux pour engager une relation. Au fil du temps, les deux compères vont entretenir une relation ralouille-amitié. Le chien a un caractère de chien tout en ayant un côté affectueux.

    Shibatsuki Bukken © 2024 by Esu Omori
    © 2026 Bamboo édition

    En emménageant avec l’esprit d’un chien, Kôri ne se doutait pas que c’est son cœur solitaire à elle qu’elle allait soigner. Le couple fait partie de ces duos improbables qui font la force de certaines séries. C’est un succès phénoménal au Japon. 1,4 millions de vues en ligne pour le one-shot originel ; d’excellents classements dans divers charts dont la septième place dans les recommandations mangas des libraires japonais en 2025. Il y a même eu un premier pop-up store dédié à Muu et aux shibas en octobre 2025 qui a fait des petits dans tout le Japon depuis janvier. Attention, amis lecteurs, ce type de lectures amène toujours la même réflexion. Un animal ne s’achète pas comme on achète un livre. Il y a des conséquences à l’adoption. Privilégiez donc les peluches et les bouquins.

    Shibatsuki Bukken © 2024 by Esu Omori
    © 2026 Bamboo édition

    Il a un sale caractère mais on a tant envie de le câliner. Pas trop quand même… Shiba inu rooms est un manga animalier qui ne ressemble à aucun autre. Rien que ça, c’est un exploit.


    Série : Shiba inu rooms

    Tome : 1

    Genre : Animalier

    Scénario & Dessins : Esu oomori

    Éditeur : Bamboo

    Collection : Doki Doki

    ISBN : 9791041115341

    Nombre de pages : 192

    Prix : 7,95 €


  • Bichette !
    par Laurent Lafourcade

    Le drôle de duo du parc

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    « -Tu t’y connais en jardinage ?

    -Oui, c’est pas passion depuis toujours.

    -Mais t’es pas à l’école ? T’as quel âge ?

    -21 ans.

    -Tu fais plus jeune.

    -On me le dit souvent. Je vous observe depuis quelques temps car j’adorerais faire votre métier. »

    Gui est jardinier dans le grand parc public de Monmignon-sur-Seine. A moitié SDF, il vit dans une vieille berline à qui il manque des roues garée en bordure du jardin. Pour son pote Aldo, il a toujours le temps pour une pause clope avant de repartir faire croire à sa responsable Nadine qu’il bosse. Gui a une chérie. C’est Hortensia. Elle bosse à la MJC. Il aime bien faire la cuisine à poil chez elle. Pour subvenir à ses besoins, il chaparde au supermarché du coin et il a perdu un doigt depuis qu’il l’a échangé contre un portefeuille volé avec un toxico. Bref, malgré tout ça, Gui adore sa vie et son métier. Il ne sait pas encore que tout va changer pour lui le jour où une petite fille, ou plutôt une jeune femme parce qu’on ne dirait pas mais elle a 21 ans, va entrer dans sa vie. Elle s’appelle Xochitl (prononcez Sochitleu), mais c’est plus simple de l’appeler Bichette.

    © Gleason – Casterman

    Bichette rêve d’apprendre le métier de Gui. Elle veut l’aider dans ses tâches. Elle sait faire des trous pour planter des bulbes. Félicitations ! Il l’engage comme stagiaire. En plus, elle sait déjà tuteurer et chasser les mômes qui jouent au ballon sur le gazon frais. Désespéré que sa dulcinée le trompe avec son collègue de boulot et abattu par la disparition de sa voiture-maison, Gui se recentre sur son parc dans lequel il rêve qu’il y ait plus de variétés de fleurs que d’abrutis, un manège, un hamac, un potager avec du cannabis naturel et pas la merde qui circule actuellement. Bichette va lui faire découvrir un nouveau monde : son squat au beau milieu du parc où elle vit avec d’autres énergumènes.

    © Gleason – Casterman

    Aucun album d’Emilie Gleason ne ressemble au précédent. Junk Food dénonçait la malbouffe. Robbie, histoire de zombie, dédramatisait la mort. J’perds pas la boule racontait la vie du footballeur Vikash Dhorasoo. Bichette revisite Léon de Luc Besson…sauf que Gui n’est pas un tueur et la gamine n’a rien de Nathalie Portman, d’ailleurs ce n’est même pas une gamine. En fait, Bichette n’a rien à voir avec Léon. Bichette et Gui sont sous l’emprise l’un de l’autre. La jeunette profite du savoir-faire du jardinier. Celui-ci trouve avec elle un nouveau cadre soignant ses soucis actuels. Emilie Gleason met beaucoup d’elle-même dans ses albums et c’est certainement pour ça qu’ils sont aussi sincères. On le sait depuis Ted, drôle de coco. Elle a vécu sous emprise. Bichette est sa catharsis où elle distord la problématique. Son trait underground pose des personnages sales et attachants dans des décors qui n’appartiennent qu’à elle, jusqu’à un final imprévisible.

    © Gleason – Casterman

    Si Robert Combas faisait de la BD, il s’appellerait Emilie Gleason. A l’instar d’Anouk Ricard, Gleason est l’une des autrices majeures du moment. On ne peut pas laisser Bichette enfermée dans ce parc. Tout le monde doit lire Bichette.


    Titre : Bichette !

    Genre : Comédie

    Scénario, Dessin & couleurs : Emilie Gleason

    Éditeur : Casterman

    ISBN : 9782203283794

    Pages : 192

    Prix : 24 €


  • La reine des pantins
    par Laurent Lafourcade

    Choisir son genre

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    « -Une robe d’or ? Mais n’est-ce pas cette légende qui parle d’une robe toute entière tissée d’or et dotée de pouvoirs ?

    -Pas « de pouvoirs », mais d’un pouvoir bien particulier pour lequel les hommes tueraient ! Ah ! Je vois que vous n’êtes guère au courant. La robe d’or transforme celle qui la revêt en ce qu’elle désire le plus, ou plutôt… en ce qu’elle désire être.

    -Mais…. Mais ce n’est qu’une légende, n’est-ce pas ?

    -Une légende ? Non, jeune fille. Absolument pas. »

    Un rideau rouge s’entrouvre, laissant passer un clown. Il sort une baguette de chef d’orchestre. Le spectacle peut commencer. Musiciens, danseurs et prestidigitateurs s’agitent pour le plus grand bonheur d’une spectatrice bien installée sur un grand fauteuil. Une fois la représentation terminée, la jeune fille, la reine Jacqueline, félicite la troupe, avant de poursuivre un comédien ayant fait mine de lui dérober son nez. Tout le monde a l’air de bien s’amuser. Ce n’est pas la même histoire dans la sombre campagne où un laboureur force son fils Jacques à laisser tomber ses pantins pour aller bêcher un champ aride afin de préparer les cultures. Après une rude journée, le soir, le garçonnet retrouve le sourire en se couchant au milieu de ses personnages. Jacques et Jacqueline ne feraient-ils qu’un ?

    © Radosti – Dupuis

    « Qu’est-ce donc qui suscite cette étincelle ?

    Je suis le sculpteur et tout ceci est mon argile.

    Qu’est-ce donc qui donne forme à ma pensée ?

    La conscience que si cela existe, alors c’est vrai ! »

    Ces paroles du chanteur italien Rancore sont issues du titre Giovani Artisti, Jeunes artistes. Ces quatre vers synthétisent le propos de Rosalia Radosti, sculptrice de l’argile qu’est ce livre. Jacques/Jacqueline imagine le monde idéal, évoluant dans un univers pastel. Jacques soufre dans une réalité grisâtre que Jacqueline tente de refouler. Le monde de la petite reine n’en n’est pas moins violent. Et qu’est-ce donc que cette histoire de robe d’or qui transforme celle qui la revêt en ce qu’elle désire être ?

    © Radosti – Dupuis

    La reine des pantins est un conte sombre et merveilleux sur la résilience et le pouvoir de l’esprit. Rosalia Radosti offre un sublime écrin à la théorie du genre, non pas celui que l’on est, mais celui qu’on a le droit de se choisir. On choisit ses amis, on ne choisit pas sa famille. Jacques n’est certainement pas né ni au bon endroit, ni à la bonne époque. Même si les mentalités ont évolué depuis le temps dans lequel prend place le récit, le monde n’a pas encore atteint l’acceptation totale et la sérénité sur le sujet. Si un seul lecteur ouvre son esprit à la tolérance, l’autrice aura atteint son but.

    © Radosti – Dupuis

    La reine des pantins oppose la fureur des hommes à la douceur d’une âme. Il est des histoires qui prennent au cœur. La reine des pantins est de celles-ci. Que celles et ceux qui ne versent pas une larme à la fin de l’album se dénoncent. C’est qu’ils sont faits de pierre. Cette histoire est un coup de poing, une tragédie agitatrice.


    Titre : La reine des pantins

    Genre : Drame

    Scénario, Dessin & couleurs : Rosalia Radosti

    Éditeur : Dupuis

    ISBN : 9782808513449

    Pages : 200

    Prix : 27,95 €


  • Lucky Luke – La longue marche de Lucky Luke
    par Laurent Lafourcade

    Le troisième Bonhomme

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    « -Jetez un œil là-dessus Johnson. Le bébé a une tache de naissance sur le haut du front. Il semblerait qu’il s’agisse du garçon blanc que vous avez vu récemment dans la tribu des Pieds-Bleus.

    -La tache, hein ? P’têt’ben qu’oui, p’têt’ben qu’non.

    -Je suis envoyé parMister Cramp lui-même. Il tient absolument à retrouver le petit. Il est fort probable que cet enfant soit son neveu. Je voudrais que vous me guidiez jusqu’au campement des Pieds-Bleus.

    -T’as le feu sous ton scalp, garçon ? On ne va pas chez les Pieds-Bleus en ce moment. On les évite comme la vérole. Ils sont à cran ! »

    Un cow-boy solitaire et son cheval avancent péniblement dans un paysage enneigé. Ils atteignent un village. Le cow-boy, Lucky Luke, entre dans ce qui ressemble plus à une taverne qu’à un saloon. Il cherche un certain Jeremiah Johnson. C’est le trappeur que le gérant vient de mettre dehors. Lucky le rattrape et, après avoir calmé l’individu, lui montre un médaillon avec une photo : celle d’une femme et d’un bébé avec une tache de naissance sur le haut du front. Ce bébé est maintenant un jeune garçon. Jeremiah l’aurait vu récemment dans la tribu des pieds-bleus. Il est fort probable que le petit soit le neveu de Mister Ronald Cramp, l’employeur de l’homme qui tire plus vite que son ombre.

    © Bonhomme – Dargaud

    En échange d’un fusil flambant neuf, le trappeur accepte d’accompagner Lucky Luke. Après avoir manqué de se faire scalper par Puma-Noir, le duo fait la connaissance d’Antilope, alias Jane Cramp, la femme de la photo, épouse de Robert Cramp, disparu en mer, qui leur apprend comment elle et son fils en sont arrivés là, une sombre histoire d’héritage convoité, comment ils ont été adoptés et protégés par la tribu indienne, jusqu’à ce que Jeremiah Johnson n’apprenne leur existence et diffuse la nouvelle, au grand dam de Ronald Cramp. Cet oncle véreux lorgnant sur l’héritage a donc embobiné Lucky Luke pour ramener le gamin afin de mieux le faire re-disparaître. Le nouvel objectif de Lucky va être de le protéger, mais il va falloir faire avec un quatuor bien connu, qui lui, ne se préoccupe pas des sentiments.

    © Bonhomme – Dargaud

    Voici la troisième aventure semi-réaliste de Lucky Luke réalisée par Matthieu Bonhomme. Blueberry a eu sa longue marche, c’est au tour de Lucky Luke d’accomplir la sienne, dans les étendues enneigées du Minnesota. Pour la première fois, l’auteur met les Dalton en scène. On pensait l’entreprise impossible car immerger des personnages hautement humoristiques dans un univers qui se veut plus proche de la réalité, ou tout du moins de la plausibilité, de ce qu’ont fait Morris et Goscinny, semblait incongru. C’était impossible, donc Bonhomme l’a fait. Et avec quel talent. Joe et Averell gardent leurs caractéristiques tout en restant crédibles dans ce nouveau cadre. Au niveau de la colorisation, le challenge était tout aussi complexe à relever. Le dessinateur-coloriste maîtrise complètement la technique Morris des aplats chocs. Lucky Luke sans ces codes couleurs, ce ne serait plus Lucky Luke.

    © Bonhomme – Dargaud

    Avec cette trilogie, Matthieu Bonhomme signe plus qu’une relecture de l’univers de Lucky Luke. C’est tout simplement ne reprise complète qui ne demande qu’à se poursuivre.


    Série : Lucky Luke

    Tome : La longue marche de Lucky Luke

    Genre : Western humoristique

    Scénario, Dessins & Couleurs : Matthieu Bonhomme

    Éditeur : Dargaud

    ISBN : 9782884715102

    Nombre de pages : 48

    Prix : 16,50 €


  • Une histoire vécue par Louison Bobard 2 – 10 minutes de silence
    par Laurent Lafourcade

    Prise de conscience

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    « -Je vous offre quelque chose ? J’aime beaucoup ce que vous faites à « 24 heures sur la une ». que préparez-vous en ce moment ?

    -Un sujet qui me tient à cœur… J’attends pour ça les chiffres de l’année passée de la mortalité routière. Il se dit que ça pourrait être terrifiant… Et justement, je voudrais m’adjoindre les services d’un journaliste auto spécialisé… Vous avez ça ? »

                    1973. Le nombre de tués sur les routes de France va bientôt être dévoilé et il s’annonce alarmant. Il y a de plus en plus de victimes et il est temps que les pouvoirs publics et la population prennent conscience qu’il faut agir. La journaliste Louison Bobard le sait bien. Elle a été victime d’un grave accident il y a quelque mois dans lequel son passager a perdu la vie. En ces temps-là, la ceinture de sécurité n’est pas obligatoire et la vitesse n’est pas limitée comme aujourd’hui. Quand le patron du Regard, le journal pour lequel elle travaillait l’appelle, pas question pour Louison de couvrir à nouveau le Tour de France ou autres courses cyclistes. Mais c’est tout autre chose qu’il lui propose.

    © Bazile, Magne – Editions du Tiroir

                    La prévention routière prévoit d’embarquer à bord de deux Renault 16 orangées une équipe composée d’un technicien, d’un médecin, d’un gendarme et d’un passager candide afin de sillonner les routes de France pour noter les points à améliorer, constater les aménagements routiers à perfectionner et relever les comportements inadaptés des conducteurs. Après réflexion, Louison accepte le rôle de la passagère.

                    D’un autre côté, afin de secouer les esprits, la première chaîne de télévision demande à Yves Remington de réaliser un reportage qui ferait bouger les choses. Le patron ne veut pas montrer de vrais accidents. C’est trop choquant. Il faut trouver l’idée. 16 620 morts sur les routes, c’est l’équivalent d’une ville comme Mazamet. Et si l’on parvenait à filmer cette population comme si tout le monde était décédé ?

    © Bazile, Magne – Editions du Tiroir

                    Bien qu’une légère intrigue va venir interférer le récit, la série est avant tout une série d’ambiance et d’époque. On connaît l’amour de Bruno Bazile pour les bagnoles, le cyclisme et Maurice Tillieux. On connaît la fin tragique de Maurice Tillieux, génial auteur de bande dessinée, créateur du détective Gil Jourdan, disparu dans un accident de la route en 1978. Comme pour essayer de changer le cours de l’Histoire, Bazile met en scène une campagne choc d’amélioration de la sécurité routière en 1973. Voici un genre de récit que l’on n’avait jamais lu. Avec le recul, il reste d’actualité car la sécurité routière est quelque chose qui peut, qui doit sans cesse progresser. Le scénario est original, percutant, à la fois classique et inédit avec un côté vintage. Le trait jeté de Bruno Bazile accélère l’action et dynamise les bolides sans protections.

    © Bazile, Magne – Editions du Tiroir

                    10 minutes de silence, c’est le temps de filmer les victimes, comme si toutes étaient de Mazamet. Si cet album sauve une seule personne sur la route cinquante ans après, il aura atteint son but. Et si quelque chose est encore vivant en bande dessinée, c’est la bonne BD à la Tillieux. Les créateurs de héros ne meurent jamais.


    Série : Une histoire vécue par Louison Bobard

    Tome : 2 – 10 minutes de silence

    Genre : Journalisme

    Scénario & Dessins : Bruno Bazile

    Couleurs : Yves Magne

    Éditeur : Editions du Tiroir

    Collection : L’aventure

    ISBN : 9782931251355

    Nombre de pages : 48

    Prix : 16 €


  • Super Mario – Le livre d’histoires d’Harmonie
    par Laurent Lafourcade

    Des étoiles dans le cœur

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    « -Qui es-tu ? Et que fais-tu ici ?

    -J’attends ma maman. Elle doit venir me chercher avec sa comète. »

    Il était une fois, il y a très, très longtemps, sur une petite planète bleue… Une jeune fille rousse s’approche d’un vaisseau tout rouillé d’où jaillit un enfant étoile. C’est ainsi que se fit la première rencontre entre Harmonie, la demoiselle, et Luma, l’étoile. Cette dernière est en larmes. Elle attend depuis très longtemps sa maman qui doit venir la chercher avec sa comète. Harmonie va l’aider à la retrouver. Les nuits suivantes, Harmonie observe le ciel avec un télescope : aucune trace de la maman de Luma. Un beau jour, Harmonie lui propose de partir à sa quête, à bord du vieux vaisseau réparé.

    © 2026 Editions Soleil, Groupe Delcourt

    Sorti récemment en salles, le film Super Mario Galaxy est l’adaptation des jeux vidéos Super Mario Galaxy 1 & 2. La princesse Harmonie est la sœur aînée de Peach. Elle élève des Lumas, ces étoiles kawaïs, à bord de l’Observatoire des Comètes. Elle va être enlevée par Bowser Junior. Comment s’en sortira-t-elle ? Pour ça, il faut aller voir le film. Pour savoir comment Harmonie a rencontré pour la première fois une Luma, il faut lire ce livre, joliment édité dans la collection Soleil Manga.

    © 2026 Editions Soleil, Groupe Delcourt

    Dans des tons pastel, on voyage dans l’infinitude de l’espace jusqu’à atterrir sur un corps céleste fait de glace lumineuse. C’est cette nuit-là qu’Harmonie va rêver de sa mère à elle, de sa silhouette s’éloignant en lui promettant qu’elle ne l’abandonne pas, étant son soleil le jour et sa lune la nuit. Cette histoire est une histoire de relation entre mère et fille, une histoire d’absence et de comment trouver un palliatif.

    © 2026 Editions Soleil, Groupe Delcourt

    Ce livre d’histoires d’harmonie est un petit bonbon. Après l’avoir lu, vous ne regarderez plus jamais les étoiles comme avant.


    Titre : Super Mario – Le livre d’histoires d’Harmonie

    Genre : Conte

    Scénario, Dessin & couleurs : Nintendo

    Éditeur : Soleil

    ISBN : 9782302108929

    Pages : 112

    Prix : 24,99 €


  • Les hautes herbes
    par Laurent Lafourcade

    Rien ne quitte le cœur

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    « -On devrait s’installer ici pour toujours. Il est trop bien cet abri !

    -Tu connais nos règles !

    -Jamais plus de trois nuits au même endroit. Les animaux sont sauvages…

    -Et ?

    -Et les hommes sont pires. »

                    L’histoire commence il y a fort longtemps, lorsqu’un dieu, le grand Kholo, a fait le monde. Il a créé des créatures plus extraordinaires les unes que les autres. Les petites ciblétilles sont des insectes à la croisée de libellules et de sauterelles. Les ichors sont à la fois félins et canidés, comme si lions, hyènes et panthères étaient confondus. Les faconneurs sont des volatiles à quatre pattes. Plus joueurs, les galipans ressemblent à des singes-boucs. Les camélidons sont quant à eux de grands herbivores pacifiques. C’est plus tard que seront fabriqués les hommes, à partir de l’argile de la rivière.

    © Grun, Clin – Daniel Maghen

    Divisés en cinq grandes tribus, ils serviront les bêtes. Cette histoire de création du monde, c’est une maman qui la raconte à son fils pour l’endormir. Quelques temps plus tard, un accident terrible va endeuiller la famille. On retrouve quelques années après Garik, le père, et son fils adolescent. Ils chassent pour subvenir à leurs besoins. Ils prévoient d’aller en ville afin de vendre des dents d’ichors à des bijoutiers. Avant d’entrer dans Montelano, ils cachent leurs armes pour passer inaperçus. Habitués à la violence des animaux, ils vont découvrir celle des hommes.          

    © Grun, Clin – Daniel Maghen

                    En quatre chapitres (Origine, Nomades, Les hautes herbes et Origines), cette histoire est une fable fantastique sur la force de la nature, la férocité des hommes et la résilience du deuil. Grun et Laurence Clin créent une mythologie complète. A l’instar d’un spécialiste du genre comme Léo, Grun invente un monde de rétro-anticipation, invoquant aussi bien Mézières que Moebius ou James Cameron. Le vrai nom de Grun est Ludovic Dubois. Laurine Clin est son épouse. Ce qui est incroyable, c’est que les ciblétilles qu’ils ont imaginées pourraient intégrer l’univers d’un autre Dubois, Pierre, l’elficologue. Ce ne sont pas de simples créatures fantastiques. Elles sont le pivot du récit.

    © Grun, Clin – Daniel Maghen

                    « Tu vois, quand tu ramasses une fleur, laisse ses racines dans la terre. Comme ça, elle renaîtra au prochain cycle. C’est ce que nous enseigne le Subtil. » Cette phrase résume le propos de ces Herbes Hautes qui nous enseignent que rien ne meurt jamais vraiment si l’on respecte l’équilibre de la nature qui nous entoure. Subtil, ce récit d’apparence sauvage l’est. Il est même d’une grande délicatesse.


    One shot : Les hautes herbes

    Genre : Rétro-anticipation

    Scénario : Laurine Clin

    Dessins & Couleurs : Grun

    Éditeur : Daniel Maghen

    ISBN : 9782356742131

    Nombre de pages : 112

    Prix : 21,50 €


  • L’équipée du siècle
    par Laurent Lafourcade

    Steampunk race

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    « -Monsieur Carver, j’ai une proposition à vous faire.

    -Dans ce cas, ma petite dame, vous pouvez m’appeler Lew.

    -Ne prenez pas ce ton-là avec moi, « Lew ». Je ne suis pas une de ces donzelles que vous pouvez facilement impressionner.

    -Vraiment… ?

    -J’ai besoin d’un pilote.

    -Maddie, ce n’est peut-être pas le meilleur moment pour discuter avec Monsieur Carver.

    -Je ne fais pas de courses privées, Mam’zelle Maddie.

    -Oh, ce que je vous propose est tout sauf privé. »

                    Début du XXème siècle. Paris, concours Lépine. Une ingénieure présente une lampe révolutionnaire qu’elle vient d’inventer. Le prototype que montre Maddie Clarke est le « gear », un générateur d’électricité aérobique récursif. Ce dispositif portable est capable de produire de l’électricité pendant plusieurs jours. De l’électricité en bouteille ? Le public est dubitatif. La démonstration est un fiasco. L’invention explose. Il en faut plus pour décourager Maddie. Dans un article de journal, elle apprend qu’une course est organisée aux Etats-Unis, une course automobile dont le vainqueur bénéficiera d’énormes subventions publiques pour développer sa technologie. Voilà le moyen de montrer au monde l’intérêt de son invention. Maddie embarque aussitôt sur un paquebot avec son père. Les Etats-Unis seront-ils la terre de ses opportunités ?

    © Latil, Sordet – Bamboo

                    En assistant à un spectacle de voltige à moto, Maddie Clarke fait la connaissance de Lewis Carver, alias le trompe-la-mort. L’homme défie les lois de la gravité dans des figures dangereusement impressionnantes. L’ingénieure lui propose de participer avec elle à ce qui s’annonce être la course la plus médiatisée de tous les temps, celle qui déterminera quelle solution de mobilité sera soutenue par le gouvernement des Etats-Unis. Moyennant finances, Carver accepte le défi, lui qui prétend toujours gagner. En quelques jours de mécanique, la bécane du motard est équipée du « gear ». Le ministre des transports en personne arbitre la compétition. Plusieurs compagnies sont en lice pour remporter le challenge. Le fair-play sera-t-il au rendez-vous ?

    © Latil, Sordet – Bamboo

                    L’équipée du siècle est l’aventure steampunk d’un monde en pleine mutation. A l’heure où les ressources naturelles mettent la planète à feu et à sang, au moment où l’on se demande qu’elle est l’énergie la moins coûteuse et la plus judicieuse pour les automobiles, l’histoire déplace le problème dans un univers rétro-futuriste qui permet de prendre un certain recul sur la question. Mais avant tout, Dominique Latil écrit une course motorisée à la manière des Fous du volant, sans le côté déjanté de la série. Il met en scène un duo improbable, le genre de personnes qui n’auraient jamais dû se rencontrer et qui font l’originalité de l’histoire. Dans un style semi-réaliste dynamique, Romain Sordet mène l’action tambour battant, allant jusqu’à jouer avec les onomatopées qui font partie prenante du graphisme.

    © Latil, Sordet – Bamboo

                    L’équipée du siècle est un one shot qui a tout pour devenir le premier tome d’une future série. Maintenant que l’univers est en place, même si l’histoire est complètement auto-suffisante, on attend de nouveaux défis courso-technologiques pour Lew et Maddie.


    Titre : L’équipée du siècle

    Genre : Aventure

    Scénario : Dominique Latil

    Dessins & Couleurs : Romain Sordet

    Éditeur : Bamboo

    Collection : Drakoo

    ISBN : 9782382331897

    Nombre de pages : 64

    Prix : 16,90 €


  • Ana Ana 27 – Balade en mer
    par Laurent Lafourcade

    Les amis sont le phare de la vie

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    « -Bonjour Ana Ana ! Bonjour les doudous !

    -Coucou Persil ! Comment vas-tu ?

    -Moi, ça va ! Mais Corail, lui, ne va pas très bien.

    -Ha bon ? Je vais lui parler ! »

                 Un hérisson sur une trotinette croise un crocodile avec casquette et sac à dos. Un caneton et une coccinelle sont dans une mini-voiture verte. Ils saluent une grande équipée composée de six doudous dans une carriole tirée par un tricycle. Ce sont Ana Ana et ses doudoux. Ils filent cheveux aux vents vers la librairie du village pour découvrir de nouveaux livres. Ils y sont accueillis par Persil, du haut de l’échelle de son camion de pompier. Il va très bien, pas comme Corail, le gardien de phare. Il est un peu triste. Chaque jour, il regarde la plage, la mer et les bateaux. Il admire cette eau qu’il n’a jamais touchée, ces navires sur lesquels il n’est jamais monté, ce sable qu’il n’a jamais foulé. Pour le consoler, Ana Ana lui propose une sortie en mer, tout de suite.

    © Roques, Dormal – Dargaud

                 Tous sortent de la librairie et galopent jusqu’à la plage. Corail découvre les vagues. La petite troupe emprunte des bateaux à Girofle et Yuzu qui bouquinent sur le sable. Deux canots, un pneumatique, et l’on s’élance sur l’eau. Le petit gardien de phare s’enivre des embruns et des odeurs marines. Comme d’habitude, Touffe-de-poils, sûr de lui, dirige la navigation. Evidemment, tout ne va pas se passer comme prévu et nos amis vont certainement avoir besoin d’aide.

    © Roques, Dormal – Dargaud

                 C’est souvent qu’Ana Ana et les doudous s’amusent au bord de la mer. Cette fois-ci, ils vont carrément sur l’eau pour faire plaisir à un petit bonhomme en peluche qui malgré son métier n’y était jamais allé. L’entraide et la solidarité sont au cœur de cet épisode qui invite également à prendre garde aux dangers de la mer. Dominique Roques confirme le statut « doudou » des livres d’Ana Ana. Comme une mise en abimes, une histoire de doudous devient un doudou elle-même tant il est rassurant de les retrouver, comme un métronome, tous les six mois. Alexis Dormal fait de chaque page un ou des petits tableaux aquarelles. On avait déjà vu la librairie, la plage et la mer. On découvre ici la sublime lueur de son phare en dernière case.

    © Roques, Dormal – Dargaud

                    Il n’y a pas que les phares qui éclairent la vie ; il y a aussi les amis. On retrouvera bientôt Ana Ana et ses doudous pour chanter et danser avec eux. En attendant, profitez des doux après-midi de printemps pour faire une petite balade en mer avec les vôtres. Vive vive Ana Ana !


    Série : Ana Ana 

    Tome : 27 – Balade en mer

    Genre : Petit bonheur poétique

    Scénario : Dominique Roques

    Dessins & Couleurs : Alexis Dormal

    Éditeur : Dargaud Jeunesse

    ISBN : 9782205215410

    Nombre de pages : 32

    Prix : 7,95 €


  • Aldo Rémy 4 – Baby  » Boum »
    par Laurent Lafourcade

    Le dernier tiroir de Tibet

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    « -Mon bébé ! On a volé mon bébé ! Au secours ! Il était dans son berceau au… au soleil ! J’ai entendu le bruit d’une grosse voiture ! C’est… C’est… On l’a volé !

    -Calme-toi, Martine !… Nous avons vu la voiture ! Nous pourrons témoigner ! On la retrouvera !

    -Son papa… Il faut le prévenir ! C’est monstrueux ! C’est…

    -Appelle les flics, Alex ! »

                    En se disputant gentiment en voiture, Aldo et sa copine Manon ne se doutaient pas que leur vie allait basculer en une seconde. Un salaud qui ne respecte pas un stop et voilà la bagnole pliée. Pendant qu’Aldo amène Manon groggy à l’hôpital, une femme hurle au rapt de son bébé. Il était dans son berceau au soleil. Elle a entendu le bruit d’une grosse voiture. On le lui a volé.

                    Le lendemain, à part un œil au beurre noir, Manon est remise. Aldo n’a qu’une idée en tête : retrouver le chauffard. En entendant à la radio le fait divers concernant l’enlèvement du bébé, à l’endroit même de l’accident, Aldo en est persuadé, les deux événements sont liés. C’est le kidnappeur qui les a percutés.

    © Tibet – BD Must

                    Aldo Rémy est la toute dernière série créée par Tibet. Il voulait un personnage « moins con-con que Ric Hochet ». C’est ainsi qu’il a créé à 75 ans ce personnage, ce loulou de quartier qui parle cash et sans filtre. Les deux premiers albums sont parus chez Glénat dans la collection franco-belge Paris-Bruxelles. Le public visé n’étant pas du tout celui de Ric Hochet et de Chick Bill, une édition au Lombard aurait causé des confusions pour les plus jeunes lecteurs. C’est en tous cas l’argument avancé par la maison pour refuser le projet. En effet, dans Aldo Rémy, on peut trouver le personnage principal en pleins ébats au lit avec son amoureuse, et le langage est plutôt cru. Un troisième album paraîtra après le décès de Tibet chez Bang. Il aura fallu attendre quinze ans pour qu’on découvre qu’il existait un dernier épisode.

    © Tibet – BD Must

                    Si le scénario est bouclé et les personnages tous encrés, si les phylactères sont écrits, seules les huit premières planches sont entièrement terminées. Le décorateur Franck Brichau a arrêté l’encrage des décors à la disparition de Tibet. Les aventures d’Aldo Rémy ont un charme intemporel. Elles pourraient se dérouler de nos jours avec la mentalité des années 70. Tibet prend un plaisir non dissimulé à se lâcher. En bonus, on peut apprécier les dessins originaux des couvertures, lire une interview de Tibet pour Télérama, et découvrir sa méthode de travail, avouant déléguer l’encrage des décors depuis le tout premier Ric Hochet. Il ne s’en est d’ailleurs jamais caché, et c’est certainement grâce à cela qu’il a tant publié.

    © Tibet – BD Must

                    Tibet est un auteur très injustement, non pas oublié, mais relégué au second plan. C’est pourtant l’un des maîtres du classique. Mais voilà, ses histoires sont populaires et c’est un gros mot pour une certaine intelligentsia. BD-Must fait un remarquable travail de réhabilitation en publiant ses péchés de jeunesse, et à présent son chant du cygne. Avec ce dernier album, édité à seulement 399 exemplaires, la boucle est bouclée.


    Série : Aldo Rémy

    Tome : 4 – Baby «  Boum« 

    Genre : Polar humoristique

    Scénario & Dessins : Tibet

    Éditeur : BD Must

    ISBN : 9782875359629

    Nombre de pages : 56

    Prix : 49 €


  • Mon copain Patate 1 – Mon copain Patate va tout déchirer ! / Sakamon Castle 1 – Bienvenue à l’auberge
    par Laurent Lafourcade

    Hamster vs Navet

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    « -Les enfants, je vous présente votre nouveau camarade, Léon ! Mais il aime bien aussi qu’on l’appelle Patate.

    -Squiiiiizz ! »

                    Pour Léon, on ne peut pas dire que ce soit une période bien heureuse. Ses parents se sont séparés et il emménage à la campagne avec sa mère. Déjà qu’il n’avait pas d’ami, c’est pas ici qu’il va pouvoir s’en faire. Sa maman est plus optimiste. Une nouvelle vie les attend. Alors, pour égayer celle de son fils, elle lui offre un hamster, une patate sur pattes. Tiens, il s’appellera comme ça. Léon jalouse la vie de Patate. Il passe son temps à se goinfrer, à faire des réserves, à s’éclater dans sa roue, à dormir n’importe où et n’importe quand. Un soir, en s’endormant, il demande à Madame la fée, si elle existe, de faire quelque chose pour qu’il n’aille plus jamais à l’école. Le lendemain au réveil, Léon est dans le corps de Patate… et vice versa.

    © Jouzeau, Guérout – Glénat

                    Une nouvelle arrivante débarque à Sakamon Castle. La grenouille Bloudiradi a obtenu son premier emploi en tant que sorcière dans cette lugubre auberge tenue par un puissant démon. Sakamon va pouvoir lui apprendre tout ce que l’école n’a jamais voulu lui enseigner sur le côté obscur de la magie. T’as qu’à croire ! Sakamon est un sac de navets fifou et hyper maléfique…. Mouais…. Pas vraiment terrifiant, mais un peu hâbleur, vraiment roublard et un brin gaffeur, le tout sans aucun état d’âme. Bloudiradi va vite comprendre sa douleur en se voyant métamorphosée en humaine, effet secondaire d’un cookie préparé par le navet. C’est sous cette apparence qu’elle va devoir travailler à l’auberge entre un personnel hors du commun et des clients étonnants.

    © Lenourry – Glénat

                    Après Jean-Mowgli, Giovanni Jouzeau est de retour avec une série poilante dans tous les sens du terme. Sur un scénario de Seb Guérout, il met là aussi en scène un écolier atypique. Après le sauvageon en slip, le garçon hamster et le hamster garçon posent leurs derrières sur les bancs. Léon en animal coache Patate en humain parce que ce dernier n’a pas tous les codes de conduite. Entre eux deux, c’est un peu comme entre Rémy et Alfredo dans Ratatouille. Dans une succession d’histoires courtes, on va les accompagner au fil des jours, jusqu’à ressentir l’odeur du bonheur ? ou de la bouse ?

    © Jouzeau, Guérout – Glénat

                    L’univers de Sakamon Castle est complétement déjanté. On peut retrouver la série sur Instagram et 52 épisodes de dessins animés en 11 minutes sont en cours de développement. Mathieu Lenourry n’a pas créé une série, il a créé une ambiance, avec des personnages aussi débiles qu’attachants. Maminosor est la magicienne qui a créé Sakamon en donnant vie à un sac de navets. Grenngraine le jardinier est la caution écolo et le tonton des deux pestes Télonia et Tarcilde. Ménestin est le majordome, le seul à sembler normal si tant est qu’il y a quelqu’un de normal dans ce monde. Quant aux clients, entre un ancien professeur de sorcellerie et la famille de Baudruche, on n’est pas près de garder les pieds sur terre.

    © Lenourry – Glénat

                    Avec Mon copain Patate et Sakamon Castle, la collection des petits albums Glénat La collec’ passe clairement à la vitesse supérieure. Exit les sourires. Rires garantis.



    Série : Mon copain Patate

    Tome : 1 – Mon copain Patate va tout déchirer !

    Genre : Humour

    Scénario : Seb Guérout

    Dessins & couleurs : Giovanni Jouzeau

    Éditeur : Glénat

    Collection : La collec’

    ISBN : 9782344068755

    Nombre de pages : 80

    Prix : 11 €


    Série : Sakamon Castle

    Tome : 1 – Bienvenue à l’auberge

    Genre : Humour

    Scénario, Dessins & couleurs : Mathieu Lenourry

    Éditeur : Glénat

    Collection : La collec’

    ISBN : 9782344069783

    Nombre de pages : 80

    Prix : 11 €


  • La fabuleuse histoire de la 4L
    par Laurent Lafourcade

    8 135 424 exemplaires d’une voiture mythique

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    « -Alors, c’est ça, ton cadeau d’anniversaire ?!?

    -Oui !… C’est une belle surprise ! Pas vrai ?

    -Pour une surprise c’est réussi !… Une antiquité, ta caisse !

    -P’être bien ! Mais elle est en parfait état de marche !

    -Euh, tu sais, Manon, moi, pour mes 20 ans je préférerais un voyage !

    -Justement Lucy, l’un n’empêche pas l’autre ! »

    Pour ses 20 ans, Manon a reçu un cadeau hors du commun. La 4L familiale est désormais la sienne. Ses parents espèrent qu’elle gardera autant de bons souvenirs qu’eux au volant de ce bolide. A elle de prendre la relève pour la faire vagabonder. L’antiquité est en parfait état de marche. Elle date de 1963, deux ans après les premiers modèles. En termes de voyage, Manon a déjà des ambitions. Elle voudrait s’inscrire au raid 4L trophy, une course humanitaire qui se déroule au Maroc. Inutile d’arriver en premier. Seuls les kilomètres parcourus comptent. Son petit ami Théo accepte de faire le co-pilote, si ses parents sont d’accord. Si les jeunes sont réjouis, les voisins de Manon comptent bien lui mettre des bâtons dans les roues.

    © Uderzo-Ott, Eho, Bayo – Idées plus

    Gaby, le parrain garagiste de Théo, confirme que la 4L est en excellent état. Elle a été refaite à neuf. Il en profite pour leur faire l’historique du modèle. C’est en 1955 que Pierre Dreyfus, PDG de Renault, lance un projet destiné à remplacer la 4CV. Après quelques évolutions, la Renault 4L sort des usines de Boulogne-Billancourt en région parisienne en 1961. A l’époque, les voitures étaient mises au point non pas derrière des ordinateurs mais sur la route, avec des tests routiers à travers le monde dans la chaleur du désert aussi bien que dans les pays glaciaux. La voiture n’est plus produite depuis 1994, mais en 1997, un passionné fait renaître la légende en imaginant le rallye-raid solidaire auquel vont participer nos héros s’ils arrivent à concrétiser leur projet.

    © Uderzo-Ott, Eho, Bayo – Idées plus

    Après la 2CV, Monique Uderzo-Ott signe un vibrant hommage à une autre belle et originale automobile. Même si une intrigue met un peu de suspens dans l’aventure, le principal intérêt du récit est historique. Avec les couleurs de Max Bayo, Jérôme Eho met la 4L en valeur, des modèles classiques aux plus originaux, des tout-terrains aux modèles de cinéma, ressuscitant l’adjudant Ludovic Cruchot pour la gendarmerie et donnant au Pape François un rôle qui n’est pas de composition.

    Ce n’est pas la première fois que les éditions Idées Plus s’intéressent aux automobiles Renault. Quatre petits albums à l’italienne leur ont déjà été dédiées dont un spécifique consacré à la 4L, la populaire.

    © Uderzo-Ott, Eho, Bayo – Idées plus

    Avec Manon et Théo, les frères Marreau, candidats emblématiques du Paris-Dakar dans les premières années, ont trouvé leurs successeurs. Embarquez avec eux pour cette fabuleuse histoire de la 4L !


    Titre : La fabuleuse histoire de la 4L

    Genre : Aventure passion

    Scénario : MoniqueUderzo-Ott

    Dessins : Jérôme Eho

    Couleurs : Max Bayo 

    Éditeur : Idées plus

    ISBN : 9782374700953 

    Nombre de pages : 48

    Prix : 14 €


  • Jhen 20 – La Louve Céleste
    par Thierry Ligot & Axelle Coenen

    Deux Papes dont un de trop

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    « -La visite prochaine de l’émissaire du nouveau patriarche de Constantinople, Dorothée de Mitylène est, n’en doutez pas, une occasion unique pour nous. Mon intention est de tout mettre en œuvre pour l’éblouir et le persuader que l’union de nos deux Églises ouvrira une ère nouvelle et prometteuse pour la Chrétienté. La basilique Saint-Pierre ne rayonne plus de la grandeur qu’elle devrait offrir à la Chrétienté. C’est pourquoi j’ai chargé mon secrétaire Biando de convoquer Filarete, un éminent architecte de Florence … Là, nous ferons une représentation théâtrale digne de la cour du roi de France. J’ai, à cet effet, fait venir le dénommé Jhen Roque, un artiste qui a conçu pour le baron Gilles de Rais un spectacle fameux retraçant l’épopée de la Pucelle d’Orléans (…) et après le plaisir des oreilles, le plaisir des yeux ! J’ai convié Jean Fouquet, qui m’a si admirablement peint par le passé, à venir faire le portrait de notre éminent hôte. »

    Ainsi est planté le décor de cette nouvelle aventure trépidante pour notre architecte – artiste – scénographe dramaturge, Jhen, créé par Jacques Martin en 1978. A cette belle équipée se joint Angeline de Waldo, chanteuse et musicienne, dont la voix est un don céleste, une mélodie enchanteresse qui charme les cœurs et captive les âmes. Pourtant, accompagnée de son frère Athanasius, elle semble avoir un projet caché en se faisant admettre au sein des proche d’Eugène IV. La fratrie Waldo serait-elle l’instrument d’un complot visant le Saint-Père ? Et quels seraient les moyens de pressions exercés sur eux par ce mystérieux moine encapuchonné qui semble dirigé cette conspiration ?

    © Néjib, Pleyers, Martin – Casterman

    En cette année 1440, l’Évêque de Rome a aussi d’autres soucis que son souhait de rapprochement avec le nouveau patriarche de Constantinople. Son autorité est mise à mal par l’élection, à Bâle, d’un autre « représentant de saint-Pierre », l’antipape Félix V. Deux Papes, donc forcément un de trop ! Lequel ? Celui de Rome, Eugène IV, ou celui qui s’abrite à Bâle, Félix V ? Le premier rêve de rapprocher, voire réunifier les églises d’Occident et d’Orient, le second d’éliminer le premier pour asseoir définitivement sa légitimité sur le trône de Saint Pierre. Jhen se retrouve ainsi, involontairement, mêlé à un complot dont il pourrait bien être, non la clé, mais l’une des victimes collatérales permettant ainsi à un vieil ennemi que l’on croyait disparu d’assouvir une vengeance bien cruelle ! Et pour une fois, il n’aura point la possibilité d’user de son charme naturel afin de conquérir le cœur et les faveurs de l’une ou l’autre demoiselle. Avec ses amis, il aura, par contre, bien du mal à se sortir du traquenard dans lequel on l’a fait tomber.

    © Néjib, Pleyers, Martin – Casterman

    Si le scénario semble « classique » avec dès les premières planches comme un goût de « prévisible », c’est très rapidement dans les détails que naissent les surprises et rebondissements. Loin d’être linéaire, on se retrouve avec une intrigue bien plus tordue que crainte au départ. Il y a bien ici et là quelques petites incongruités narratives, mais l’ensemble tient la route pour une très agréable et divertissante découverte qui nous entraîne dans les complots et tensions internes au sein même de l’Église de Saint-Pierre au XVe siècle. Côté graphisme, Jean Pleyers reste unique : un trait assuré, hyper réaliste et soigné aussi bien dans les visages que les décors, des postures que certains jugeront peut-être parfois un brin trop « théâtrales » et « forcées », mais à tout le moins des plus expressives. Admettons néanmoins que si le travail documentaire préalable est impressionnant (décors, architecture, mobiliers, costumes, armes, chevaux, …), certaines cases d’action sont improbables. Contrebalançant cette petite remarque, le travail est parfaitement mis dans l’ambiance couleur « martinéenne » par Corinne Pleyers.

    © Néjib, Pleyers, Martin – Casterman

    Après quatre ans d’absence, les admirateurs de Jacques Martin ne seront pas déçus par ce retour de Jhen qui est au Moyen-âge ce qu’Alix est à l’Antiquité : une référence dans le Neuvième Art.


    Série : Jhen

    Tome : 20 – La Louve Céleste

    Genre : Histoire

    Scénario : Néjib

    Dessin : Jean Pleyers

    Couleurs : Corinne Pleyers

    D’après : Jacques Martin

    Éditeur : Casterman

    ISBN : 9782203228597

    Pages : 48

    Prix : 13,50 €


  • Choupisson 3 – Cœur d’artichaut 
    par Laurent Lafourcade

    Love Choupi Story

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    « -Choup ! C’est toi qui fait Poum Poum ?

    -Moi ? Nan…

    POUM ! POUM !

    -Ha ! Tu vois, c’est toi qui fais Poum Poum !

    -Mais je ne le fais pas pour de vrai…

    -Bah… Pourquoi tu fais Poum Poum dans ce cas ? Doit bien y avoir une raison. Mais laquelle ? »              

    A l’ombre d’une feuille par une belle après-midi de printemps, un ver de terre est réveillé par un tambourinement incessant. Le bruit semble provenir de son ami Paillasson le choupisson, un petit hérisson. Comme cela se fait-il ? Le coupable ne comprend pas le phénomène. Le lombric décide de mener l’enquête. Tout devient plus clair lorsque ce dernier remarque qu’une choupissonne traîne dans le coin. C’est de saison, le hérisson est amoureux. Malheureusement, la belle ne semble pas avoir d’yeux pour lui. Elle doit préférer ses congénères qui ont des piquants sur la tête. N’aimant pas voir son ami désœuvré, le ver de terre prend les choses en main.

    © Périmony – La Gouttière

    Quelqu’un semble tout indiqué pour pouvoir aider Paillasson : c’est Serge la taupe. Certes, il est un peu myope, mais il a quelque chose, un p’tit truc pour redonner du piquant au cœur solitaire. A plusieurs, dont quelqu’un qui n’y voit rien, nos petits amis vont-ils faire que la hérissonne ouvre les yeux sur l’amour que lui porte le prétendant transis ? Le printemps est la saison des amours. Les papillons ne sont pas que dans les airs mais sont aussi dans les cœurs, encore faut-il que ceux-ci s’accordent.

    © Périmony – La Gouttière

    Les aventures bucoliques de Paillasson et de son ami hérisson se poursuivent sous les crayons de leur auteur David  Périmony. Après l’aventure palpitante du tome précédent, retour au calme pour une histoire d’amour qui apprend à avoir confiance en soi. David Périmony a construit les trois premiers tomes comme s’ils se déroulaient sur une journée, tout en offrant la possibilité qu’ils soient lus dans n’importe quel ordre. Nous sommes ici en fin d’après-midi. Le ton est donné par les couleurs légèrement ambrées. L’aventure garde également un léger côté didactique. On apprend que si les hérissons ont un cœur comme tous les mammifères, les vers de terre, eux, peuvent en avoir cinq, dix… ou aucun !

    © Périmony – La Gouttière

    Choupisson, c’est de l’aventure feel good au cœur du jardin. David Périmony signe un road trip à hauteur des bestioles. Trop kawaï !


    Série : Choupisson

    Tome : 3 – Cœur d’artichaut

    Genre : Emotion

    Scénario, Dessins & Couleurs : David Périmony

    Éditeur : La Gouttière

    ISBN : 9782357961517

    Nombre de pages : 32

    Prix : 10,70 €


  • Chagrin
    par Laurent Lafourcade

    La griffe de Rodolphe Balzac

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    « -Monsieur ?

    -Eugène de Rastignac, votre serviteur.

    -Raphaël de Valentin. Nous nous connaissons ?

    -Pas encore, mais cela ne saurait tarder ! Votre allure me plaît ! Même si votre habit…

    -…est bien râpé, hélas !

    -Mais la vraie beauté, la véritable élégance n’ont que faire de ces détails !

    -Mouais… Voilà bien ce qu’on dit quand on a de l’argent !

    -Et vous n’en avez pas !

    -Tout juste ! »

                    1830. Raphaël de Valentin rêve d’un avenir plus radieux que le temps maussade sous lequel il marche dans les rues de Paris. Il n’est pas écrivain mais rêve de faire fortune grâce à un roman autobiographique qui s’appellera « Chagrin », du nom d’une variété de cuir, une peau d’âne ou d’onagre. L’autobiographie est un genre à la mode pour peu qu’elle soit épicée de quelques péripéties rocambolesques ou amoureuses. Quelques crimes et un brin de magie noire peuvent en rehausser la saveur. L’histoire de Raphaël va donc débuter à la fin de son enfance par les obsèques de sa mère. Le jeune homme reste seul avec son père et son austérité dans un château ancien sans confort et une éducation rigoureuse. Le rêve est sa seule échappatoire.

    © Griffo, Rodolphe – Glénat

                    Quelques années plus tard, alors que son père se meurt, la fortune familiale s’amenuise. A 23 ans, Raphaël n’a plus ni famille proche ni amis fortunés. Il échoue dans une chambre de bonne et consacre son temps à l’écriture. C’est lors d’une promenade aux jardins du Luxembourg qu’il rencontre un certain Eugène de Rastignac. Le jeune arriviste va faire entrer Raphaël dans les soirées mondaines. C’est lors de l’une de ces sauteries que Raphaël rencontre la Comtesse Foedora dont il tombe éperdument amoureux. Mais que pourrait-elle faire d’un petit écrivaillon comme lui ? En passant devant l’échoppe d’un antiquaire, ce dernier propose de non pas lui vendre mais lui offrir une peau de chagrin, un talisman qui exauce tous les vœux.

    © Griffo, Rodolphe – Glénat

                    Rodolphe s’empare de La peau de chagrin d’Honoré de Balzac pour immerger le lecteur dans le Paris du milieu du XIXème siècle. Flirtant avec le fantastique, l’histoire est à la jointure des univers de Guy de Maupassant et d’Edgar Allan Poe. Rodolphe rend hommage aux récits réalistes de l’époque, n’hésitant pas à ne pas respecter l’œuvre originelle. Au fond, qu’y a-t-il de fantastique dans cette histoire ? L’objet existe-t-il ou n’est-il qu’un délire d’un homme perdu ? Entre fantasme et réalité, et pourquoi pas un peu d’absinthe, le doute subsiste. Toujours est-il que le scénariste permet à Griffo de réaliser l’un de ses meilleurs albums depuis longtemps. Même si l’on n’est pas au niveau des premiers Giacomo C., sommet de sa carrière, on retrouve un dessinateur appliqué, avec son style bien à lui, et qui devrait peut-être faire moins de livres par an mais aussi bien que celui-ci.

    © Griffo, Rodolphe – Glénat

                    « Si tu me possèdes, tu possèderas tout. Mais ta vie m’appartiendra. Dieu l’a voulu ainsi. » Cette phrase est signée Honoré de Balzac dans son roman La peau de chagrin. Chagrin, de Rodolphe et Griffo, en est la libre et très réussie adaptation.

    Laurent Lafourcade

    Titre : Chagrin

    Genre : Drame

    Scénario : Rodolphe

    Dessins & Couleurs : Griffo

    D’après : Honoré de Balzac

    Éditeur : Glénat

    ISBN : 9782344068458

    Nombre de pages : 136

    Prix : 24 €

  • Donjon Zénith 11 – Les méandres du pouvoir
    par Laurent Lafourcade

    Epouse imposée

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    « -Je suis tellement fier de notre fils !

    -Moi aussi ! Maintenant que leur enfant est mort, il serait temps d’écarter Isis et de trouver une future duchesse digne de lui.

    -Tout à fait. »

                    Il n’en a pas l’intention mais il va bien devoir assumer sa fonction : Herbert de Vaucanson devient suzerain de la ville. Son père a été un duc éclairé, ouvert, qui a fait prospérer la ville et les comptes en banque des notables, mais une vieille loi impose au duc de passer la main à cinquante ans. Herbert souhaite l’abroger, ce qui est accepté à l’unanimité. Voici le héros débarrassé de la charge. Mais il y a une chose qui ne plaît pas à ses parents, c’est Isis, sa chérie. Ils veulent l’écarter et trouver une future duchesse digne de leur rejeton. Au grand dam d’Isis, ils mettent dans les pattes de Herbert des prétendantes plus intéressées les unes que les autres. Celui-ci n’est pas dupe, mais tout va se compliquer lorsque les intrigants vont se retrouver intrigués.

    © Boulet, Trondheim, Sfar – Delcourt

                    Deux ans et demi après l’aventure précédente au Zénith, on retrouve les personnages emblématiques de Donjon pour un quasi huis-clos de haute tension. Alors que Marvin est parti exercer comme homme de main de Blaise Pilozzi, Herbert va devoir s’imposer au sein de sa propre famille. Comme on dit, on choisit ses amis, on ne choisit pas sa famille. S’il est un personnage secondaire marquant de cet épisode, c’est Elyacin, le troll, fils adoptif de Herbert et Isis, à l’estomac heureusement bien costaud. Le personnage est vecteur de gags et apporte les respirations nécessaires au milieu de l’ambiance anxiogène et tendue de l’épisode.

    © Boulet, Trondheim, Sfar – Delcourt

                    Sixième volume dessiné par Boulet, lire un Donjon Zénith a quand même une saveur particulière au milieu de l’univers tentaculaire de la collection. Si on aime les Donjon crépuscule, potron-minet, monsters, parade, antipodes et autres bonus, c’est parce qu’avant, on a adoré la série mère, avant qu’elle ne s’appelle zénith, quand elle était Donjon tout court. Ces méandres du pouvoir sont une comédie dramatique aux dialogues percutants, au rythme équilibré des grands professionnels du scénario que sont Sfar et Trondheim, et au dessin fin et voluptueux de Boulet dont on peut apprécier les illustrations dans le cahier graphique réservé à cette première édition.

    © Boulet, Trondheim, Sfar – Delcourt

                    Sont annoncés pour 2026 un Antipodes par Vince et un Crépuscule par Obion. En attendant, profitons de ces jeux de cours nous entraînant dans les coulisses du pouvoir.


    Série : Donjon Zénith

    Tome : 11 – Les méandres du pouvoir

    Genre : Aventure fantastique

    Scénario : Joann Sfar & Lewis Trondheim

    Dessins : Boulet

    Couleurs : Walter

    Éditeur : Delcourt

    ISBN : 9782413089445

    Nombre de pages : 56

    Prix : 11,95 €


  • Printemps à la Charité
    par Thierry Ligot & Axelle Coenen

    Un baiser arachnéen

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    « -Ahem… Bon, vous tombez bien, car j’ai deux affaires sur les bras. Vous allez vous les partager, je vous laisse le choix !

    -Tout d’abord un certain Méliès, ancien prestidigitateur qui vient de construire une sorte de hangar en verre à Montreuil.

    -En verre ? Et pour y faire quoi ?

    -Des prises de vues cinématographiques. Des films, quoi ! Et ça fait deux fois que quelqu’un essaie de détruire son atelier : une tentative d’incendie, puis une bombe artisanale qui n’a pas explosé, heureusement ! Deuxième affaire : la nuit dernière, au Museum d’histoire naturelle, un homme est tombé de l’aile du deuxième étage, dans la galerie centrale. »

    Toute l’élégance tragique de « Printemps à la Charité » mêle l’horreur historique de l’incendie du Bazar de la Charité, le 4 mai 1897, à une narration imprégnée de théâtralité classique. Tragédie qui provoqua la mort de près de 130 personnes venues assister à une projection cinématographique de Georges Méliès et enquête sur la mort accidentelle, ou pas, d’un homme au Museum d’Histoire naturelle quelques jours plus tard. Y aurait-il un lien entre ces événements ? Surtout que d’autres morts inexpliquées semblent frapper certains survivants du drame de la Charité. A ce sujet, une rumeur circulerait… Certains des survivants se seraient aidés de leurs pieds, de leurs cannes, pour écraser femmes et enfants afin de sortir rapidement du brasier ! Et pourquoi toutes ces araignées sur les lieux ? Serait-ce un indice pour mieux comprendre les événements ?

    © Pelaez, Chabert – Bamboo

    Apparu dès le premier opus de la série, « Automne en baie de Somme », l’inspecteur Amaury Broyan refait surface pour couler dans le second tome, « Hiver à l’Opéra ». Quoi de plus « normal » dès lors de le retrouver une troisième fois ! Figure centrale de ce récit, il incarne parfaitement l’archétype du héros naturaliste : un homme brisé par la perte de sa fille, hanté par le fantôme de celle-ci, naviguant entre les paradis artificiels de l’opium et la cruauté sociale de la Belle Époque. Son passé tragique en fait le héros qui pourrait élucider cette énigme en espérant une rédemption salvatrice à son propre malheur. L’enquête le conduira dans des lieux aussi variés que les réserves du Muséum d’Histoire Naturelle, les fumeries d’opium et les bas-fonds parisiens. Quant aux autres protagonistes, certains ont aussi clairement une psychologie torturée. Pour n’en citer qu’une, la venimeuse entomologiste Blanche Dambreville avoue d’ailleurs elle-même : « Contrairement à ce qu’affirment les philosophes, la mort n’a rien d’exemplaire… Il faut vivre, et vivre encore, tant qu’on nous en laisse la chance. » Mais que cache-t-elle derrière son envoûtant sourire ? Une veuve blanche ? Une femme au caractère fort, envoûtante, tissant lentement sa toile afin de prendre au piège ses proies !  

    © Pelaez, Chabert – Bamboo

    Dans ce Paris 1897 emblématique, Philippe Pelaez applique à son scénario une structure digne d’une tragédie classique. Un prologue et trois parties, tels trois actes de théâtre introduits chacun par un texte de Rimbaud pour « La nuit de l’enfer », de Baudelaire pour « Le poison » et de Victor Hugo pour « La Veuve Blanche ». Poursuivant sur la même vague que les deux premiers tomes, le scénario intègre dans son fil des personnalités de l’époque. Ici, nous croiserons évidemment le génie Méliès, ou encore le dandy parisien Robert de Montesquiou. Côté graphisme, Alexis Chabert est au sommet de son talent. Son trait et sa palette d’aquarelles nous immergent dans cette ambiance, cette atmosphère pesante de mystère arachnéen, de spiritisme latent. Une sublime et somptueuse plongée dans les lignes sinueuses, les courbes élégantes, les formes organiques de cette époque illumine chaque planche. Et tout cela commence, une fois de plus, par une couverture empreinte d’une douceur mystérieuse aux teintes vertes … comme le serait la nature à sa renaissance, au printemps.

    © Pelaez, Chabert – Bamboo

    Après les somptueux « Automne en Baie de Somme » et « Hiver à l’Opéra », Philippe Pelaez et Alexis Chabert confirment la singularité de leur tétralogie. Entre vengeance et culpabilité, chaque épisode est un sombre thriller, un one-shot policier, à la fois sensuel, mystique et mystérieux aux traits et teintes Art Nouveau. Il ne reste plus qu’à passer l’été… sous la lune bleue.


    Titre : Printemps à la Charité

    Genre : Polar

    Scénario : Philippe Pelaez

    Dessin & couleurs : Alexis Chabert

    Éditeur : Bamboo

    Collection : Grand Angle

    ISBN : 9791041106332

    Pages : 72

    Prix : 17,90 €


  • CAC 3D – Encyclopédie des figurines de collection Franco-belge bronze et polybronze
    par Laurent Lafourcade

    La magie singulière des monochromes

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    « Les personnages quittent leurs cases, franchissent le seuil de la page pour s’incarner sous nos yeux. Dans le froid et la noblesse du métal ou dans la légèreté inventive du PolyBronze, l’univers franco-belge prend une dimension nouvelle : tactile, palpable, sculpturale. Ce qui n’était qu’une image devient une présence. Ce qui n’était qu’un geste dessiné devient volume, ombre et lumière. » (Dominique Dulot)

                    Au début des années 90, Dominique Dulot ouvre à Bordeaux BD3D, une boutique de produits dérivés essentiellement consacrés à l’univers de Tintin, aujourd’hui disparue. Le passionné a toujours mis en valeur le para-BD. Il était logique que Christian Mallet lui confie la préface de ce nouveau CAC3D hors-série consacré aux figurines de collection Franco-belge en bronze et polybronze. Le bronze a la particularité (et le paradoxe) de figer et de faire respirer le mouvement en même temps. L’alchimie entre la bande dessinée et la sculpture est incroyable. L’ouvrage met tout autant à l’honneur la profession de dessinateur que celle de sculpteur. Ce livre prouve une chose : « Le métal raconte des histoires. »

    © Mallet – Côte-à-cas éditions

    Pour ceux qui l’ignoreraient encore, pour chacune des figurines, il y a une photo de l’objet, avec le nom du fabricant, accompagnée de sa licence et de son copyright. A côté, on trouve les informations détaillées : référence, société, sculpteurs, matière, aspect, dimensions, année de production, tirage, certificat d’authenticité, prix d’origine, provenance et, éventuellement, particularité et contenant. De nombreux objets venus de 41 fabricants différents sont ainsi référencés. Comme dans les hors-séries du CAC3D, il n’y a pas d’estimation de la côte, donnant un côté plus intemporel au livre.

    © Mallet – Côte-à-cas éditions

                    De A à Z est aussi une entreprise para-BD créée par Dominique Dulot. Malheureusement plus en activité depuis 2022, elle édita des bronzes de Lucien… et de Renaud, le chanteur. On est rock n’roll ou on ne l’est pas. Alors que ArtySmurf schtroumpfe dans les 395 €, Attakus propose un Chat du Rabbin à 750 € au milieu de multiples figurines de Donjon. Si les plus célèbres séries se taillent la part du lion, on trouve quelques pépites bien originales. Boulesteix propose un buste de l’Undertaker à 1090 €. Le Pinocchio de Winshluss est assis sur un socle en bois laqué noir chez Bulles en boîte à 1500 €. Weëna, de Picard et Corbeyran prend la pose chez Les sculpteurs de bulles en seulement huit exemplaires pour 1550 €. Ce n’est rien à côté des 12 000 € d’Obélix portant un menhir à la Monnaie de Paris. De nombreux animaux du regretté Frank Pé se trouvent chez Sur la pointe du pinceau. Tout ça ne sont que quelques exemples parmi plus de cinquante pages de statuettes.

    © Mallet – Côte-à-cas éditions

                    Tintin, Lucky Luke, Gaston, Blake et Mortimer, Les Schtroumpfs, Spirou, Alix et tous les autres… Leurs aventures nous ont tant fait rire et rêver qu’il suffit de regarder l’une de leurs figurines pour revivre leurs histoires. C’est ça qu’il y a de magique dans la BD de qualité, qui plus est dans des sculptures de grande qualité en bronze. Grâce au CAC3D, on les a un peu chez soi.


    Série : CAC 3D – Encyclopédie des figurines de collection

    Tome : Franco-belge bronze et polybronze

    Genre : Argus

    Auteur : Christian Mallet

    Éditeur : Côte-à-cas éditions

    ISBN : 9782491066468

    Nombre de pages : 74

    Prix : 29 € 


  • Presidio
    par Laurent Lafourcade

    Stole Road Trip

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    « -Et toi, tu t’y prends comment pour rouler sous les radars ?

    -Je n’ai rien à moi.

    -Donc… T’es plus en mesure de posséder quoi que ce soit… ? C’est-à-dire ? T’es fauché ?

    -Non, rien à voir. Je pourrais trouver du blé si j’en avais envie. Mais je veux pas. Je ne veux plus jouer à ce jeu-là ? »

    Le plus grand plaisir de Troy Alan Falconer est de quitter un motel à l’aube, les cheveux peignés et encore humides, en bottes de rodéo noires et en chemise blanche aux boutons nacrés et de partir à bord d’une voiture qui ne lui appartient pas, de préférence une grosse berline automatique à vitres électriques. En fait, Troy rejette la société de consommation traditionnelle. Pas besoin d’amasser d’inutiles fortunes. Il pique ce dont il a besoin pour vivre au moment opportun. Et lorsqu’il a l’impression de s’approprier les affaires volées, il s’en débarrasse et cherche une autre cible. Ainsi va sa vie sur les longues routes américaines au son des chanteurs country comme Wynn Stewart et Jim Reeves qu’il écoute sur l’auto-radio.

    © Treins, Vilanova, Denoulet – Delcourt

    Troy a un frère, Harlan, dont la femme vient de se tirer avec toutes ses économies sans laisser de traces. Si Troy retourne à New Cova pour aider Harlan, ce n’est pas par pur esprit de famille. Arrivé sur place, il découvre que ce dernier a vendu la maison familiale. Il apprend qu’il vit encore dans le coin, en dehors de la ville, habitant un bloc de béton aménagé en piaule près de laquelle il s’occupe d’une grande tour radio. Ensemble, ils vont partir vers Presidio, où crècherait la femme disparue. En volant une voiture comme Troy a l’habitude de le faire, leur road trip va être bouleversé par Martha, la petite fille restée dans le véhicule. La gamine leur raconte la noirceur de sa vie. Pas question pour eux de la laisser tomber.

    © Treins, Vilanova, Denoulet – Delcourt

     Presidio est adapté du roman éponyme de Randy Kennedy paru en 2019. L’auteur texan y dépeint l’Amérique sombre de deux losers. Troy est plus filou que voyou. Harlan est un paumé qui a raté sa vie. Tous deux vivent en marge de la société. Après Lovecraft, Simon Treins fait le grand écart en adaptant Randy Kennedy. Le fantastique laisse place à la série noire. Dessinateur pour Marvel et Star Wars, Guiu Vilanova adapte la dynamique Comics au format classique franco-belge. Malgré un encrage parfois trop épais, sous les couleurs sèches de Bertrand Denoulet, il retranscrit parfaitement l’ambiance rude du roman, dont le final laisse bouche bée.

    © Treins, Vilanova, Denoulet – Delcourt

    Bien qu’elle soit bien présente, Presidio est plus un récit d’ambiance que d’action. Son intérêt réside dans la peinture de l’Amérique qu’il raconte. L’écrivain, le scénariste, le dessinateur et le coloriste proposent un road trip immersif, ailleurs que dans le pays de carte postale, où les âmes sont plus arides que les paysages.


    Titre : Presidio

    Genre : Thriller/Polar

    Scénario : Simon Treins

    Dessins : Guiu Vilanova

    Couleurs : Bertrand Denoulet

    D’après : Randy Kennedy

    Éditeur : Delcourt

    ISBN : 9782413044000

    Nombre de pages : 64

    Prix : 15,50 €


  • CAC 3D – Hergé & Co 2
    par Laurent Lafourcade

    The Essential Guide for collectibles 2° edition

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    Calling all Tintin-lovers! With this album, you can own every collectible figurine from the universe of Hergé in one go. For this fourth edition of the argus CAC3D dedicated to the work of Tintin’s creator, Christian Mallet has added the latest productions released from different manufacturers over the past three years. To reflect on such a rich universe, the preface needed to be penned by a deep and profound observer of all things Tintin.

    This time, the choice fell on someone who has studied the entire bibliography of the master (« Should we burn Tintin? »), someone who knows Snowy as if he owned him (« Human Snowy, too human »), someone who himself put the characters (or their avatars) in a thrilling story (“Murders at Moulinserre”) and someone who interviewed the greatest specialists on the future of the character (« Tomorrow Tintin? ») : That someone is Renaud Nattiez.

    © Mallet – Côte-à-cas éditions
    © Tintinimaginatio 2026

    This scholar quickly makes a confession to readers. He announces at the start that he is not himself a collector, but that he has always been intrigued by this strange species. With that one sentence, the thrust of his preface emerges. « I am not a collector. » He thereby declares that this book is not reserved only for collectors. The high-quality merchandise, sculptures and objects help bring the world of Tintin to life, maintain our devotion and extend our child-like fascination. Renaud Nattiez distinguishes two types of collectors: those who collect without knowing it, like him – readers essentially, young or old; and those who embrace collecting, though not necessarily specialists in the work, whose passion is imbued with an intellectual and playful nature. The two types meet, and rub shoulders. The author recalls that the adventures of Tintin are themselves dotted with collectors. Hergé was a collector of art, just as much as he delighted to see objects of art being made – here a sceptre by Ottokar, there a lucky charm by Arumbaya. The merchandise is part and parcel of the success. Nattiez asks a key question: does merchandise have the power to bring new readers to the world of Tintin?

    © Mallet – Côte-à-cas éditions
    © Tintinimaginatio 2026

                    Rather than dwell on our own arguments in that debate, let’s enjoy the moment with this CAC3D. As already noted, there are two ways to understand the argus. The collector will look for estimates from his collection, in order to better resell pieces or buy new ones. The amateur will simply lose him or herself in the visuals, as each and every piece is photographed. 

    In my last column about the previous edition, I presented some of the most remarkable objects from the book. Let’s have a look at some new products that emerged since that edition. In a model released in April 2024, Tintin drives the Blue Torpedo of Doctor Finney, in a scene from Cigars of the Pharaoh. Produced by Tintinimaginatio, this polychrome model in resin and metal was printed in 1,250 copies and costs €1,295. The same company released in June 2023 a resin statuette of the Maharajah and his son, adapted from the poster for the exhibition ‘Tintin’s Imaginary Museum’; it measures 29 cm in resin, costs €315, and was sculpted by the Moulinsart workshop. On the cheaper side, at only €110, you can buy yourself Tintin riding a motorcycle in front of Snowy and the sprawling Thompsons, a scene from King Ottokar’s Sceptre, in resin and polychrome metal at 1/24 scale.

    © Mallet – Côte-à-cas éditions
    © Tintinimaginatio 2026

                    As if on a silver platter, Christian Mallet offers up all these products stemming from a universe, the universe of Hergé, that invites us to reread Tintin over and over again. We know that, on each rereading, we will always find something new.


    Collection : CAC 3D – The Essential Guide for collectibles 2° edition

    Volume : Hergé & Co

    Kind of Book : Argus

    Author : Christian Mallet

    Editor : Côte-à-cas éditions

    ISBN : 9782491066451

    Numbre of pages : 232

    Price : 49 €


  • Minor Arcana 1 – Le fou
    par Laurent Lafourcade

    Un don inattendu

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    « -Salut.

    -Tiens, tiens, tiens… Mais qui voilà. Tu ne m’avais pas dit que tu serais là hier ?! Je me suis inquiétée.

    -C’est vrai que t’as l’air super inquiète, m’man. »

    Après plusieurs mois sans y être revenue, Theresa est de retour dans son village d’enfance. Elle pousse la porte d’un cabinet de voyance fermé. Passé, présent, avenir, que cherche-t-elle ? Rien de tout cela. Elle vient retrouver sa mère Vickie qui tenait la boutique. Cette dernière a demandé à sa fille de venir s’occuper d’elle. Atteinte d’un cancer, elle continue à boire et à fumer. La mère souhaite que la fille rouvre le cabinet pour la remplacer. Theresa n’est pas franchement décidée à la faire. Elle est plus préoccupée par sa récente séparation avec sa copine. Un soir, à presque minuit, une dame âgée toque à la vitrine. Elle demande une consultation urgente. Ne pouvant réveiller sa mère et pressée par la demande insistante de la cliente, Theresa lui tire les cartes.

    © Lemire – Delcourt

    Si la dame cherche la réponse à une question, c’est Theresa qui va avoir une révélation. Comme transportée dans une dimension parallèle, elle rencontre le mari décédé de la cliente. Troublée par cette expérience, la voyante improvisée lui dit n’avoir rien vu du tout et lui prie de partir. Theresa pense tout d’abord à une manipulation de sa mère avant de vérifier et de comprendre qu’elle a vraiment des pouvoirs divinatoires. Non, elle n’est pas folle. Le fou, il est sur une carte, et il l’invite à vivre l’instant présent, à ne pas se prendre la tête et à laisser courir malgré les blessures du passé, celles de sa vie avec son ex qui a refait la sienne avec un mec et celles causées par son père Budd qui trompait sa mère.

    © Lemire – Delcourt

    Après le succès de Sweet Tooth adapté pour Netflix, le dessinateur et scénariste Jeff Lemire est de retour avec une nouvelle série choc. L’auteur canadien verse dans l’occultisme et le tarot. Theresa est une jeune femme déjà meurtrie dans sa vie pourtant courte. Famille, amour, elle est en pleine recherche d’elle-même lorsqu’elle se découvre le pouvoir de rencontrer des morts et de revivre des scènes du passé qu’elle n’a pas vécues. Dans une mise en page somme toute classique pour un comics, Lemire montre son talent dans le découpage des scènes fantastiques : Theresa comme si elle faisait partie de cartes, Budd en NDE. Le graphisme semi-réaliste, le trait jeté et les couleurs aquarelles donnent à l’ensemble un ton spécifique, autre que si on était dans du réalisme pur. C’est toute la puissance du talent de Jeff Lemire.

    © Lemire – Delcourt

    Esprits, êtes-vous là ? Minor Arcana place l’occultisme au centre de préoccupations psychologiques XXIème siècle. Jeff Lemire l’annonce comme une « ongoing » longue durée. Si la suite a la puissance de cette mise en place de l’univers, il y a fort à parier que Theresa ne tirera pas les cartes de tarot qu’en BD.


    Série : Minor Arcana

    Tome : 1 – Le fou

    Genre : Fantastique

    Scénario, Dessins & Couleurs : Jeff lemire

    Éditeur : Delcourt

    Collection : Contrebande

    ISBN : 9782413091417

    Nombre de pages : 144

    Prix : 17,50 €


  • CAC 3D – Encyclopédie des figurines de collection Poissons de mer et d’eau douce
    par Laurent Lafourcade

    La pêche aux statuettes

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    « Mon métier n’a jamais été un métier mais une passion qui ne s’est jamais arrêtée tout au long de ma carrière et qui a perduré après. Grand amateur de bande dessinée, je collectionne depuis plus de trente ans toutes les figurines de poissons et celles liées aux fleuves et océans. Christian Mallet leur offre une place de choix dans cet argus d’exception. » (Joseph Fontanet)

                    Dans ce nouveau CAC3D préfacé par Joseph Fontanet, champion du monde de pêche sportive au coup en eau douce individuel, Christian Mallet recense toutes les figurines ayant trait à l’eau au sens général, que ce soit en bande dessinée ou au cinéma, et pas forcément d’animation. Issue du film mythique de Jack Arnold de 1954, l’étrange créature du lac noir trône même en couverture du livre. Les quinquagénaires se rappelleront avec nostalgie de la soirée en 3D à la télévision avec les lunettes en plastique vert et rouge.  Au cœur de l’Amazonie, un paléontologue découvre un fossile de main appartenant à une espèce inconnue. Persuadé qu’il s’agit du chaînon manquant entre l’homme et le poisson, il rassemble une expédition pour exhumer le reste du squelette. L’équipe décide alors de descendre le fleuve en bateau, s’enfonçant dans un territoire sauvage et poisseux, sans se douter que les eaux abritent encore l’étrange créature.

                    L’animation est en bonne place avec Bob l’éponge, Ponyo sur la falaise, Bob l’éponge, la petite sirène, Nemo et bien d’autres. L’étonnante collection des Snorky sortie chez Leblon-Delienne est d’une qualité exceptionnelle. Les personnages dessinés par Nic Broca, à la demande d’un producteur pour concurrencer les Schtroumpfs, n’ont pas vraiment eu le succès télévisé escompté. Ils se rattrapent en 3D dans ces figurines de 23 à 26 centimètres en résine. Astral, Cathy, Junior, Daphné, Harpo et leurs amis, sans oublier le gouverneur et le professeur Galéo, sont prêts à être exposés dans vos vitrines.

                    La bande dessinée se taille la part du lion, ou du requin plutôt. Pixi a produit une série d’Ordrafalbétix, le poissonnier du village d’Astérix. Si les figurines avec le personnage seul sont abordables (de 50 à 70 €), la scène de bagarre des villageois à coup de poissons pas frais sera dans votre salon pour pas moins de 1290 €. Chez Attakus, un requin en bronze monochrome dessiné par André Franquin dans Les Idées Noires est présenté sur socle avec une tige. Franquin est également à l’honneur avec des figurines issues des aventures de Spirou : Le repaire de la murène et Spirou et les hommes-bulles.  

    Pour ceux qui l’ignoreraient encore, pour chacune des figurines, il y a une photo de l’objet, avec le nom du fabricant, accompagnée de sa licence et de son copyright. A côté, on trouve les informations détaillées : référence, société, sculpteurs, matière, aspect, dimensions, année de production, tirage, certificat d’authenticité, prix d’origine, estimation de la côte actuelle, provenance et, éventuellement, particularité et contenant. Dans ce volume, 715 objets venus de 52 fabricants différents sont ainsi référencés.

                    En démarrant une collection d’argus thématiques dont celui-ci, consacré aux poissons de mer et d’eau douce, les éditions côte-à-cas de l’ami Christian Mallet ne sont pas près de prendre l’eau. Les CAC3D sont les ouvrages de référence de l’univers de la figurine.


    Série : CAC 3D – Encyclopédie des figurines de collection

    Tome : Poissons de mer et d’eau douce

    Genre : Argus

    Auteur : Christian Mallet

    Éditeur : Côte-à-cas éditions

    ISBN : 9782491066468

    Nombre de pages : 120

    Prix : 29 €


  • Greenlander 1 – L’Aimé-des-ours
    par Laurent Lafourcade

    Malheurs vikings

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    « -Björn Aimé-des-ours !!! Ça fait un sacré bout d’temps qu’on t’avait pas vu traîner tes guêtres à Brattahild, berger !…

    -Orjan ?! Mon ami…

    -Ça fait plaisir de te revoir… Mais tu sens fort la brebis !

    -Et toi la misère… La situation ne s’est pas améliorée à ce que je vois. J’ai connu la colonie plus florissante quand j’étais jeune…

    -Trois saisons qu’aucun Knörr n’est venu depuis la Norvège… On manque de tout : de matériel, de nourriture et surtout de bois ! Alors toutes les fermes tombent peu à peu en ruines, sauf celle du jarl Thorsnes… »

    Björn Aimé-des-ours aime la solitude et fait montre de grande patience. C’est certainement pour cela qu’il est devenu berger. Souvent, cette fonction est tenue par le simplet du village, celui qu’on ne pourra marier. Lui, il aime respirer l’odeur de la laine et les vastes espaces. Il profite de l’indépendance de cette vie. Loin de l’idée des hommes qui se pensent supérieurs, lui, se considère comme l’égal de l’animal, au milieu d’une nature immense. Un jour, en allant rejoindre son troupeau sur les hauteurs, il trouve ses mouton massacrés, tués sans être dévorés. Seul indice : de gigantesques empreintes d’ours. Avec son chien, ils commencent à suivre la piste mais perdent rapidement la trace de la bête. Il ne reste plus à Björn qu’à rejoindre la colonie de l’Eiriksfjord au village de Brattahild, pour espérer y vendre ses fromages de brebis.

    © Bec, Klosin, Pinchuk – Oxymore

    En arrivant sur place, le berger trouve une communauté malade, affaiblie, affamée. Les rats sont partout. Accueilli par son ami Orjan Patte-Folle, Björn ne peut que constater la situation. Le lendemain, ce sont les cadavres des pêcheurs, déchiquetés par des baleines tueuses, qui sont retrouvés sur la plage. Si le curé invoque une malédiction qui cessera avec la venue du Seigneur, Vilde, la vieille chamane, regrette que les vikings aient renié leurs anciens dieux. « Tant de choses ont été oubliées. » Le mystère continue de s’épaissir lorsqu’un bateau accoste, la voile déchirée, avec à son bord, le cadavre desséché d’une femme qui s’était attachée au mât. Clan voisin massacré qui vient se réfugier, vol de corbeaux, assaut inuit, les malédictions s’abattent les unes après les autres…

    © Bec, Klosin, Pinchuk – Oxymore

    Greenlander est le nom de cette Terre Verte du Groënland sur laquelle des vikings se sont installés. Bien que flirtant avec le fantastique, Christophe Bec raconte la vie difficile de ces hommes il y a huit siècles. Déjà, la politique internationale faisait des siennes, la Norvège décidant vers 1350 d’abandonner les liaisons avec sa colonie groënlandaise, laissant ses compatriotes locaux isolés, en proie avec la famine, la peste noire et les inuits qui comptent bien chasser les colons. Le dessinateur Przemyslaw Klosin s’inscrit dans la liste des solides dessinateurs réalistes qui soignent chaque détail, chaque morceau de décor. On sent au-dessus de cet album l’œil attentif, bienveillant et exigeant du couple Istin, éditeur chez Oxymore. Aux couleurs, Julia Pinchuk jongle habilement avec les ambiances, la nature, le froid, la dramaturgie.

    © Bec, Klosin, Pinchuk – Oxymore

    Greenlander relève presque du documentaire historique. Greenlander n’est pas une série fantastique mais joue avec certains de ses codes par le biais des croyances et de la religion. On est loin de Thorgal et beaucoup plus proche d’une triste réalité. Un incroyable voyage dans le temps, comme si on y était.


    Série : Greenlander

    Tome : 1 – L’Aimé-des-ours

    Genre : Viking

    Scénario : Christophe Bec

    Dessins : Przemyslaw Klosin

    Couleurs : Julia Pinchuk

    Éditeur : Oxymore

    ISBN : 9782385611361

    Nombre de pages : 56

    Prix : 16,50 €


  • Simenon – Barrio Negro
    par Laurent Lafourcade

    L’Equateur coupe en deux

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    « -Cesse de pleurer, maman…

    -Tu pars si loin… Tu veux déjà me laisser toute seule !

    -Malgré la mort de papa, grâce à toi, j’ai pu terminer mes études. Il est normal que je te le rende. Je vais bien gagner ma vie, là-bas et je pourrai t’envoyer une bonne somme chaque mois.

    -Tu es un bon fils… Tu ne vas plus à la messe, mais prions ensemble comme quand tu étais petit, tu t’en souviens ? »

                    Fraichement marié à Germaine, Joseph Dupuche et sa femme partent à l’autre bout du monde, en Equateur. Dans les années 30, l’Amérique du Sud, c’est encore plus loin qu’aujourd’hui. Joseph est un jeune ingénieur. Il n’y a pas de travail pour lui en France. Il prévoit de revenir dans cinq ans avec un beau pécule d’environ 200 000 francs. Pour le suivre, Germaine démissionne de son emploi dans l’administration des téléphones où pourtant son père lui avait trouvé une bonne place. Joseph va remplacer un ingénieur à moitié fou de la Société anonyme des mines de l’Equateur. M.Grenier, l’administrateur de l’entreprise, lui donne 10 000 francs et deux lettres de crédit promettant chacune 20 000 francs à Panama et à Guayaquil. Le couple embarque sur le paquebot Ville de Verdun.

    © Bocquet, Rey – Dargaud

                    Après deux semaines de traversée, les Dupuche débarquent en Amérique. Le rêve américain ne va pas tarder à se transformer en cauchemar. Après avoir traversé le canal de Panama et s’être installé dans un hôtel de luxe, Joseph apprend que la Société anonyme des Mines de l’Equateur qui l’a embauché a fait faillite. Erreur ? Escroquerie ? Toujours est-il que le couple n’a presque plus d’argent, est bloqué sur place et va devoir trouver des moyens de subsister. Les premières tensions apparaissent. Germaine accepte un poste de réceptionniste en échange de 30 dollars mensuels logée nourrie. Le gérant ne voulant pas de ménage dans son personnel, Joseph se trouve une chambre dans le quartier noir, le Barrio Negro.

    © Bocquet, Rey – Dargaud

                    Tout le monde connaît Georges Simenon, auteur des enquêtes du célèbre Commissaire Maigret. Mais il serait fort réducteur de le cantonner à cette seule paternité. En adaptant ses romans noirs, les éditions Dargaud mettent en exergue la riche littérature de l’écrivain. Parmi eux, Quartier Nègre est paru en 1935. Le dessinateur espagnol Javi Rey l’ayant découvert dans son pays sous le titre Barrio Negro, c’est celui-ci qui a été conservé pour la bande dessinée. A l’époque, Simenon s’inspire de ses voyages pour écrire. Cette histoire est celle d’un déclassement social et d’un homme qui décide de tourner le dos au destin. C’est l’histoire d’un couple qui tente de surnager et qui petit à petit se délite. C’est une histoire d’amour(s) avec, en sous-jacent, la démonstration des limites du colonialisme. Simenon observe le monde en même temps qu’il analyse le couple, et l’on sait qu’il en avait une vision bien à lui, l’homme ayant multiplié les conquêtes et les infidélités. José-Louis Bocquet, scénariste-adaptateur, prouve ici que la bande dessinée est un art qui permet aussi de rendre service à la littérature en lui offrant une vitrine telle que celle-ci. L’un et l’autre de ces arts se nourrissent.

    © Bocquet, Rey – Dargaud

                    Le magnifique travail éditorial de Dargaud est à souligner pour ce livre. Les dessins et les couleurs de Javi Rey sont sublimés dans une maquette, un papier et une impression impeccable. Sous la jaquette à rabats, un autre dessin de couverture, magnifique, résume le destin de Joseph Dupuche.

                    Barrio Negro est déjà le cinquième volume de la collection. Bocquet travaille sur le suivant, Les gens d’en face, pour Jorge Gonzalez. La collection a plus qu’atteint son but : faire redécouvrir l’œuvre d’un auteur majeur de la littérature francophone.


    Série : Simenon

    Tome : Barrio Negro

    Genre : Drame

    Scénario : José-Louis Bocquet

    D’après : Georges Simenon

    Dessins & Couleurs : Javi Rey

    Éditeur : Dargaud

    ISBN : 9782505129110

    Nombre de pages : 96

    Prix : 22,95 €


  • Yvain & Yvon 5 – Le secret du Tumulus
    par Laurent Lafourcade

    La dernière sortie de l’enfant-loup

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    « -Dites… Vous savez ce que cette petite colline est censée représenter ?…

    -Balai-brosse doit savoir !

    -Je sais. C’est un tumulus !…

    -Euh… C’est quoi, un tumulus ?

    -Là où il y a des mûres. Non, un tumulus est un monticule de terre qui recouvre une tombe des anciens romains.

    -Une tombe, chouette ! On peut y entrer alors ?…

    -Je serais surpris ! Tous les tumuli ont été pillés et refermés depuis longtemps. »

    Merle vient passer quelques jours de vacances chez Yvain et Yvon, avec son chien Balai-brosse. Il fait beau. Balades en forêt et baignades dans le lac sont au programme. Merle sait que Yvon peut se métamorphoser en loup et devenir Ysengrin. Les jumeaux n’ont pas à cacher leur secret. A l’endroit où Balai-brosse débusque un lapin, les enfants découvrent un bracelet en or. Et si c’était une partie d’un trésor romain ? Il y a un tumulus pas loin, abritant une tombe de l’époque gallo-romaine. Nos amis vont déposer leur découverte au commissariat. Pour les forces de l’ordre, pas de doute, il y a un rapport avec les fouilleurs clandestins soupçonnés de tenter de piller le tumulus du grand romain.

    © Cadot, Bom – La vache qui médite

    L’Ardenne…L’Ardenne des roches moussues, des cours d’eau qui viennent d’on ne sait où, l’Ardenne des légendes et du mystère…L’Ardenne des enfants…et des loups. Tel est le décor des aventures des jumeaux Yvain et Yvon et du loup Ysengrin. Duo ou trio ? Trio ou duo ? Toujours est-il qu’Ysengrin vit en Yvon. Parfois, il apparait à sa place. Leur symbiose va au-delà de la métamorphose. Leurs deux corps, leurs deux âmes vivent l’une et l’autre en complément. Ysengrin n’est pas Yvon. Yvon n’est pas Ysengrin. Bref, c’est l’un ou l’autre. Ils jurent de garder leur secret pour eux, mais le dévoileront à plus d’un de leurs amis, qui, eux, sauront garder leur langue…heureusement. Yvain est habillé en rouge et a trois taches de rousseur sur chaque joue. Yvon est vêtu de bleu. Leurs écharpes ont les couleurs inversées.

    © Cadot, Bom – La vache qui médite

                    La série est née en février 1985 dans le journal Tintin. Elle a connu quatre albums aux éditions du Lombard entre 1987 et 1989. Récemment, les éditions de La Vache qui médite ont édité les premières histoires du duo/trio dans deux albums titrés Les inédits 1 et 2. On peut y découvrir aussi comment la série évoluerait si elle reprenait un jour. Au fil des histoires courtes, les enfants prennent quelques années. Si on peut estimer qu’ils ont plus ou moins 7 ans dans le premier récit, ils se stabiliseront autour de 10, pour terminer vers 13 ans dans le dernier grand récit. Les auteurs ont-ils voulu les faire grandir avec leur lectorat ? C’est également au fil du temps qu’Ysengrin distille ses pouvoirs. Yvain pourra voler grâce à trois poils arrachés au pelage du loup. Au départ, Yvain devait récupérer les habits d’Yvon pour qu’il les remette lors de la transformation inverse. L’idée sera abandonnée. Plus aucune explication vestimentaire ne sera donnée.

    © Cadot, Bom – La vache qui médite

    Yvain et Yvon est une série à découvrir à huit ans, à réfléchir à douze ans, à savourer comme une madeleine tout le reste de la vie. Les lecteurs d’origine sont aujourd’hui tous adultes. « Et quand on est adulte, il y a des choses auxquelles on ne croît pas, tout simplement parce qu’on se dit qu’elles sont impossibles, juste bonnes à raconter aux enfants. Mais certains adultes, sous la rude carapace du travail et des responsabilités, ont conservé un cœur d’enfant et, à ceux-là, il arrive parfois des choses extraordinaires. » Gardez votre âme d’enfant. Cela vous permettra de continuer de rêver le plus longtemps possible.

    © Cadot, Bom – La vache qui médite

    Cette série des années 80 figure parmi les plus attachantes et regrettées. Elle fleure bon l’innocence candide. Un jour, Ysengrin expliquait à Yvain, en arrivant en ville, qu’il ne faisait pas beau par là, dans la banlieue. Ce dernier lui demanda ce qu’était la banlieue. Un dialogue qui veut tout dire sur les intentions des auteurs. Mêlant aventure et mythologie fantastique, les histoires sont tout autant instructives que constructives. Elles font partie de la « nostalgie heureuse » pour le reste de la vie.

    © Cadot, Bom – La vache qui médite

    Comme l’écrivent les auteurs en conclusion du Roi des loups, deuxième album du Lombard : « Ce jour-là, Yvain apprit que lorsqu’un ami vous quitte, il faut se taire et penser très fort à lui. Alors, il sera toujours là ! » C’est pour cela qu’Yvain & Yvon resteront toujours dans nos cœurs.



    Série : Yvain & Yvon

    Tome : 5 – Le secret du Tumulus

    Genre : Aventure fantastique

    Scénario : Bom

    Dessins : Patrick Cadot

    Couleurs : Jean-François Debaty

    Éditeur : La vache qui médite

    Nombre de pages : 54

    Prix : 28 €


  • Thorgal Saga 6 – La déesse d’ambre
    par Laurent Lafourcade

    Pour l’amour d’un fils

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    « -Thorgal !!

    -Aaricia ?!

    -Notre bébé… Je n’arrive pas à le réveiller… J’ai tout essayé mais rien n’y fait !

    -Mon fils ! Ouvre les yeux ! Jolan ?!

    -Il allait bien tout à l’heure.

    -Ce n’est quand même pas ce collier ? »

    Northland, côtes septentrionales. Alors qu’il est parti acheter une chèvre au village, Thorgal sauve une jeune femme aux prises avec trois vikings. En remerciements, elle lui offre un collier d’ambre, censé lui porter chance. De retour chez lui, il l’offre à Aaricia qui le laisse de côté. Jolan se l’accapare et s’endort dès qu’il le met autour de son cou. Dès lors, impossible pour ses parents de le sortir de sa léthargie. Thorgal décide de partir à la recherche de celle qui le lui a donné pour l’obliger à lever son maléfice. En rêve, l’orphelin des étoiles parvient à communiquer avec son fils. Apeuré, Jolan demande à son père de venir le chercher dans la forteresse d’ambre où il est retenu. Après un périple sur une mer déchaînée, Thorgal débarque dans une contrée ravagée par un impressionnant incendie. Dans le village en bordure de la côte, il retrouve Ingrid, la femme qui lui a offert le collier. Etrangement, il n’y a que des femmes. Tous les hommes sont plongés dans le même sommeil que Jolan.

    © Bec, Mangin, Georges – Le Lombard

    Comme souvent, si Thorgal quitte son domicile, ce n’est pas par goût de l’aventure, c’est parce qu’il a un problème familial à résoudre. Ce sixième Thorgal Saga ne déroge pas à la règle. Les dieux le mettent une nouvelle fois à l’épreuve. Fan de la Saga, Christophe Bec a demandé à Valérie Mangin de le rejoindre. La scénariste a développé le personnage de la déesse de la mythologie scandinave Huldra. Celle-ci n’est pas un ennemi offensif. Elle ne fait que se défendre et se protège d’un monde qui l’a maltraitée. La recluse a deux facettes, l’une empathique, l’autre maléfique. L’histoire dénonce aussi l’exploitation abusive des ressources naturelles par les hommes, punis de piller l’ambre de la montagne. Pour remettre tout d’aplomb, Thorgal prend le costume d’Ulysse 31 qui doit réveiller ses compagnons de voyage. De son côté, Aaricia assume son rôle de protectrice du foyer, non moins périlleux lorsque survient un vol d’insectes géants.

    © Bec, Mangin, Georges – Le Lombard

    Christophe Bec reprend ses crayons en adaptant légèrement son style pour se rapprocher de celui de Rosinski. Il a raccourci ses hachures, adopté les bulles en nuages. Il parvient à maîtriser les personnages iconiques tout au long de l’album. On sait que la tâche est extrêmement complexe, qu’il ne faut pas décevoir les lecteurs, qu’il est inutile de tenter de copier-coller le maître, qu’il faut faire son propre Thorgal, avec sa propre personnalité tout en faisant croire au subconscient du public qu’il lit celui qu’il a toujours lu. De la mer déchaînée aux montagnes embrasées, du village côtier au palais de la divinité, Bec montre ses grands talents de décoriste, transcendés dans des doubles planches de toute beauté, donnant toute la dimension éditoriale que l’on attend d’une série comme Thorgal Saga. Quant aux couleurs, Gaëtan Georges fait le pont avec la série-mère, où il est aux commandes, en ajoutant l’éblouissant orange de l’ambre.

    © Bec, Mangin, Georges – Le Lombard

                    La déesse d’ambre est un Thorgal de fort bon cru. La résolution est peut-être un peu rapide. On aurait aimé voir Thorgal batailler plus. Mais on est un héros ou on ne l’est pas ? En attendant Le grand Bargha, prochain Thorgal Saga par Sébastien Vastra et Eric Hérenguel, la conclusion de celui-ci invite à se précipiter sur l’histoire qui suit dans la chronologie et qui est l’un des tous meilleurs albums de la série, le terrifiant : Alinoë.


    Série : Thorgal Saga

    Tome : 6 – La déesse d’ambre

    Genre : Heroïc Fantasy 

    Scénario : Valérie Mangin

    Dessins : Christophe Bec

    Couleurs : Gaëtan Georges

    D’après : Rosinski & Van Hamme

    Éditeur : Le Lombard

    ISBN : 9782808214032

    Nombre de pages : 112

    Prix : 24,95 €


  • CAC 3D – Encyclopédie des figurines de collection Franquin & Co 3ème édition
    par Laurent Lafourcade

    Gaffe aux figurines !

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    « M’enfin ?!? Voilà que l’ami Christian Mallet me soumet à la tentation franquiniste et à l’infidélité à Hergé ! (…) Peut-être lui ai-je déjà fait part de mon admiration pour Franquin et de ma passion pour Gaston Lagaffe… En feuilletant les pages de ce catalogue, je prends conscience de la richesse et du nombre de figurines de collection dédiées aux personnages créés par André Franquin… Et finalement, cela ne m’étonne pas ! » (Olivier Roche)

                    Confier la préface d’un argus consacré aux figurines de l’univers de Franquin à un exégète de l’œuvre de Hergé, il fallait oser. Christian Mallet l’a fait. Force est de constater que c’est une idée de génie. En effet, le tintinophile Olivier Roche est aussi un amoureux du monde de Franquin, comme l’était Hergé lui-même. Il le rappelle ici. Hergé a déclaré à Numa Sadoul : « Lui, c’est un grand artiste, à côté duquel je ne suis qu’un piètre dessinateur. ». Le débat est lancé. En tous cas, pour l’un comme pour l’autre, des centaines de figurines ont vu le jour. L’argus ici présent est la troisième édition consacrée à Franquin.

     © Mallet – Côte-à-cas éditions

    Pour ceux qui l’ignoreraient encore, pour chacune des figurines, il y a comme à l’accoutumée l’estimation de la côte et une photo de l’objet, avec le nom du fabricant, accompagnée de sa licence et de son copyright. A côté, on trouve les informations détaillées : référence, société, sculpteurs, matière, aspect, dimensions, année de production, tirage, certificat d’authenticité, prix d’origine, provenance et, éventuellement, particularité et contenant. Plus de 710 objets de 33 fabricants sont ainsi référencés. Dans un catalogue dominé par les productions Leblon-Delienne et Pixi, picorons quelques pépites de ci de là.

     © Mallet – Côte-à-cas éditions

                    Alors que les éditions Blake & White viennent d’éditer une sublime version en noir et blanc de Il y a un sorcier à Champignac, pourquoi ne pas l’accompagner de la voiture du Comte, dans cette scène où il rencontre pour la première fois Spirou et Fantasio et les conduit au village ? La miniature en métal et plastique est sortie en juillet 2008 chez Atlas. Pas cher : 19,90 €. Encore faut-il la dégotter. Ce n’est pas le même prix que le tirage d’art de Gaston en bronze composite chez Boulesteix. A moins de gagner au loto, il faut avoir 10 000 € à débourser.

                    L’intitulé du livre Franquin & Co est malin. Il laisse la porte ouverte aux autres auteurs de Spirou. Ainsi, Figures & vous a produit plusieurs résines d’après Le faiseur d’or de Jean-Claude Fournier. Pour 799 €, Zorglub, Zantafio, Grabuge et Champignac sont en scène en 399 exemplaires et 18 cm de hauteur. Magnifique quadriptyque chez Les émailleries belges en 100 exemplaires pour 750 € : un bébé marsu se fait déméler la queue par ses parents. On revient à des prix abordables chez Plastoy avec Gaston jouant du gaffophone pour 68 € et 22 cm de haut. Le sculpteur Stéphane Saint-Emett s’attache aux figures élancées de Munuera et de Chaland avec des résines polychromes de 149 à 390 €.

     © Mallet – Côte-à-cas éditions

                    C’est la troisième édition de cette encyclopédie des figurines de collection issues de l’univers de Franquin. Christian Mallet orchestre une fois de plus un travail de fourmi offrant tout autant un argus pour collectionneurs qu’un livre d’art pour tous.


    Série : CAC 3D – Encyclopédie des figurines de collection

    Tome : Franquin & Co 3ème édition

    Genre : Argus

    Auteur : Christian Mallet

    Éditeur : Côte-à-cas éditions

    ISBN : 9782491066444

    Nombre de pages : 202

    Prix : 39 €


  • Darwin’s incident 9
    par Laurent Lafourcade

    Deux frères, deux trajectoires

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    « -Là, regardez ! Quelqu’un est entré par là. C’est récent. Omelas a parlé d’une cave. Sa cachette se trouve ici, ça ne fait aucun doute. Lucy est là-dessous. Allons-y !

    -Il a raison. La police va probablement revenir dans la journée avec un mandat. Si on vuet y aller, c’est maintenant. »

    La cachette d’Omelas ne se trouve pas à l’intérieur des installations de l’institut Strard. La directrice en est sûre, si une telle pièce existait, elle ne pourrait l’ignorer. Charlie, l’humanzee, remarque sur les plans que le terrain possédé par l’institut est au moins dix fois plus grand que la taille des installations. Et il n’y a pas que des forêts. On trouve par exemple une usine sidérurgique construite avant la Seconde Guerre Mondiale qui produisait principalement de l’acier pour l’armée. Après sa faillite avant le rachat de la zone par l’institut, elle fut laissée à l’abandon à cause de l’amiante. Charlie remarque un trou récent dans le grillage l’entourant. Pour lui, ça ne fait aucun doute, Omelas a parlé d’une cave, il doit être planqué ici.

    © 2026 Shun Umezawa/Kodansha Ltd.
    © KANA 2026

    Alors que le petit groupe dans lequel se trouve aussi la professeure Yuan s’apprête à entrer à l’intérieur, kidnappée par l’ALA, Lucy tente de s’enfuir alors qu’on est en train de l’amener au bloc opératoire où elle doit être utilisée pour reproduire des hybrides. Elle tombe nez à nez avec un petit docteur au monocle dans un lieu où sont pratiquées des expériences de dissection et de transformation. Pour les animaux, les humains sont tous des démons. Il faut faire comprendre cela au monde entier. Lucy se trouve en fait aussi dans l’usine désaffectée et pourrait se retrouver au milieu du face-à-face entre les deux frères Charlie et Omelas qui s’annonce musclé.

    © 2026 Shun Umezawa/Kodansha Ltd.
    © KANA 2026

    A l’occasion du lancement de la série anime sur Netflix, Shun Umezawa est venu en France. On peut retrouver l’une de ses interviews sur le site manga-news.com : https://www.manga-news.com/index.php/actus/2026/02/27/Rencontre-avec-lauteur-de-Darwins-Incident-Shun-Umezawa. On apprend que l’auteur, spécialiste des histoires courtes, avait déjà abordé le sujet dans un récit intitulé « Déjà humain ». Pour sa première longue série, il s’est longuement documenté pour avoir un point de vue le plus objectif possible. Soucieux du bien-être animal, il n’est pas devenu végan mais a considérablement limité sa consommation de produits mettant en question l’exploitation de l’animal. Il est aussi question de dessin, et en particulier de l’importance du regard de Charlie et de la façon qu’il a de se déplacer.

    © 2026 Shun Umezawa/Kodansha Ltd.
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    Darwin’s incident est une série majeure des années 2020. Engagée, addictive, elle invite à se positionner dans une société en perpétuelle (trans-)mutation.


    Série : Darwin’s incident

    Tome : 9

    Genre : Anticipation

    Scénario & Dessins : Shun Umezawa

    Éditeur : Kana

    Collection : Big Kana

    ISBN : 978505144212

    Nombre de pages : 160

    Prix : 7,90 €


  • Les enfants de la résistance racontent 1 – Josette & Jean-Jacques
    par Laurent Lafourcade

    Témoignages nécessaires

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    « -Je suis venue vous parler de mon quotidien pendant la guerre… J’avais votre âge, et j’ai participé à la résistance ! C’était avec mon père. Je l’aidais. J’étais son agente de liaison. Je vais vous expliquer tout ça, mais d’abord, vous devez savoir quelque chose… Mon père est mort. »

                    Dans un collège de Perpignan, une dame âgée vient raconter aux élèves son quotidien pendant la guerre. Josette Forgues-Torrent était une enfant de la Résistance. Avant la guerre, sa famille est partie vivre en Bretagne à Saint-Malo, pour le travail de son père. En septembre 1939, la guerre avec l’Allemagne est déclarée. On achète à manger avec des tickets de rationnement. Papa part sur le front de l’Est. Printemps 1940, les choses s’accélèrent. Les allemands envahissent le pays. Josette apprend que son père a pu rejoindre ses parents dans la zone libre à Perpignan. Avec sa mère et sa sœur, ils vont aller le rejoindre. C’est en 1942 qu’elle apprend les activités clandestines de son père dans la Résistance. Epuisé et malade, il demande à sa fille de lui donner un coup de main. C’est ce qu’elle va faire avec courage et discrétion.

    © Dugomier, Neyrat, Duvoisin – Le Lombard

                    Jean-Jacques Auduc est né dans la Sarthe en 1931. Il a neuf ans lorsqu’en 40 il fait le grand exode avec la famille de son oncle. Son père n’est pas avec eux. Il a été démobilisé l’année précédente. Jean-Jacques apprend la différence entre les allemands et les nazis. C’est important. Les nazis sont des SS, soldats fanatisés d’Hitler. En juin 40, il retrouve son père. Après quelques mois de sidération dus aux horreurs auxquelles il avait assisté, ce dernier entre en Résistance. Il intègre un réseau. Chacun dans la famille aura son rôle. Avec un vélo, Jean-Jacques sera agent de liaison. De leur campagne, il ira porter et récupérer des messages au Mans, en apprenant à duper l’ennemi.

    © Dugomier, Neyrat, Duvoisin – Le Lombard

                    Comme François, Eusèbe et Lisa, Josette Forgues-Torrent et Jean-Jacques Auduc étaient des enfants de la Résistance. Sauf qu’eux, ils ne sont pas des personnages de fiction. Josette a été la plus jeune résistante de France. Jean-Jacques obtint la croix de guerre à 12 ans. S’ils témoignent ou ont témoigné dans les écoles, collèges et lycées, c’est par devoir de mémoire, seul moyen pour que de telles atrocités n’aient plus lieu. Vincent Dugomier scénarise leurs témoignages que l’on peut retrouver dans le podcast Résister !. Aurélie Neyret, célèbre pour Les carnets de Cerise, et Marie Duvoisin dessinent chacune une histoire. L’une comme l’autre a gardé son style. La colorisation qu’elles ont mises en place est la même que celle de Benoît Ers, ce qui, avec la maquette, assure l’uniformisation avec la série à succès, qui vient, elle, d’être adaptée au cinéma par Christophe Barratier.

    © Dugomier, Neyrat, Duvoisin – Le Lombard

                    Complément indispensable aux enfants de la Résistance, « Les enfants de la Résistance racontent » démontrent, au cas où ce soit encore nécessaire, que la tragédie était bel et bien une réalité.


    Série : Les enfants de la résistance racontent

    Tome : 1 – Josette & Jean-Jacques

    Genre : Histoire

    Scénario : Vincent Dugomier

    Dessins & Couleurs : Aurélie Neyret & Marie Duvoisin

    Éditeur : Le Lombard

    Nombre de pages : 56

    Prix : 12,50 €

    ISBN : 9782808214810


  • Le Temps des Ombres 4 – L’Hiver du Monde
    par Thierry Ligot & Axelle Coenen

    La fin d’une saga en 4 saisons

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    Après des mois de voyage, Roch l’alchimiste et Mycène l’herboriste voient leur périple les mener enfin au laboratoire de la Grande Prêtresse. Dedans, se trouvent, ils en sont certains, les dernières lignes de la recette qui devrait vaincre les ombres, ce mal ancestral qui dévore tout sur son passage. Pourtant, ils n’y sont pas encore. Une violente tempête de neige les oblige à faire halte dans un reste d’un tunnel à moitié écroulé traversant ces contrées ! Ah s’il ne l’était pas, ils seraient déjà au laboratoire !Mais il faut faire vite car le mal violet progresse en Mycène ! Et ce ne sont pas les dernières gouttes du remède temporaire qui pourront le vaincre. Les épreuves déjà traversées ont resserré les liens d’amitié entre les deux compères.

    © Furtaen – Pernette – La Gouttière

    Le lendemain, la tempête a cessé. Reprenant leur route, ils arrivent au bord d’un océan de glace. Au loin, de la fumée ! Une île, un village et très certainement le lieu qui abrite le laboratoire. Une traversée périlleuse dans une embarcation de fortune … qui finit par prendre eau de toutes parts jetant nos amis dans l’eau glacée. Heureusement, la côte est proche et c’est en naufragés qu’ils échouent sur la plage. Les habitants du village les recueillent avec énormément de méfiance. En effet, ils viennent du Nord et …« Ce qui vient du Nord amène la mort ! » Il s’agira de les convaincre et d’obtenir leur aide pour pénétrer dans le Laboratoire … car ce dernier est bien là, mais abandonné et cloîtré depuis des années. Le remède s’y trouve-t-il ? « On a trouvé un message d’une prêtresse. Il disait de la rejoindre dans son laboratoire. Et maintenant, on cherche un remède pour ne pas tous rejoindre l’Ancien Peuple dans les Ombres. »

    4 tomes, 4 saisons ! Après « Le Dernier Printemps », « L’Été de feu » et « Le Peuple de l’Automne », voici venir la fin de la quête de nos héros, « L’Hiver du Monde ». La quête les aura conduits bien loin de leur village du Nord ! Le final est à la hauteur des espérances. Aventures et rebondissements, amitié et courage sont présents à chaque page.

    © Furtaen – Pernette – La Gouttière

    David Furtaen continue à user adroitement de tous les codes et astuces du genre, et notamment du jeu de rôle. Si ses deux héros poursuivent leur cheminement ensemble, une place plus importante est désormais accordée à Roch. Ce sera à lui de déchiffrer les dernières indications et de créer le remède tant espéré. Côté graphique, Paulette Pernette soigne ses personnages et épure ses arrière-plans. Sa palette de couleurs à plat fait merveille dans des décors léchés. Son découpage est aéré et dynamique. Les textes, limités, laissent la part belle au dessin. …

    © Furtaen – Pernette – La Gouttière

    Tout y est pour captiver un jeune public découvrant la lecture. Cette saga initiatique tient toutes ses promesses à tous points de vue.


    Série : Le Temps des Ombres

    Tome : 4 – L’Hiver du Monde

    Scénario : David Furtaen

    Dessin et couleurs : Paulette Pernette

    Éditeur : Les Éditions de la Gouttière

    ISBN : 9782357961425

    Pages : 104

    Prix : 15,70 €


  • Kujô l’implacable 12
    par Laurent Lafourcade

    L’argent de la santé, la santé de l’argent

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    « -Je n’ai pas de temps à consacrer à vos absurdités. Je vous laisse.

    -Et moi, j’ai des voleurs et des prostituées à aller conseiller.

    -Laissez-moi tout de même vous donner un bon conseil. En consacrant sa vie à celle des autres, un avocat en perd des bouts de sa vie. Il n’y a rien de plus précieux que le temps. Ne choisissez que des affaires qui vous rapportent un maximum à l’heure. »

    Taiza Kujô est un avocat à qui l’on ne donne pas de conseils. Il se consacre entièrement à ses clients, quels qu’ils soient. C’est ce qu’il disait déjà à son père lorsqu’ado il a cassé les vitres de son école et pris la fuite avec une moto volée. Bien que repris par la police, pas de leçon à recevoir déjà. Kujô a dit alors à son père qu’il ne voulait plus rien entendre de lui. Alors, les conseils de celui que l’on appelle l’avocat-rapace, autant dire qu’il s’en contrefiche.

    © 2026 Shohei MANABE All rights reserved
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    Ayant démissionné au profit de son fils, le directeur de l’hôpital général Shirasu est en garde à vue pour fraude aux subventions pendant la crise Covid. Chargé de l’enquête en cours, le procureur Kurama a des questions à lui poser dans le cadre d’une autre affaire. Shirasu est également soupçonné d’avoir obtenu illégalement deux milliards de yens en ayant recours à l’affacturage, moyen permettant à une entreprise de renforcer sa trésorerie en cédant des factures en attente de règlement à une société appelée société d’affacturage. Shirasu aurait eu recours à la fraude en créant des créances fictives.

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    Alors que le père se bat avec ses avocats, avec en plus une casserole de scandale sexuel sur le dos pour ne pas dire ailleurs, à l’hôpital, le fils reçoit la visite de la société de recouvrement de créances, exigeant le remboursement dans la journée des 50 millions de yens correspondant à la dette contractée par le directeur Shirasu. Si ce n’est pas possible, M.Arima, directeur de la société d’affacturage, demande de lui céder l’hôpital contre 300 millions de yens. Impossible. Kujô réussira-t-il à sortir l’établissement de cette situation de chantage, qui n’est pourtant pas du racket ?

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    Shôhei Manabe signe un tome moins dynamique mais plus tendu. Le prix de la vie est aussi celui d’une nouvelle dimension pour Kujô et son cabinet. Jusqu’ici confronté à de glauques affaires privées, le voici face à un scandale d’une autre échelle.


    Série : Kujô l’implacable

    Tome : 12

    Genre : Thriller/Polar

    Scénario & Dessins : Shôhei Manabe

    Éditeur : Kana

    Collection : Big Kana

    ISBN : 9782505142164

    Nombre de pages : 192

    Prix : 8,10 €


  • La Mémoire de Sage 1 – Le Maalkour
    par Thierry Ligot & Axelle Coenen

    Une saga pour ne pas oublier…

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    « Les hauts plateaux enneigés regorgent de fascinations. L’une d’elles sont les passeuses et passeurs de mémoires. Leur rôle est de dessiner, écrire et conter les histoires de celles et ceux qui naissent, qui vivent et qui dorment pour toujours. » Ainsi grandissent les habitants du village Au-Creux-des-Monts ! Des souvenirs de ceux qui ont disparu, les vivants tirent expérience, passé et sagesse. Tout serait parfait dans le meilleur des mondes si un jour, … un soir plutôt, le Maalkour ne s’était abattu sur le village !

    Ce monstre rampant à travers le monde des vivants les transforme en êtres de haine et de colère. Le chaos était aux portes du village. Il fut repoussé … mais son souvenir néfaste commença à altérer les mémoires à transmettre, et à répandre les effets destructeurs du Maalkour. Celles et ceux qui avaient été en contact avec lui se virent refuser les services des passeuses et passeurs. Ainsi l’oubli d’une partie des habitants frappa le village. « Afin de faire disparaître les souvenirs condamnés, des tombeaux furent bouchés … des familles effacèrent leurs ancêtres et le village fit entrer l’oubli au cœur des mémoires. » Pour protéger le village, Sage, la « Sapka », protectrice magique, fut chargée d’éloigner le monstre. Malheureusement … « A force d’éloigner le Maalkour du village pendant des années, il s’est lentement insufflé en moi. Rien ne se perd ou ne se crée, tout se transforme, Enti. Le Maalkour ne se soigne pas sans faire don de soi. » Enti et ses amis ne le comprennent pas ! Et personne ne veut le leur expliquer ! Par ailleurs, à la longue, à force d’avoir rejeté et exilé certaines « mémoires », quelques-uns y ont vu une arme afin d’enterrer des événements « gênants » ! Cependant, suite à une gigantesque tempête de neige, tout pourrait changer … Des secrets, enfouis depuis des décennies pourraient refaire surface…  Enti, Eméaré, Anori se lancent alors dans une aventure où leur courage ne suffira probablement pas pour arriver au bout.

    © Thanaël – Genki – La Gouttière

    Première BD pour Thanaël et Genki ! Ils nous plongent dans une quête fantasy de bonne facture, rythmée et agréable à suivre. Le scénario est riche en rebondissements et en originalité. Dès le départ, on est pris par son thème principal : la transmission de la mémoire et donc la survivance des ancêtres après leur mort ! Le scénario à deux plumes pourrait, même si le public visé est plutôt jeune, faire réfléchir les plus âgés. La transmission du passé, la mémoire des générations passées et le poids des traditions sont des sujets de réflexion bien actuels ! « Si nous oublions Sage, c’est aussi son savoir que nous perdrons ! » D’autres thématiques sont également abordées dans cette mini saga : la bienveillance, les bienfaits d’une communication saine, le sens du devoir et du sacrifice de soi, le respect des règles notamment dans la société, … « Ta rigueur et ton dévouement t’ont fait atteindre ton but ! »

    © Thanaël – Genki – La Gouttière

    Ce premier tome d’une trilogie, qui s’annonce passionnante, pose le décor, les personnages et l’intrigue générale. Les auteurs réussissent à installer un univers complet, avec sa culture, son passé, ses traditions, son folklore, … sans sacrifier au rythme de l’action. Ils alternent ainsi savamment les scènes intimes et épiques, le mystère et l’humour. Nous sentons le souci du détail et de l’originalité jusque dans le langage des personnages. Prenons comme exemple les « chasseureuses », les « cueilleureuses », éleveuse d’oiseaux-montures, … Thanaël immerge la narration dans une ambiance graphique précolombienne. Décors, vêtements, armes, paysages, animaux imaginaires, … un travail graphique maîtrisé dans un découpage clair et vivant ! Pour mettre l’ensemble en valeur, Thanaël l’illumine dans un écrin de couleurs vivaces bien que sans exagération.

    © Thanaël – Genki – La Gouttière

    Voici un début bien prometteur pour une quête initiatique qui ne sera pas de tout repos et se développera certainement de façon surprenante dans la suite.


    Série : La Mémoire de Sage

    Tome : 1 – Le Maalkour

    Scénario : Thanaël & Genki

    Dessin & couleurs : Thanaël

    Éditeur : Les Éditions de la Gouttière

    Prix : 15,70 €

    Pages : 96

    ISBN : 9782357961449


  • La mécanique 2 – Chamka / 3 – Le rêve du passé
    par Laurent Lafourcade

    Des cons, des salopards…et ceux qui esquivent

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    « -Il ne faut plus attendre, tu dois manœuvrer le premier… Débarrasse-toi du musicien… Et de Safir… Ta fille va devenir ta pire ennemie….

    -Mais après ?… Tuer…. Toujour tuer… Je suis tellement fatigué…

    -Tel est ton destin… Safir, ton propre fils, est devenu femme… Le poison s’est répandu… Tu dois soigner la plaie. Couper les les parties gangrénées… comme je te l’ai enseigné… encore et encore…

    -Je ferai comme tu me l’a appris… mère… mais si… si je me trompais… ? »

    La mort de Circé, une cadre des Invisibles, a déclenché un bordel sans nom à Mégalopolyon. Safir, la fille du Mayor, cherche son frère Pauli. Elle vient demander de l’aide à Mr Chang. Son but est de s’allier à une triade. Pendant ce temps, Vananka cherche un passeur et Ganz arrangue les membres de sa secte afin de reprendre le pouvoir. La police prépare la contre-attaque en les laissant mettre le quartier à feu et à sang avant d’intervenir et de tuer tout le monde. Alors que ça barde dehors, dans les bas-fonds, Safir mixe sur les airs de guitare de Vananka qu’elle vient de rencontrer.

    © Stevens, Jef – Soleil

    Coincé dans sa gangue de tuyauterie, le Mayor redoute la lèpre du métal. On sait à présent comment il s’est retrouvé handicapé de la sorte. Alors que l’insurrection menace la sécurité de la ville, il convoque en urgence le conseil. Si la fédération prend la ville, adieu les petits trafics en tous genres des uns et des autres. Mais le pouvoir parviendra-t-il à reprendre le contrôle de la situation ? Le conseil est d’accord, à la condition que des réélections après la pacification de la cité soient assurées. Il ne va pas falloir longtemps pour que Mégalopolyon s’embrase. La guerre entre les invisibles et les fédéraux est inéluctable. Les barons des cartels de la drogue, le blast, ont bien l’intention de garder le contrôle. Les fontaines risquent de prendre la couleur du sang. C’est la guerre.

    © Stevens, Jef – Soleil

    Y a-t-il des âmes à sauver dans ce monde impitoyable ? Tout semble corrompu. Kevan Stevens et Jef donnent une vision du futur bien sombre où la drogue orchestre les vies. Chacun ne sait plus vraiment qui il est : quel être ? quel genre ? quel pouvoir ? quel choix ? Au milieu de ces individus perdus, une perspective d’avenir plus clair est permise à travers des personnages secondaires qui sortent du lot. Il y a d’abord Pauli, le frère de Safir, adulte attardé, pour qui son chien est tout. N’est-il pas le plus doué en résilience ? Pas besoin de drogue pour lui. Il y a les enfants Ezechiel et Peeli, qui vont avoir un rôle déterminant, avec des réactions plus réfléchies que la plupart des adultes qui les entourent. Alors que l’on pourrait penser être dans un récit d’un pessimisme certain, la vision du monde des auteurs n’est pas si sombre que cela lorsqu’on lit bien dans les intercases.

    © Stevens, Jef – Soleil

    Si Kevan Stevens est au scénario, il partage les dialogues avec son dessinateur. Maître de son trait, fin, précis, jouant des noirs pour appuyer la dramatisation, la carrière de Jef est plus que jamais à suivre de très près. Il renouvelle le classicisme du trait réaliste en apportant sa personnalité inédite. Il est encore une fois la preuve que les profanes de la BD, ceux qui ne jurent que par les pompeux romans « graphiques » (Houlala ! On ne lit pas des BD, on lit des romans graphiques) mal dessinés feraient mieux de s’intéresser à des créateurs comme lui qu’à d’autres pour qui le dessin peut être bâclé du moment qu’il y a quelque chose à raconter. La bande dessinée est un art complet, du texte et de l’image. Sinon, ce n’est pas de l’art. Ici, il y a bel et bien les deux.

    © Stevens, Jef – Soleil

    La mécanique est un triptyque philosophique rude et violent. Il y a pourtant un futur pour l’humanité. Même si les auteurs le voient plus noir que rose, ils entrebâillent une porte. Dans le monde de Mégalopolyon, les notes d’espoir sont aussi de musique.



    Série : La mécanique

    Tomes : 2 – Chamka / 3 – Le rêve du passé

    Genre : Anticipation

    Scénario : Kevan Stevens

    Dialogues : Kevan Stevens & Jef

    Dessins & couleurs : Jef

    Éditeur : Soleil

    ISBN : 9782302101-159/-944

    Nombre de pages : 80

    Prix : 17,50 €


  • 100 bucket list of the dead 18
    par Laurent Lafourcade

    L’espace d’un instant

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    « -Projet Z… Ne me dis pas que la société Umbriel a utilisé ce module d’expérimentation de l’IST pour faire des recherches sur le virus des zombies… ?! »

    L’astronaute française Sophie Adenot est récemment partie dans l’espace afin de rejoindre l’ISS pour une longue mission. Elle ne le sait peut-être pas, mais Akira et ses compagnons sont déjà partis dans l’espace. C’est là où on les a laissés à la fin du tome précédent. Ils accompagnent Hirotaka Ukaji, PDG de Développement Spatial Co. Ltd. « Star Westler ». Au terminal spatial international, tous les passages sont bloqués par des zombies en apesanteur. Il va falloir trouver un moyen de passer pour atteindre la capsule de retour. Akira découvre qu’étaient faites sur place des recherches sur le virus des zombies. Projet Z : après un voyage de six mois, l’engin de recherche Zodiaque a regagné la station avec des échantillons minéraux récupérés sur des astéroïdes. Ceux-ci ne renfermaient pas les composés chimiques espérés au lancement de l’étude, mais a été détectée la présence d’un virus inconnu.

    © 2026 Haro ASO, Kotaro TAKATA All right reserved
    © KANA 2026

    Akira vient-il de découvrir l’origine de la contamination zombie sur Terre ? Des recherches afin de trouver de nouveaux remèdes à partir de ce virus inconnu auraient mal tourné. Pendant ce temps, Takemina et Ukaji font une sortie dans l’espace afin de préparer le retour sur Terre. Takemina est ébloui par la beauté du spectacle terrestre qui s’offre à ses yeux. Quand ils auront retiré le zombie coincé dans la partie rotative des panneaux solaires, l’électricité sera rétablie dans le terminal. Ils y parviennent, mais affolé par le mort-vivant alors qu’il ne risquait rien dans sa combinaison, le crochet d’amarrage de Takemina se détache et le jeune homme semble parti pour un voyage en solitaire dans l’infini de l’espace sans possible retour. A moins que quelqu’un trouve une idée pour le sauver…

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    © KANA 2026

    Drôle, innovante, inattendue, 100 bucket list of the dead est la série la plus What the Fuck du moment. Qui peut avoir l’idée de faire traverser un groupe de zombies en apesanteur par un type complètement à poil ? Il faut s’appeler Haro Aso ou Kotaro Takata pour ça. Dans Bucket list, le ridicule ne tue jamais. Au contraire, il peut permettre de survivre. Contrairement aux épisodes précédents dans lesquels Akira rayait ses vœux au fur et à mesure qu’il les accomplissait, les auteurs privilégient ici l’avancée de l’intrigue principale. Pour la première fois, on a des indices sur l’origine du mal. Pour la première fois, même si ça ne nous tarde pas, on voit l’issue du problème.

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    © KANA 2026

    Anime sur Crunchyroll, Live action sur Netflix, Manga chez Kana, 100 bucket list of the dead est un succès populaire bien mérité.


    Série : 100 bucket list of the dead

    Tome : 18

    Genre : Zombies

    Scénario : Haro Aso

    Dessins : Kotaro Takata

    Éditeur : Kana

    Collection : Big Kana

    ISBN : 9782505142096

    Nombre de pages : 160

    Prix : 7,90 €


  • Karl
    par Laurent Lafourcade

    Robot après tout

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    « -Bonjour, vous êtes bien Magda Brooks ?

    -En effet, c’est bien moi. Bonjour.

    -Je me nomme Lars Olsen. C’est moi qui vous ai téléphoné il y a deux jours.

    -Ah oui, vous êtes l’expert en cybernétique… J’avais oublié que vous deviez venir.

    -Ce n’est pas grave. Puis-je entrer ?

    -Je vous en prie.

    -Avant tout, j’aimerais vous présenter mes condolénaces.

    -Merci.

    -Comme je vous l’ai expliqué au téléphone, la Crown Bank envisage de poursuivre en justice la Randall Company, la société qui a mis au point l’androïde au service de votre père avant son décès. »

    A la suite du décès du banquier Charles Brooks dans un accident de voiture, sa fille Magda, qui ne l’avait pas vu depuis 20 ans, entre dans sa maison vide. Quelques minutes plus tard, Lars Olsen, un expert en cybernétique frappe à la porte. Il est mandaté par la Crown Bank pour une enquête sur les responsabilités de l’androïde qui conduisait l’automobile au moment du drame. Le juge a demandé une expertise des données internes de l’androïde enregistrées au cours de l’accident. Ce robot, c’est Karl. Il s’agit du dernier modèle de Life Companion sorti des usines de la Randall Company. Il est en veille et se réveille à l’annonce de son nom.

    © Bonin – Sarbacane

    Après récupération des informations sur un ordinateur, l’expert repart, laissant Magda et Karl seuls à seuls. Au fil des jours, Karl va montrer toute l’émotion dont il est empreint. Profondément désolé de ce qui est arrivé, il propose ses services à Magda. Le 10 octobre, Karl est convoqué devant le tribunal correctionnel dans le cadre du procès intenté par la Crown Bank envers la Randall Company. Magda l’y conduit. Karl n’a pas l’habitude de se trouver à l’arrière d’un véhicule. En tant que Life Companion, il est habilité à tout un tas de tâches. Au tribunal, l’assistance analyse les images de l’accident récupérées sur Karl. A-t-il dysfonctionné ?

    © Bonin – Sarbacane

    Quand on se balade sur la toile, on s’aperçoit avec cet album que Cyril Bonin est enfin, enfin, reconnu et salué par la critique. Ça fait pourtant des années qu’il écrit des livres plus sensibles et émouvants les uns que les autres : Stella, Comme par hasard, Les dames de Kimoto ou encore l’adaptation de La poursuite du bonheur, pour ne citer que les plus récents. La différence de Karl, c’est que l’histoire est tragiquement d’actualité et d’anticipation. A l’heure où l’on se demande comment dompter l’IA, Karl alerte sur l’avenir de l’humanité dans un monde robotisé et les dérives dans lesquelles on risque de tomber. A l’instar du Robot sauvage, Karl est bourré d’émotion. Jusqu’à quel point cela peut-il remplacer les relations humaines ? Assistera-t-on un jour à des procès surréalistes où la responsabilité des machines sera mise en cause ?

    Dans une habituelle ambiance tamisée ni sépia ni pastel mais les deux à la fois, on retrouve les silhouettes élancées du dessinateur. Comme pour toutes les femmes que représente Cyril Bonin, on ne peut s’empêcher de tomber amoureux de Magda dont on est frappé par le charme dès les premières cases.

    © Bonin – Sarbacane

    Conte philosophique pas tant d’anticipation que ça, Karl est un grand moment d’émotion de ce premier trimestre 2026 pour lequel même un robot versera une petite larme. Il sera impossible de ne pas le retrouver dans la short list des meilleurs albums de l’année. Indispensable pour réfléchir à l’avenir, pour prendre garde aux conséquences du progrès, mais aussi pour aimer.


    Titre : Karl

    Genre : Anticipation

    Scénario, Dessins & Couleurs : Cyril Bonin

    Éditeur : Sarbacane

    ISBN : 9791040806493

    Nombre de pages : 112

    Prix : 22 €


  • Kagurabachi 7 – Guerre nocturne
    par Laurent Lafourcade

    Les yeux noirs du mercenaire

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    « -Je peux savoir à quoi tu joues, Samura ?! Tu es devenu fou ?

    -Je suis on ne peut plus lucide, Uruha. Depuis que tu es arrivé ici, on n’a pas eu le temps de discuter posément. Dis-moi, crois-tu que récupérer et rassembler tous les sabres ensorcelés résoudra tous les problèmes qui les entourent ? »

    Chihiro Rokuhira, Hakuri Sazanami et Seiichi Samura viennent d’affronter les membres de l’organisation Hishaku. Afin de récupérer le sabre ensorcelé Tobimune, Hakuri a dû prendre tous les risques avec un sort de téléportation. Bien qu’il y ait eu des pertes dans les deux camps, la quasi-totalité des forces de Hishaku est éliminée. Reste à reprendre un à un tous les sabres ensorcelés. Pour Samura, récupérer et rassembler tous les sabres ensorcelés ne résoudra pas tous les problèmes qui les entourent. Si c’était aussi simple que cela, Rokuhira n’aurait pas eu besoin de les cacher juste après la guerre. Samura n’avait pas touché Tobimune depuis 18 ans. S’il a la possibilité de le manier à nouveau, c’est au nom de Kunishige Rokuhira qu’il éradiquera le mal et protégera les plus faibles.

    Imbibé par la haine et la vengeance, Samura a un autre objectif que l’éradication totale de Hishaku. Un mal bien plus abject que cette organisation doit être annihilé, et pour cela, il faudra certainement faire alliance avec elle. Il parle de lui-même et de ses alliés, tout ça à cause d’un incident mis sous silence il y a longtemps. Ils sont cinq, lui compris, qu’il va tuer de ses propres mains. Il ne veut plus que quiconque soit entraîné en enfer à cause de ça, il ne veut plus que les jeunes en aient à payer les conséquences. Quel est donc ce secret et cette malédiction ? Alors Samura, allié ou menace ?

    Le succès de Kagurabachi ne se dément pas. Une série anime est en préparation. Pour la petite histoire, il se pourrait que le manga de Takeru Hokazono ait été la cause de l’arrêt de la prometteuse série MamaYuyu de Yoshihiko Hayashi, créateur de Jujutsu Kaisen. En effet, les deux séries ayant été lancées en même temps par Shueisha pour devenir le nouveau blockbuster de l’éditeur, malgré la reconnaissance critique de MamaYuyu, Kagurabachi a rapidement pris le leadership, devenant le concurrent de best-sellers comme One Piece.

    A l’occasion de la sortie de ce tome 7 comme les 7 sabres ensorcelés, Kana propose le premier coffret collector limité comprenant le volume avec une jaquette réversible à effet, un standee en bois de Chihiro et Hakuri, un triptyque avec dorure et fermeture aimantée, ainsi que deux ex-libris exclusifs.

    « Les sabres sont faits pour ceux qui désirent éradiquer le mal et protéger les plus faibles. » Jamais cette sentence en quatrième de couv’ n’aura résonné autant que dans cet épisode. Reste à s’assurer de qui est dans quel clan.


    Série : Kagurabachi

    Tome : 7 – Guerre nocturne

    Genre : Aventure fantastique

    Scénario & Dessins : Takeru Hokazono

    Éditeur : Kana 

    ISBN : 9782505140429

    Nombre de pages : 192

    Prix : 7,30 €


  • Les aventures de Spirou & Fantasio en noir et blanc – Il y a un sorcier à Champignac
    par Laurent Lafourcade

    Une aventure fondamentale

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    « -Dites-moi donc… Quel est ce nouveau personnage ?…

    -C’est Mr le Comte… Il habite le château que vous voyez là…

    -Ha ! Mais !… Viens ! Profitons-en pour lui demander des explications sur ce qui nous est arrivé hier à la porte de son parc !… »

                    Pour quelques jours de repos, Spirou et Fantasio décident d’aller camper à Champignac. Il paraît que c’est un coin de campagne tranquille et très joli. Pendant qu’ils préparent leurs paquetages et leurs vélos, sur place, tout fier du feu de signalisation qui vient d’être installé, le Maire de la commune, d’un air suspicieux, voit arriver la roulotte d’une famille de romanichels qu’il accueille avec délicatesse : « Fichez-moi le camp plus loin !… Nous ne voulons pas de vagabond pour voler nos poules, à Champignac ! » Les arrivants prennent la route qui grimpe vers le château pour s’installer dans le coin. Le château est la propriété d’un Comte un peu farfelu.

    © Franquin, Gillain– Black & White

                    Lorsque deux jours plus tard Spirou et Fantasio arrivent à Champignac, ils trouvent la population remontée. Le cochon de Joseph est devenu bleu à pois noirs, une vache est anormalement amaigrie dans un champ où poussent de nombreux champignons. Pour les habitants, c’est la faute du sorcier, ce pauvre homme qui s’est installé avec sa roulotte. La première nuit dans leur tente de Spirou et Fantasio est gâchée par le mauvais temps. En sortant pour couvrir les vélos, Spirou aperçoit un homme transportant un lapin géant. Après être sorti avec Fantasio pour vérifier ce qu’il se passait, ils retrouvent leur tente démolie. Voulant demander asile au château, la clochette d’entrée se casse avant qu’ils ne s’enfuient devant un escargot gigantesque. Le lendemain, le Maire ordonne l’arrestation du bohémien. C’est là que nos amis rencontrent pour la première fois le Comte de Champignac. Ce dernier propose de les descendre au village.

    © Franquin, Gillain– Black & White

                    Il y a un sorcier à Champignac, mais est-ce celui que l’on croyait ? Après Les pirates du silence, les éditions Black and White poursuivent la somptueuse collection en noir et blanc des aventures de Spirou et Fantasio avec l’une des histoires les plus mythiques de la bande dessinée franco-belge. Bien que le scénario de Henri Gillain alias Jean Darc soit décousu dans sa deuxième partie, déviant de l’histoire principale comme s’il fallait atteindre un certain nombre de planches, l’aventure reste dans les annales grâce à l’univers mis en place, ce fameux village de Champignac et ses habitants, et son dessinateur André Franquin qui atteint là un prometteur niveau graphique qui continuera d’évoluer pour le propulser vers les sommets. Dans ledossier final conçu et rédigé par Christelle Pissavy-Yvernault, agrémenté de nombreux documents d’époque, on est embarqué dans le contexte de sa genèse, jusqu’aux clichés pris par André Franquin du château de Skeuvre qui lui a servi de modèle pour celui de Champignac.

    © Franquin, Gillain– Black & White

                    Il y a un sorcier à Champignac dans une sublime version en noir et blanc a été tiré à 1500 exemplaires déjà épuisés. Que ceux qui n’ont pas été assez rapides pour se le procurer se rabattent sur l’album Dupuis classique pour lire ou relire un récit fondamental du Neuvième Art.


    Série : Les aventures de Spirou & Fantasio en noir et blanc

    Tome : Il y a un sorcier à Champignac

    Genre : Aventure

    Scénario : Jean Darc (Henri Gillain)

    Dessins : André Franquin

    Dossier complémentaire : Christelle Pissavy-Yvernault

    Éditeur : Black & White

    ISBN : 9782383631217

    Nombre de pages : 80

    Prix : 49 €


  • L’invisible
    par Laurent Lafourcade

    On ne voit qu’avec le cœur

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    « -Bonjour Madame, je viens rendre visite à Monsieur Mesmer.

    -Vous êtes un ami de Gustave ?

    -Euh, oui, tout à fait.

    -Il est en psychiatrie au cinquième étage, salle 512. Ils sont en atelier. »

    Kim est livreur à domicile à vélo. Courant contre le temps pour le plaisir de clients ingrats, lors d’une chute l’envoyant valdinguer dans un sous-bois, il est réprimandé par un bonhomme bizarre se plaignant qu’il écrase des champignons. Gustave, c’est son nom, est rapidement récupéré par des infirmiers qui le ramènent dans l’unité psychiatrique de l’hôpital duquel il s’était évadé. Quelques jours plus tard, en allant lui rendre visite, Kim découvre que Gustave est un artiste-inventeur. Il conçoit des plans pour créer un vélo volant. Lors d’une sortie en cachette, Kim et Gustave vont se retrouver malgré eux au milieu d’une manif contre le génocide palestinien qui va dégénérer. Pris à parti, ils sont tirés d’affaire par Roseline, une belge d’origine vietnamienne qui les recueille chez elle. Ensemble, direction la forêt. On va le fabriquer ou pas ce vélo volant ?

    © Monsieur Iou – Rue de l’échiquier

    L’invisible est de ces albums qui touchent au plus profond du cœur. L’invisible, c’est l’histoire de trois paumés. Mais au fond, ne seraient-ce pas toutes les autres personnes qui gravitent autour qui seraient les paumés ? Ces trois-là, et bien ce sont eux qui ont tout compris au sens de la vie. Où commence et où s’arrête la liberté individuelle ? Que signifie vivre ensemble ? Si Kim est le personnage auquel le lecteur s’identifiera le plus aisément, Gustave est inspiré d’un artiste allemand qui a réellement existé : Gustav Mesmer, alias l’Icare de Lautertal, figure de l’art brut, doux rêveur obnubilé par les bicyclettes volantes.

    © Monsieur Iou – Rue de l’échiquier

    En 2018 déjà, Monsieur Iou avait frappé fort avec son Tour de Belgique, plusieurs fois réédité chez le même éditeur, Rue de l’échiquier. Dans un style graphique complètement différent, l’album racontait un road trip à vélo en Belgique dans lequel l’auteur-cycliste ne cherchait nullement la performance et privilégiait les paysages, les rencontres, l’humain. Les rencontres et l’humain, voici aussi l’âme de L’invisible, one shot dont on comprend le but au fur et à mesure de l’avancée de la lecture. Début banal, l’histoire d’un livreur lambda, sa morne vie de famille. Ça ferait un bon film des frères Dardenne. Puis, à l’aulne de rencontres improbables, non pas tout d’un coup comme le ferait une boule de bowling dans un strike mais plutôt comme dans un pendule de Newton, bibelot avec plusieurs boules et quand on bouge la première, ça bouge la dernière sans bouger celles du milieu, on réalise l’intensité de l’aventure dans laquelle on est embarqué.

    © Monsieur Iou – Rue de l’échiquier

    Histoire d’art, histoire de burn out, histoire de santé mentale, L’invisible montre qu’avec une détermination plus forte que tout, on peut déplacer des montagnes et faire de ses rêves une réalité.


    Titre : L’invisible

    Genre : Histoire émotion

    Scénario, Dessins & Couleurs : Monsieur Iou

    Éditeur : Rue de l’échiquier

    ISBN : 9782374255378

    Nombre de pages : 176

    Prix : 24,90 €


  • Le manoir 3 – Cléa et la porte des fantômes Première partie
    par Laurent Lafourcade

    Les cauchemars continuent après la mort

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    « -Vous vivez dans un château ? Il y a des jouets ?

    -Je suis sûr que tu en trouveras dans ta chambre. Pas vrai, Raoul ?

    -Certainement, Monsieur.

    -J’ai une chambre dans le château ? Mais le juge va pas être d’accord ! Je ne veux pas repartir ! Je préfère mourir !

    -Tu « préfères »… Alors si tu veux, tu peux rester ici pour toujours. Tu sais pourquoi ? Parce que Hoel, tu es comme nous !

    -Grand comme vous ?

    -Mort comme nous ! »

    Cléa se réveille après un cauchemar et parle d’elle au passé. Et pour cause, elle est morte et vit dans le Manoir. Morte ? Vit ? Ce n’est normalement pas possible, mais dans le Manoir, oui. En effet, les habitants du Manoir sont morts et vivent dans cet espace étrange. Le cauchemar de Cléa n’est pas imaginaire et lui rappelle dans des souvenirs flous comment elle en est arrivée là. Elle s’appelait Cléa Villeste. Elle a été kidnappée sur le chemin du collège à Brest, séquestrée, puis assassinée. Remise de ses émotions, Cléa retrouve Liam pour un entraînement au combat avec Léonidas, roi de Sparte, héros de la bataille des Thermopyles. La séance est vite interrompue par « le Sauve-qui-peut », la cloche signalant l’arrivée d’un nouvel occupant au Manoir, et dont il faut toujours se méfier.

    © Beuchot, Brissou-Pellen – Bayard

     C’est un petit garçon au discours confus qui vient de débarquer.  S’appelle-t-il Axel ou Oscar ? Il ne sait plus. Oscar, Axel, on le nommera Hoel. Enlevé à la naissance, retrouvé quelques années après par sa vraie famille, placé en garde alternée, l’enfant a fugué un soir de neige et est mort de froid. Liam lui apprend que les morts arrivent au Manoir sans savoir qu’ils le sont, parce qu’ils sont partis dans la souffrance, la tristesse ou la colère. Lorsqu’ils le découvrent, certains partent pour le vrai pays des morts, d’autres décident de rester. Alors que Hoel s’apprête à découvrir qu’il n’y a pas que des fantômes bienveillants au Manoir, Cléa cherche à éclaircir le mystère de son propre décès.

    © Beuchot, Brissou-Pellen – Bayard

    Après le premier diptyque « raconté » par Liam, on accompagne ici le point de vue de Cléa pour le second. Son camarade n’en n’est pas pour autant moins présent, mais c’est elle qui est à la narration. Changement également à la narration du côté des auteurs puisque Raphaël Beuchot est désormais seul à l’adaptation des romans jeunesse d’Evelyne Brisou-Pellen. Il prend la suite de Stéphane Melchior dans une continuité quasi-indétectable pour le lecteur. Entre les passages dans les différents mondes et les différents temps, on n’est jamais perdu. Ça déroule sans ambiguïté entre l’histoire des fantômes gris et l’assassinat de Cléa. Dans un réalisme souple et des tons tamisés, Beuchot dessinateur créé aussi bien la peur, l’empathie, le suspens et même l’humour qui se dégagent de cet univer.

    © Beuchot, Brissou-Pellen – Bayard

    Maintenant que l’on connaît bien les personnages, on a l’impression de faire partie de leur « famille » comme si l’on habitait avec eux. On va quand même essayer de rester encore longtemps dans la vraie vie pour profiter, entre autres, de cette excellente adaptation du Manoir.


    Série : Le manoir

    Tome : 3 – Cléa et la porte des fantômes Première partie

    Genre : Fantastique

    Scénario, Dessins & Couleurs : Raphaël Beuchot

    D’après : Evelyne Brissou-Pellen

    Éditeur : Bayard

    Collection : Bande d’ados

    ISBN : 9791036368301

    Nombre de pages : 84

    Prix : 15,90 €


  • Le Dimanche perdu
    par Laurent Lafourcade

    Les contes existent encore

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    « -Tout ça à cause de cette maudite sorcière qui vit au fond du puits ! On dit qu’elle a volé le dimanche et qu’elle le retient prisonnier ! Elle a un cœur de glace et peut vous congeler d’un seul regard. Personne n’ose aller dans son royaume immaculé… là où elle vit entourée de toutes les richesses qu’elle a dérobées ! »

    Dans une cité poussiéreuse encombrée de tout un tas de choses où le Dimanche avait disparu depuis une éternité, vivait Nina, une jeune fille qui trouvait que les autres jours n’étaient pas formidables. A chaque jour, suffit son loup. Lundi, le plantiloup sauvage envahit le jardin qu’il faut débroussailler. Mardi, l’horoloup met la panique dans les heures des horloges. Mercredi, le brûliloup gâche les plats qui se trouvent trop tout : salés, sucrés, brûlés. Jeudi, l’ondiloup multiple parsème d’erreurs les problèmes scientifiques. Vendredi, le pavéloup fait s’effondrer les maisons. Samedi, le mémoloup fait remonter dans les cœurs les regrets et les mauvais souvenirs. Comme il n’y a pas de Dimanche, ce sont les soucis du Lundi qui reviennent dès le lendemain, comme une histoire sans fin.

    © Surducan – Bamboo

    Un beau jour, si tant est qu’il y en ait un qui soit beau, Nina décide de prendre les choses en mains. Imaginant tout ce qu’elle pourrait faire si le Dimanche existait, la jeune fille descend au fond du puits, trouver la maudite sorcière qui y vit. On dit qu’elle retient le Dimanche prisonnier. Quel courage ! Les autres villageois lui donnent tout un tas de conseils et de recommandations. Le royaume de la sorcière est plein de pièges et d’illusions. Nina n’a pas froid aux yeux. Elle ne craint même pas ses propres peurs.

    © Surducan – Bamboo

    Quelle était magique cette époque sans écrans, tablettes et smartphones. Qu’il était béni ce temps des histoires au coin du feu où Charles Perrault, les frères Grimm et Hans Christian Andersen alimentaient les rêves des enfants et de ceux qui l’étaient restés ! Mais pourquoi parler au passé ? Cette époque existe toujours pour ceux qui le veulent encore, grâce à des autrices et auteurs comme Ileana Surducan. L’artiste roumaine s’inspire de La fille du bon vieil homme, un conte de 1872 signé Petre Ispirescu. Avec autant de couleurs sombres que chatoyantes, Surducan fait de chacun des jours-loups de grandes cases déstructurées dans lesquelles Nina subit dans un premier temps, avant d’agir dans un second. Un cahier bonus expose la création de ce conte moderne, comment un conte de fées à l’origine est devenu un autre conte de fées. On s’attarde sur la symbolique du loup et on comprend comment Surducan s’en est emparée.

    © Surducan – Bamboo

    Tous les jours de la s’maine sont vides et sonnent le creux

    Y’a pire que la semaine

    Y’a l’dimanche prétentieux qui veut paraître rose et jouer les généreux

    Le dimanche qui s’impose comme un jour bienheureux

    Je hais les dimanches !


                  « Je hais les dimanches ! » chantait Juliette Gréco sur des paroles de Charles Aznavour. Si elle avait lu Le Dimanche perdu, ça n’aurait pas été la même chanson. Elle serait revenue sur son point de vue.


    Titre : Le Dimanche perdu

    Genre : Histoire émotion

    Scénario, Dessins & Couleurs : Ileana Surducan

    Éditeur : Bamboo

    Collection : Aventuriers d’ailleurs

    ISBN : 978238604986

    Nombre de pages : 72

    Prix : 14,90 €


  • Carthago 16 – Dakhan
    par Laurent Lafourcade

    La dernière plongée d’une saga culte

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    « -C’est bien réel ? C’est bien toi, Kane ? je me noyais… L’eau glacée avait envahi mes poumons…

    -Oui, et nous t’avons sauvé !

    -Autour de toi, ces créatures, c’est ce que je crois ?… Ce que Feiersinger a cherché toute sa vie ?!

    -Oui, ceux qu’il appelait les tritons antiques ! Qui vivaient sur Terre, ou plutôt dans les océans, bien avant les hommes. »

    2009, dans les sous-sols du Nid d’aigle de Vatra Dornei dans les Carpates, la petite Lou fait une découverte étrange. Dans des box entassés les uns sur les autres, il y a des hommes-poissons, avec des branchies, comme elle. C’est certain, c’est Monsieur Feiersinger, alias le centenaire des Carpates, qui a fait ça. Elle le déteste et décide de fuguer dans la forêt en pleine nuit. Ce ne sont pas les loups qui vont l’impressionner le plus, mais une effrayante créature ailée qui lui passe au-dessus de la tête. Ça ne peut être qu’un Zmeu. Il ne faut pas qu’elle traîne là.

    2027, dans les profondeurs de la mer de Beaufort, après avoir échappé à la noyade, London Donovan se réveille, entouré de ses sauveurs, Kane et les tritons antiques, qui vivent dans les océans depuis bien plus longtemps que l’avènement de l’Homme, et que Feiersinger a cherché toute sa vie.

    © Bec, Bufi, Meloni – Les Humanoïdes Associés

    Dix-huit années séparent les deux scènes mais les connections vont bientôt se faire. Le diabolique Wolfgang Feiersinger est cryogénisé au fond de la crypte de son château des Carpates en attendant d’être sorti de sa léthargie par le progrés. Après s’être échangé l’un et l’autre sur tout ce qu’ils ont vécu, Kane et Donovan partent à la recherche de Lou. Dans le sanctuaire du Kamtchaka, la petite fille est à présent devenue adulte. L’hybride, à la fois femme et triton, mais ni femme ni triton, Lou pour l’air, Dakhan pour l’eau, a-t-elle trouvé sa place ?

    © Bec, Bufi, Meloni – Les Humanoïdes Associés

    La saga Carthago aura duré près de vingt ans. Lancée en 2007 par Christophe Bec avec Eric Henninot aux dessins pour les deux premiers tomes, puis Milan Jovanovic pour les trois suivants, elle se termine sous les crayons de Ennio Buffi qui se sera taillé la part du lion, ou plutôt du requin, avec onze volumes sur les seize. Si on ajoute les six one shot Carthago Adventures et le hors-série Mégalodon, Carthago, c’est au total vingt-trois épisodes. On a trop souvent réduit Carthago à une série de requins. C’est bien plus que ça. C’est une fable écologique, une réflexion sur le futur de l’humanité. Dans ce dernier tour de piste qui est une vraie conclusion, Christophe Bec comble toutes les dernières interrogations qui subsistaient. Excellent dessinateur réaliste dont on entend trop peu souvent le nom, peut-être parce qu’il n’a été sur cette série qu’un repreneur, mais avec quelle élégance, Ennio Buffi est une nouvelle fois impeccable.

    © Bec, Bufi, Meloni – Les Humanoïdes Associés

    Carthago se clôt, mais Carthago est de ces univers qui ne se referment jamais. La dernière planche invite à ouvrir de nouvelles portes. Chaque lecteur devra-t-il imaginer sa propre suite ou bien cela augure-t-il d’une probable future nouvelle série ? L’avenir le dira, mais dans un cas comme dans l’autre Carthago est et restera une série culte.


    Série : Carthago

    Titre : 16 – Dakhan

    Genre : Aventure sous-marine

    Scénario : Christophe Bec

    Dessins : Ennio Bufi

    Couleurs : Andrea Meloni

    Éditeur : Les Humanoïdes Associés

    ISBN : 9782731648911

    Nombre de pages : 56

    Prix : 15,50 €


  • L’homme qui a vu l’homme qui filme l’homme qui tire plus vite que son ombre
    par Laurent Lafourcade

    Journal original d’un tournage

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    « -Guillaume ?

    -Julien ?

    -Prêt pour l’aventure ?

    -A l’aise !

    -Tu es déjà allé sur un tournage ?

    -Tu t’y connais un peu en cinéma ?

    -Pas du tout. Mais c’est ça qui est intéressant ! Je vais pouvoir observer tout ça avec un œil neuf ! Peut-être l’œil qui vous manque ! »

    Un chien discute avec un type en train de gribouiller sur un carnet sous l’ombre de la devanture d’une maison dans une région désertique. Ce chien, c’est Rantanplan. Ce dessinateur, c’est Guillaume Bouzard. Il est venu faire un reportage sur le tournage de la série télévisée Lucky Luke. Quelques mois plus tôt, il se préparait en s’équipant tel un cow-boy et en s’inscrivant à un stage pour devenir le roi du Far West. Il pensait ensuite partir pour Hollywood. C’est à Almeira en Espagne que les choses vont se passer. C’est là que se font la plupart des westerns, depuis Sergio Leone déjà.

    © Bouzard – Dargaud

    Sur place, Guillaume est accueilli par Julien Vallespi, l’un des producteurs de la série. Il l’amène sur les lieux du tournage, sur ces terres qu’ont foulé les pieds de Clint Eastwood, Terence Hill, Bud Spencer, Lauren Bacall, Lino Ventura et des tas d’autres stars. Comme le dit le dessinateur, c’est sûr, ça fout les poils. Accompagné d’un chien qui joue le rôle de Rantanplan, sauf qu’il n’est pas dans le scénario, Guillaume découvre les coulisses de la création, croise tout un aéropage de personnes qui travaillent là, du réalisateur Benjamin Rocher au rôle-titre Alban Lenoir, en passant par la maquilleuse qui va lui refaire le portrait dans une séquence inoubliable.

    © Bouzard – Dargaud

    Après le succès de Jolly Jumper ne répond plus et ses 40 000 exemplaires, Guillaume Bouzard revient dans l’univers Morris par une autre porte à l’occasion de la série télévisée qui débarque sur Disney + et France Télévision. Plutôt que de réaliser un banal journal de tournage conventionnel, il choisit l’immersion comédie. Bouzard-auteur se transforme en Bouzard-acteur. Ne vous attendez donc pas à un reportage Médiapart. Le seul passage artificiellement réaliste est lorsque l’auteur confie son journal à Chatgpt. Le concept est poilant. On va même croiser les célèbres Fabrice (Erre et Fabcaro) de L’édito de Spirou. Le problème après avoir lu cet album, c’est qu’on risque de trouver la série bien fade.

    © Bouzard – Dargaud

    Récent lauréat du prix Schlingo 2026 au Grand Off d’Angoulême avec Les Vacances chez Pépé-Mémé paru chez Fluide Glacial, Bouzard prouve une nouvelle fois avec L’homme qui a vu l’homme qui filme l’homme qui tire plus vite que son ombre qu’il est l’un des auteurs les plus drôles du moment, comme l’ont été jadis Gotlib, Franquin ou Goscinny.


    Titre : L’homme qui a vu l’homme qui filme l’homme qui tire plus vite que son ombre

    Genre : Humour

    Scénario, Dessins & Couleurs : Guillaume Bouzard

    Éditeur : Dargaud

    ISBN : 9782205214383

    Nombre de pages : 80

    Prix : 17,50 €


  • Geluck expose le chat
    par Laurent Lafourcade

    Ça ronronne au Musée Maillol

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    « -Il suffirait qu’on écrive une connerie dans mes bulles pour me faire passer illico pour un con qui dit des conneries. »

    « Si l’itinéraire de Philippe peut paraître éclaté, tant il a multiplié les incursions dans des champs artistiques différents, une unité et une cohérence s’en dégagent à l’évidence. L’unité et la cohérence qu’assure un regard unique, léger et grave tout à la fois, qui invite à voir le monde avec une bienveillance ironique et souriante, sans illusions ni préjugés. A leur manière, Le Chat et son créateur sont de vrais humanistes. » Ces mots sont de Benoît Rimiche, administrateur délégué, directeur artistique de l’exposition « Geluck expose Le Chat » au Musée Maillol à Paris jusqu’au 3 mai 2026. Dans un numéro hors-série exceptionnel du magazine Beaux-Arts, en compagnie de Tempora, agence conceptrice de l’exposition, bienvenue dans un voyage jubilatoire au cœur de l’œuvre d’une vie, où ceux qui l’ignoraient encore découvriront que Geluck, ce n’est pas que Le Chat.

    © Geluck – BeauxArts

    Le magazine s’ouvre par un entretien entre Philippe Geluck et l’historien Elie Barnavi. En quelques questions, ce dernier invite le créateur à remonter aux sources de son personnage, né sur un carton de remerciement pour son mariage. Ils font le point sur les événements liés au Chat depuis sa création, en Belgique, ça ne pouvait pas être autrement, parce que Magritte, parce que Hergé, parce que Scutenaire, parce que Bosch. On apprend que l’un de ses plus célèbres admirateurs fut Frédéric Dard, l’auteur de San Antonio.

    © Geluck – BeauxArts

    Le journaliste Raphaël Turcat raconte ensuite qu’il n’y a pas qu’une vie dans Geluck, mais cinq. L’homme est acteur, dessinateur et peintre, sculpteur, écrivain et homme de médias, entre autres sociétaire des Grosses Têtes depuis des années. On le découvre tout en sensibilité dans un portrait de Marc Lecarpentier. Il est ensuite question d’absurdité dans un article de Jean-Loup Chiflet, exégète du genre, recensant des influences du maître de l’animal, de Beckett à Ionesco, de Siné à Desproges. Dans un portfolio traversant 40 ans d’existence, Geluck commente quelques dessins et strips. Il va être question d’art, de la Joconde à L’origine du monde, avant que l’auteur ne passe à la question pour qu’on le découvre plus en profondeur dans ses rapports à l’humour, à l’art, à la mort,… Le dessinateur laisse ensuite le mot de la fin au sculpteur, dont le point d’orgue jusqu’à présent aura été l’exposition itinérante des vingt bronzes gigantesques du Chat.

    © Geluck – BeauxArts

    Le magazine « Geluck expose Le Chat » n’est pas un catalogue d’exposition mais une exposition de qui est Geluck. Complément nécessaire à l’événement au Musée Maillol, ce « mook » permet de comprendre l’artiste grâce à un voyage immersif, non pas dans son art, mais dans ses arts.


    Titre : Geluck expose le chat

    Genre : Ouvrage d’étude

    Scénario & Dessins : Philippe Geluck

    Éditeur : BeauxArts

    ISBN : 9791020410504

    Nombre de pages : 68

    Prix : 14 €


  • Mort blanche
    par Laurent Lafourcade

    Ne pars pas, petit oiseau…

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    « -Prends bien soin de ton frère, Antero, tu sais qu’il est fragile.

    -Ça ira, maman, je suis fort.

    -Pas toi, imbécile ! Riku !

    -Tiens, Riku. Je n’ai pas trouvé de munitions, en revanche.

    -Non. Il n’y en a plus nulle part et mes frères avaient déjà raflés celles de la maison.

    -Mais comment tu vas faire pour te défendre ?

    -Je courrai.

    -Il est l’heure ! Tous à bord !

    -Reste.

    -Il faut que j’y aille.

    -Alors, reviens-moi vite. »

                    1932. Dans une forêt finlandaise, un père violent entraîne ses trois fils à la chasse. Garder les deux yeux ouverts pour viser, combien de fois faudra-t-il le dire ? Le plus jeune rate son coup. Un aîné se fait gifler lorsque le chef de famille s’en prend au petit. Les mois passent, Riku grandit et tombe amoureux de Lümi. En 1939, alors que depuis le décès de leur père les membres de la fratrie vivent avec leur mère, l’URSS menace d’envahir le pays. Ils sont déjà dans l’isthme de Carélie. Les trois frères se portent volontaires pour partir au front. L’armée n’a même pas suffisamment de paquetages pour équiper tous les soldats. Très vite, les militaires vont découvrir l’horreur de la guerre. Malgré lui, Riku va devenir une machine à tuer.

    © Toussaint, Holgado – Bamboo

                    « Mort blanche », c’est le surnom que donnent les soviétiques à Riku, devenu tireur d’élite. Les marques de sang sous les yeux deviennent son signe distinctif. L’ennemi qui les voit peut déjà s’attendre à faire partie du compteur implacable, la longue énumération de ses victimes, et elle sera longue, du début à la fin, fin où l’on découvrira le véritable début. Bien que fiction dans un contexte historique, le récit s’inspire de la vie de deux soldats en en faisant une seule. Riku est la synthèse de Simo Häyhä, soldat finlandais du conflit contre les russes, et d’Hirô Onoda, soldat japonais qui refusa de croire à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

    © Toussaint, Holgado – Bamboo

                    Le scénariste Kid Toussaint ne se prétend pas biographe. Il utilise intelligemment des événements véridiques pour en tirer l’essence d’un drame humain. Alexandre Dumas disait : « L’histoire est un roman qui a été ; le roman est de l’histoire telle qu’elle aurait pu être. » Kid applique la technique sur un événement méconnu chez nous, parce qu’il ne fait pas partie de l’Histoire de France, mais qui est pourtant un écho des conflits contemporains. Avant d’être un sniper, Riku est une victime des chefs de guerre, embourbé dans une spirale dont il lui est impossible de voir la fin. Iñaki Holgado fait passer toute la peur, la haine et la violence du tireur dans ses yeux. Le nombre des morts intégré aux décors est glaçant. La double page de la tranchée et de l’attaque aérienne emprisonne les lecteurs dans le conflit. Les couleurs de Raphaël Bauduin et Anaïs Blanchard montrent aussi bien la boue et le sang que la blancheur dramatique de la neige qui va être tachée.

    © Toussaint, Holgado – Bamboo

    Michael Morpurgo a raconté les séquelles de la guerre de 39-45 dans le roman jeunesse Le Royaume de Kensuké, sur une île du Pacifique. Kid Toussaint et Iñaki Holgado mettent en scène un autre traumatisme, montrant que les ravages des guerres ne s’arrêtent pas à leurs portes, mais ne commencent pas à leurs portes non plus.


    One shot : Mort blanche

    Genre : Drame

    Scénario : Kid Toussaint

    Dessins : Iñaki Holgado

    Couleurs : Raphaël Bauduin & Anaïs Blanchard

    Éditeur : Bamboo

    Collection : Grand angle

    ISBN : 9791041110377

    Nombre de pages : 64

    Prix : 15,90 € 


  • La quête 3 – Le réveil du dragon-métal
    par Laurent Lafourcade

    Les contes ne finissent jamais

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     « -Vous savez, Nimué, je me pose des questions… Sur la quête, tout ça…

    -Ah oui ?

    -Je… Est-ce que je suis la bonne personne ? Je sais pas ce que je fais. On se déplace un peu au hasard…. Là, on va vers le Nord parce qu’on se rapproche de la forêt de Brocéliande, mais… Des fois, j’ai l’impression d’être brinquebalé dans une histoire dont je ne contrôle rien. »

    Alors qu’une rupture de canalisation a inondé la vallée du Roi Pêcheur, les travaux de construction de l’autoroute sont stoppés. Les dégâts sont considérables. Avec le père de Pelli, architecte, Morgane Lafée veut empêcher la magie de revenir dans le monde moderne. Pendant ce temps, Pelli et Nimué, la dame du lac, se rapprochent en scooter de la forêt de Brocéliande. Si son père a rejoint le clan ennemi, Pelli peut compter sur son grand-père, attaché aux valeurs du merveilleux, pour les aider à sauver la bête questante avant qu’elle ne soit repérée par Morgane et ses sbires. Au milieu de tout ça, Gawain, le chevalier à la licorne, appelle Percie pour l’inviter à aller voir un opéra avec lui. Tout ce petit monde va se retrouver dans un final grandiose où ils devront faire face au réveil du dragon-métal.

    © Mannaert, Maupomé – Le Lombard

    Fin de la quête pour Pelli, ses alliés et ses ennemis. La trilogie anachronique de Wauter Mannaert et Frédéric Maupomé se termine dans un grand spectacle digne d’une production hollywoodienne. Perversion du progrès, écologie, avenir de la féérie sont les thèmes principaux de l’aventure. La chasse à la bête se transforme en joute de magiciennes. Si on pousse plus loin le curseur de la métaphore, on peut voir en Morgane l’incarnation d’une Intelligence Artificielle qui veut prendre le pas et annihiler l’imagination humaine symbolisée par la bête questante, animal merveilleux s’il en est.

    © Mannaert, Maupomé – Le Lombard

    Frédéric Maupomé est l’un des scénaristes à suivre de ces dernières années. Avec Anuki, SuperS, Sixtine et à présent Îles, il est l’une des têtes d’affiche des éditions de la Gouttière. Avec La quête, il apporte la féérie de ses mondes au Lombard, éditeur mainstream. Auréolé du succès de Yasmina, chez Dargaud, qui a même une fresque murale à Bruxelles, Wauter Mannaert dessine et colorise cette histoire tous publics dans son style universel à la portée des plus jeunes et tout aussi séduisant pour les adultes qui ont eu l’intelligence de ne pas grandir et qui comprendront encore mieux le message. Jusqu’au 20 septembre, la nature de Wauter Mannaert s’expose au Musée de la BD à Bruxelles pour une immersion au cœur de sa vision singulière et poétique de ce qui l’entoure.

    © Mannaert, Maupomé – Le Lombard

    La quête apporte un message d’espoir. Le merveilleux peut encore envahir le monde. Les auteurs nous le prouvent avec cette histoire où ils démontrent que jamais, jamais, le rêve ne pourra être détruit ni remplacé.


    Série : La quête

    Tome : 3 – Le réveil du dragon-métal

    Genre : Fantastique

    Scénario : Frédéric Maupomé

    Dessins & Couleurs : Wauter Mannaert

    Éditeur : Le Lombard

    ISBN : 9782808217385

    Nombre de pages : 120

    Prix : 14,95 €


  • Rocketeer – Nouvelles aventures 2
    par Laurent Lafourcade

    La torpille du ciel

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    « -Cliff ? Cliff Secord. As-tu une idée de l’heure qu’il est ?

    -Dans mes rêves, je ne porte pas de montre, Betty.

    -Mais tu ne rêves plus, feignant !

    -Bien sûr que si. Sinon comment expliquer cet ange dans ma chambre ?

    -Remballe tes compliments de seconde main. Je ne te laisserai pas ronfler. C’est l’heure de te lever.

    -Non, Betty ! N’ouvre pas les rideaux. Je ne suis pas prêt. Je me sens bien ici.

    -Prêt ou pas prêt, il faut revenir à la réalité, Cliff… Tu as du pain sur la planche. »

                    Rocketeer, l’homme-roquette, créé par Dave Stevens, est de retour pour un deuxième album collectif hommage au personnage de Comics. Même s’il y fait penser, Rocketeer n’est pas un super-héros. Il a ceci de commun avec Batman de ne pas posséder de pouvoirs surnaturels mais de bénéficier d’une technologie innovante qui lui permet de sauver la veuve et l’orphelin, et surtout Betty, sa chérie, qu’il impressionne autant qu’il agace. Quinze courts récits sont au sommaire de cette compilation, avec des auteurs emblématiques ou de la Nouvelle Vague, aux graphismes variés et parfois originaux comparé au visuel d’origine.

    © Stevens – Delcourt

                    Sandy Plunkett et Marc Guggenheim ouvrent le show avec « Les gentils ». En 1939, Cliff Secord, c’est son vrai nom, a la roquette endommagée par un tir de biplan. Il échoue dans un petit village et est recueilli par une famille pour le plus grand bonheur du gamin de la maison. Le trait est réaliste et classique, comme celui de Colin Wilson, dans « Du pain sur la planche » scénarisé par Tom Taylor. Dans un demi-sommeil matinal, le personnage se revoit sur un champ de bataille après l’assaut, sous la pluie et dans la boue. Echo au désormais célèbre principe du « What if… », « On aurait pu… » de David Lapham et Chris Sprouse raconte le destin de Cliff et Betty s’ils menaient une vie plan-plan. Par bonheur pour nous, lecteurs, ce n’est pas le cas.

    © Stevens – Delcourt

                    Dans des styles hors normes, si tant est qu’il y en ait une, Bill Sienkiewicz et Peter David remportent, et c’est le cas de le dire, la palme de l’originalité grâce à « Ducketeer », une Murray Melody, parodie des Merrie Melodies des Looney Tunes. On devine Daffy Duck dans le costume de la torpille. Marvin le Martien est là en guest. Avec « Voler en rêve », Stan Sakai adopte un trait plus enfantin dans le but d’émerveiller les gamins. On est dans le même type d’histoire que « Les gentils ». On peut ainsi souligner les différences de traitement en fonction du public visé. « Butchy sauve Betty », de Kyle Baker joue dans l’humour, avec des codes graphiques originaux et des onomatopées qui prédominent dans une narration qu’elles scandent.

    © Stevens – Delcourt

                    Rocketeer est un rappel de la plus belle époque d’Hollywood et d’un XXème siècle en train de glisser vers un second conflit international. On croise le professeur Jones, Indiana pour les intimes, et l’aviatrice Amelia Earhart. Rocketeer met en évidence une Amérique qui veut asseoir sa puissance aux yeux du reste du monde, avec un côté glamour, comme si le personnage était un Angel Wing en chair et en os. Avec des parents d’adoption comme ici, il est fin prêt à redécoller dans des aventures classiques.


    Série : Rocketeer

    Tome : Nouvelles aventures 2

    Genre : Super-héros

    Création : Dave Stevens

    Scénario : Marc Guggenheim, Peter David, Stan Sakai, Tom Taylor, Paul Dini, Walter Simonson, David Lapham, Kyle Baker, Matt Wagner, Louise Simonson, David Mandel, John Byrne, Danny Bilson, Paul de Meo, Kelvin Mao, Robert Windom

    Dessins : Sandy Plunkett, Bill Sienkiewicz, Stan Sakai, Colin Wilson, Bill Morrison, John Paul Leon, Chris Sprouse, Kyle Baker, Eric Canete, Walter Simonson, J.Bone, John Byrne, Adam Hughes, Craig Cermak, Jae Lee

    Couleurs : Robbie Robbins, Bill Sienkiewicz, Dave Stewart, Serban Cristescu, Jordie Bellaire,  Kyle Baker, Eric Canete, Cassandra Poulson, J.Bone, Adam Hughes, Laura Martin, June Chung

    Couverture : Adam Hughes

    Editeur : Delcourt

    Collection : Contrebande

    ISBN :  9782413093107

    Nombre de pages : 160

    Prix : 18,50 €


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    par Laurent Lafourcade

    A table pour le sport !

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    « -Etat de la table… Ok ! Hauteur du filet… 15,25 cm… Ok ! Tension du filet… Ok ! Balle homologuée à 4 étoiles… Ok ! Revêtement de la surface au sol… Ok ! La qualité de l’éclairage… Ok ! Couleur réglementaire du maillot de l’adversaire… Ok ! Revêtements homologués sur la raquette de l’adversaire… Hmm… Ok ! C’est tout bon, on va pouvoir commencer !

    -Trop tard ! J’ai plus le temps !!! »

                    Quelques échauffements avant d’attaquer le match. Après s’être assuré de la mobilité de son corps, du cou aux hanches en passant par les poignées, place au jeu, sauf pour les joueurs déjà épuisés. Les balles fusent déjà dans tous les sens. Coup droit, revers, milieu, on va pouvoir commencer. Il faudra juste savoir s’arrêter. Pas évident non plus de choisir sa raquette, ou plus précisément son manche. Concave ou anatomique, si la raquette glisse encore des mains, il va falloir envisager une solution. Pour les balles, si elles sont fendues, elles sonnent faux ou font des faux rebonds. Il faut les retirer du jeu et les écraser pour éviter qu’elles ne se retrouvent à nouveau en lice. N’essayez pas de résoudre de la même façon le problème avec les tables qui font des faux rebonds.

    © Bloz, Axel – Bamboo

                    Ping ! réunit des gags de pongistes dans lesquels, pour la plupart, un père coache son fils dans leur passion commune du tennis de table. Les plus grands champions du monde restent leurs références. Le gamin possède entre autres une raquette dédicacée de Jean-Philippe Gatien, une casquette signée par Jacques Secrétin, un tee-shirt de Patrick Chila. Il lui reste à rencontrer les frères Lebrun. Papa, lui, garde un autre souvenir, mais d’un boxeur. Même en vacances, ces deux-là ne dérogent pas à la règle. Au camping du Bamboo, la table a intérêt à être conforme, assez loin des tentes et surtout du terrain des boulistes. Minute instructive en classe : on découvre, et c’est vrai, le rôle diplomatique qu’a joué le ping-pong entre la Chine et les Etats-Unis au début des années 70.

    © Bloz, Axel – Bamboo

                    Un cahier pédagogique complète l’album. L’avantage de ce sport, c’est qu’il est accessible de 7 à 77 ans, et même au-delà. Pour ceux qui l’ignorait encore, on découvre que ce sport est complet, du corps à l’esprit, intergénérationnel, facile à démarrer et peu contraignant. La FFTT (fédération française de tennis de table) propose divers types de licences : compétition, loisir, découverte, mais aussi événementielle et liberté (pour les hors club souhaitant participer à des tournois. On peut jouer en intérieur et en extérieur. Il existe aussi le PingVR, avec des matchs à distance en réalité virtuelle. Déjà 1,6 millions d’adeptes dans le monde. On n’arrête pas le progrès.

    © Bloz, Axel – Bamboo

                    Bloz et Axel, père et fils, s’amusent autant qu’ils amusent avec cette série de gags-passion, pas exclusivement réservée aux pongistes. Ça donne vraiment envie de s’y (re-)mettre.


    Série : Ping !

    Tome : 2

    Genre : Humour

    Scénario : Bloz & Axel

    Dessins : Bloz

    Couleurs : Mikl

    Éditeur : Bamboo

    ISBN : 9791041108107

    Nombre de pages : 48

    Prix : 11,90 €


  • Les grandes personnes
    par Laurent Lafourcade

    L’esprit Gulliver

    Ecouter
    Regarder

    « -Qu’est-ce que tu fais-là, toi ?

    -Je fais rien monsieur, je fais rien !

    -Pourquoi te caches-tu là ?! Les esclaves ne montent pas dans les chaloupes ! Les chaloupes sont pour les maîtres !

    -Je… Je voulais pas… Je sais pas nager…

    -Quel égoïsme ! Puisque tu es là, tu vas te rendre utile. Prends tes rames, il faut se rapprocher de la côte.  Allez, du nerf ! Il y a un fort courant. »

                    Milieu du XVIIIème siècle, le galion La Belle Héloïse essuie une tempête. Ses occupants sont contraints de le quitter dans des canots de sauvetage. Si l’essentiel des matelots prend place dans l’un d’entre eux, Emilien de Terrecourt, parti pour vendre à bon prix l’ensemble de la cargaison, voit son rêve sombrer pendant qu’il est dans un autre canot en compagnie de Prudence, une esclave. S’il avait écouté le capitaine du navire et ne s’était pas entêté à vouloir poursuivre la route malgré la grosse mer, ils n’en seraient pas là.  Après quelques heures de dérive, la barque s’échoue sur une île. La nature est hostile. La faune est agressive. Dans la nuit, Prudence disparaît. En partant à sa recherche, Emilien est capturé par… une grande personne.

    © Tehem – Dargaud

                    Le rescapé est amené dans une tribu de géants dont il devient l’esclave, traité comme un animal de ferme. Ils parlent une langue inconnue. La communication est impossible. Pendant ce temps, Prudence pêche et cueille afin de se sustenter. Elle découvre une autre tribu de géants, tout blancs. Ceux-ci ramènent au camp le corps d’un être de la tribu de ceux qui détiennent Emilien. Sous ses yeux horrifiés, ils le dévorent. En cachette, elle délivre un second otage avant qu’il ne serve de repas. Tous d’eux s’enfuient dans la jungle. Il l’amène jusqu’à son village où elle retrouve son ancien maître, en train de vivre, et de comprendre peut-être, la condition d’esclave.

    © Tehem – Dargaud

                    Pour son nouvel album, toujours aux couleurs des îles, Tehem quitte le côté historique de Vingt-décembre pour une histoire imaginaire, synthèse hommage de lectures inoubliables telles que Les voyages de Gulliver, Vendredi ou la vie sauvage et autres Robinson Crusoë. L’album est sous-titré Récits du naufrage de la Belle Héloïse. C’est en fait une seule et même histoire racontée à chaque chapitre avec le point de vue d’un protagoniste complétant les informations que l’on connaît tout en faisant avancer l’action dans le temps. Après le prologue, Emilien ouvre le bal, suivi de Prudence, puis place au regard des géants avec Majé, puis la « petite » Jélé. Bien que fiction, là où le livre rejoint la bibliographie de Tehem, c’est aussi parce qu’il traite en profondeur du thème de l’esclavage. Qui sommes-nous pour asservir les autres ? Emilien se remet en question tout en vivant ce qui se rapproche d’un syndrome de Stockholm dans un final inattendu.

    © Tehem – Dargaud

    D’où venons-nous ? Que sommes-nous ? Où allons-nous ? Paul Gauguin s’était posé la question. Tehem apporte un fragment de réponse, de sa réponse. Sous couvert d’une aventure exotique, Les grandes personnes est un conte philosophique, un pamphlet anti-raciste et rassembleur, qui fait se poser des questions sur le sens de la vie.


    Titre : Les grandes personnes

    Genre : Aventure

    Scénario, Dessins & Couleurs : Tehem

    Éditeur : Dargaud

    ISBN : 9782205213133

    Nombre de pages : 152

    Prix : 22,95 €


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